Coronavirus : quels scénarios possibles pour le bac 2020 ?

Par Thibaut Cojean, publié le 31 Mars 2020
6 min

Les détails de l’organisation du bac 2020 seront connus en fin de cette semaine. Les deux scénarios envisagés à ce jour prennent en compte le contrôle continu, soit partiellement, soit totalement.

Alors que le confinement est officiellement prolongé jusqu’au 15 avril, et qu’il risque probablement de s’étendre encore, dans quelles conditions seront passées les épreuves du bac ? Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, a promis une réponse à cette question en fin de semaine. Seule certitude : "Il y aura une part de contrôle continu", a annoncé le ministre, ce lundi sur Europe 1. En attendant d’en savoir plus, voici les deux principaux scénarios qui sont envisagés.

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Conserver au moins une épreuve écrite majeure

Depuis la semaine dernière, les discussions entre les organisations syndicales et le ministère vont bon train. "L’essentiel des discussions a porté sur l’organisation du bac si on reprend le 4 mai", résume Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU. Dans ce cas, l’une des solutions envisagées serait un contrôle continu partiel.

Entre une et trois épreuves écrites seraient conservées. Cela concernerait les matières majeures de chaque série : la philo en L, les SES en ES, les matières scientifiques en S, les spécialités en séries technos, etc.

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Écrire de nouveaux sujets

Si ce scénario est conservé, la question des sujets sera primordiale. "Les sujets sont déjà finalisés, rappelle Lysiane Gervais, secrétaire nationale du SNPDEN, le principal syndicat des proviseurs. Comment savoir si un élève a vu le programme ou pas ?" En effet, tous les élèves n’auront pas le temps de parcourir l’ensemble des programme. Comme les professeurs ne suivent pas la même chronologie, impossible de déterminer quelle partie retirer des sujets.

"Il faudrait que les élèves aient le choix entre plusieurs exercices", propose Sophie Vénétitay. Cela signifie reprendre les sujets et y ajouter des exercices pour que toutes les parties du programme y figurent. Une solution que Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa n’envisage pas : "Logistiquement, c’est trop compliqué de tout réécrire, faire imprimer les tas de sujets et les transporter."

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100 % contrôle continu

L’Unsa, dont dépendent le SE et le SNPDEN, privilégie pour sa part la prise en compte à 100 % du contrôle continu. "Si on arrive à récupérer du temps d’ici fin juin, il vaut mieux que ce soit pour les apprentissages plutôt que pour l’organisation des épreuves", estime Stéphane Crochet. Autrement dit, profiter des dernières semaines pour terminer les programmes. Une solution qui s’adapte aussi pour les élèves de seconde et de première, puisque les lycées sont bloqués pendant les épreuves du bac.

"Le bac ne sert pas à continuer les études", rassure Lysiane Gervais, qui pense elle aussi qu’"il faut avancer au maximum dans les programmes, pour ne pas décrocher l’année prochaine dans le niveau supérieur".

Prise en compte des appréciations

Qu’elle soit partielle ou totale, la prise en compte du contrôle continu ne s’arrêtera pas aux notes de vos bulletins scolaires. "Fin juin, on pourrait tenir des conseils de classe, imagine Lysiane Gervais. Puis un jury académique se réunirait et déciderait en fonction des avis donnés en conseil de classe."

"En plus des notes, les dossiers seront étudiés par un jury de bac", confirme Sophie Vénétitay. Selon elle, cela permettra de mettre en valeur les efforts de l’élève et de gommer les inégalités liées à l’absence d’épreuves. Et pour combler le fait que tous les lycées ne notent pas de la même manière, des commissions d’harmonisation des notes seront mises en place, comme pour l'examen habituel.

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Difficile de reporter les épreuves

Parmi les options à écarter, celle d’un report des épreuves. De nombreux calendriers (inscriptions, bourses, jobs d’été, etc.) dépendent trop de celui du bac pour considérer de le changer. Toutefois, si les cours reprennent le 4 mai et que seules une, deux ou trois épreuves écrites se tiennent, Sophie Vénétitay pense qu’il est possible de les retarder à fin juin ou début juillet, sans que cela impacte la date des résultats.

Un scénario qui semble encore très lointain, tant la situation actuelle est inédite et compliquée. "On ne sait pas ce que sera notre vie dans un mois, souffle Stéphane Crochet. Et 'levée du confinement' ne veut pas dire 'reprise immédiate des cours'." Sophie Vénétitay confirme : "Il y aura d’abord un temps de parole, un temps d’écoute."

Avant de nous avancer, il faut aussi garder en tête que les décisions à venir dépendent de la crise sanitaire et qu’un retour en classes le 4 mai n’est pour l’instant pas garanti. Or plus la reprise sera tardive, plus l’organisation d’épreuves majeures devient compliquée. Réponse en fin de semaine.

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