Face à la crise sanitaire, les masters se réinventent

Par Amélie Petitdemange, publié le 16 Mars 2021
4 min

L’épidémie de coronavirus qui touche la France depuis un an a bouleversé les modes d’enseignement. Les masters se voient transformés, du contenu à la pédagogie. L'Etudiant fait le point.

L’impact de la crise sanitaire est très marqué dans certains domaines de l’enseignement. C’est le cas dans les écoles d’hôtellerie et de restauration. La Luxury Hotelschool Paris a ainsi ajouté un certificat en "hygiène et sécurité du travail" à son master en management hôtelier international.

L’école propose par ailleurs de nombreuses "master classes" avec des directeurs
d’hôtels, passées à distance pendant les confinements.
"Ces séances en ligne permettent de démultiplier l’accès à ces professionnels. Avant l’épidémie, cela aurait étonné les hôteliers, mais maintenant c’est devenu normal", témoigne Arnaud Bouvier, président de l’école.

La Luxury Hotelschool Paris envisage à l'avenir de conserver 20% à 30% des cours à distance. "On a été surpris par l’engagement des étudiants et l’efficacité des cours en ligne. Ces séquences Zoom interactives sont alliées à un Google doc partagé", explique Arnaud Bouvier.

Lire aussi

"La pédagogie va changer"

A l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, de nouvelles maquettes de cours sont à l’étude en 2021, pour une mise en place en 2023. "La pédagogie va changer et cela doit partir du terrain : ce sont les professeurs qui tirent le bilan des innovations", explique son président Jamil Dakhlia.

Le principe des classes et des séminaires virtuels devrait perdurer au-delà de la crise. "Certains collègues préfèrent aussi les cours magistraux en ligne, car ils définissent des étapes que les étudiants doivent accomplir avant d’accéder à la suite. Rien ne remplace le présentiel, mais il faut une continuité avec les outils numériques", souligne le président.

A Sciences po Paris, des nouveautés imposées par le confinement s’inscrivent aussi dans la durée. Le système de classe inversée sera par exemple conservé pour certains enseignements. Il consiste à donner le cours en amont, le temps de classe étant dédié aux questions et débats.

Lire aussi

Création de cours

La crise sanitaire fait partie intégrante de certains cours à Sciences po, notamment les masters de l’Ecole d’affaires publiques et de l’Ecole d’affaires internationales. "Cela peut être une simulation. Nous demandons aux étudiants : 'si vous étiez à la tête d’une entreprise, d’un pays, d’une ONG, comment réagiriez-vous ?'", illustre Delphine Grouès, directrice de l’Institut des compétences et de l’innovation.

Le contenu des masters de la Sorbonne Nouvelle sera lui aussi revu, avec des cours sur les crises environnementales.

Lire aussi

Nouveaux moyens de communication à distance

De nouveaux moyens de communication ont également émergé. Sciences po Paris a par exemple créé deux réseaux sociaux : l’un pour les échanges entre étudiants, l’autre avec des professeurs.

La Luxury Hotelschool Paris a de son côté mis en place un groupe WhatsApp par classe. Des membres de l’administration y sont présents pour répondre aux questions des étudiants rapidement et au vu de tous. "Cela crée aussi un lien : WhatsApp est plus informel que le mail, les étudiants se permettent de faire des blagues ou d’envoyer des photos, raconte Arnaud Bouvier. Nous n’aurions jamais osé avant la crise. Maintenant, on se demande comment faire sans".

Articles les plus lus

A la Une Master, mastère, MBA

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !
Human road Human road