Vers une interdiction des puffs en France ?

Par Marine Ilario, publié le 18 Novembre 2022
4 min

#MoisSansTabac. Après la demande de l’Alliance contre le tabac, une proposition de loi a été déposée à l’Assemblée nationale visant à interdire la commercialisation des puffs. Ces cigarettes électroniques jetables sont notamment appréciées des adolescents.

"C’est une entrée dans l’addiction et une source de pollution". Quand il s’agit des puffs, Loïc Josseran, président de l’ACT (Alliance contre le tabac), ne décolère pas.

Par puff ("bouffée" en anglais, NDLR), comprenez des cigarettes électroniques jetables colorées aux goûts fruités et sucrés, conçues pour attirer les jeunes. "Quand on parle de jeunes, il s’agit surtout d'adolescents qui ont entre 11 et 16 ans".

Arrivées sur le marché en France en 2021, les puffs ont su rapidement s’imposer en France, si bien qu’un tiers des jeunes âgés de 13 à 16 ans les connaît bien et un sur dix les a déjà testées. C’est ce qu’il ressort d’un sondage mené par l’ACT et BVA auprès de 400 jeunes de cette tranche d’âge. Face à l’ampleur du phénomène, le 25 octobre dernier, l’Alliance a demandé leur interdiction.

Des produits pensés pour les ados

Marshmallow, bubble gum, ice-cream cookie, grenadine ou encore barbe à papa… les puffs arborent, en plus de parfums fruités et sucrés, un packaging ultra-coloré.

Alors que les cigarettes électroniques sont souvent présentées comme une alternative au tabac, voire un pas vers le sevrage, pour Loïc Josseran, les puffs s’adressent sans équivoque aux adolescents. "Quand on veut sevrer un adulte de la cigarette, on ne lui propose pas un produit au goût ‘grosse fraise’". Sans compter la présence de ces produits sur les réseaux sociaux. Les entreprises du secteur investissent notamment TikTok et de nombreux influenceurs font la promotion de ces produits.

Mais alors que la vente des puffs est interdite aux mineurs, près d’un adolescent sur dix indique, dans le sondage BVA, avoir acheté ce dispositif sans grande difficulté. "Puisqu’on n’arrive pas à obtenir le respect de l’interdiction de vente aux mineurs de ce produit, le plus simple est d’en demander l’interdiction pour tous", tranche le président de l’ACT.

Un appel entendu par Francesca Pasquini, députée Eco (Écologiste – Nupes) qui a déposé une proposition de loi visant l’interdiction de la commercialisation de ce produit le 9 novembre dernier. Celle-ci a déjà récolté 35 signatures, de tous bords politiques.

"Le sujet intéresse et pas uniquement mon groupe politique", confirme la députée Eco. Maintenant, nous souhaitons que le gouvernement se saisisse de cette question le plus rapidement possible". La proposition de loi a été déposée et va désormais être transférée à la commission des affaires sociales pour étude.

Un désastre sanitaire et écologique

L'ACT dénonce notamment le risque de développer une addiction via l'acquisition d'un rituel. "Aller chez le buraliste, manipuler le produit, le porter aux lèvres, tirer une bouffée… Tous ces gestes ont une puissance addictive très forte", précise Loïc Josseran.

Sans parler de la nicotine que les puffs peuvent contenir. Si pour certaines, le liquide est à 0% de nicotine, d’autres sont dosées à 0,9, 1,7 et jusqu’à 5%. Concrètement, "une puff classique dosée à 1,7% de nicotine et un réservoir de 600 bouffées, c’est l’équivalent de deux paquets de cigarettes", illustre le président de l'ACT. Or, selon un rapport du Haut Conseil de santé publique publié en 2021, plus le cerveau est mis en contact précocement avec de la nicotine, plus l’addiction sera forte.

Et si ces arguments ne suffisent pas à vous convaincre, la puff est aussi décriée pour son impact négatif sur l’environnement. "Ce sont des emballages, beaucoup de plastique et une batterie au lithium jetable, déplore Loïc Josseran. C’est une aberration !"

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