Diplômés de master : l’éprouvante recherche du premier emploi en pleine crise du Covid

Par Alexandra Montfort, publié le 10 Février 2021
5 min

Les offres accessibles aux débutants ont diminué de 39% en 2020 d’après l’Apec. La quête épineuse du premier job se corse encore en temps de crise sanitaire. Comment s’en sortent les jeunes diplômés de master ?

Fin 2019, le ministère de l’Enseignement supérieur publiait une "enquête insertion" aux résultats positifs pour les diplômés de masters universitaires sortis en 2015 : leur intégration sur le marché de l’emploi atteignait les niveaux les plus élevés jamais enregistrés depuis la mise en place de cet outil de suivi, en 2009.

Mais, la crise du Covid-19 a changé la donne pour les diplômés 2020 qui doivent développer des stratégies inédites pour mieux se faire embaucher. En espérant, pour les promos à venir, que les effets de la crise puissent rapidement s’estomper.

Lire aussi

Des candidatures à la pelle… restées lettres mortes

Diplômée avec mention d’un master en toxicologie à Paris-Descartes, Aya postule depuis la rentrée… en vain. Quand elle reçoit une réponse, celle-ci s’avère négative, comme pour la majorité de ses camarades. Au début du M2, elle a pu compter sur l’organisation de rencontres avec les anciens, de conférences avec des professionnels pour commencer à faire du réseau.

Mais depuis le Covid, c’est l’isolement. Aya n’a pas eu la chance de décrocher un contrat à la fin de son stage, effectué dans sa quasi-totalité en télétravail. "J’ai candidaté au seul poste libre, mais il n’était ouvert qu’aux séniors. Je pense qu’avec ou sans le coronavirus, les jeunes galèrent sans première expérience significative en entreprise" analyse-t-elle en regrettant qu’on lui ait imposé un de ses deux stages en recherche.

Lire aussi

Une longueur d’avance grâce à l’alternance

Ceux qui ont opté pour l’alternance – une formule marginale à l’université mais en progression – semblent pour certains tirer leur épingle du jeu. C’est le cas d’Alix, diplômée en communication et RH à l’université de Lille. À la suite de son contrat de professionnalisation dans une société éditrice de logiciels, elle a signé un CDI en septembre. Le graal !

Même constat pour Kun Liu dont les deux expériences en alternance, lors de son master Supply chain à Panthéon-Sorbonne, lui ont permis de positionner son CV en haut de la pile et de décrocher un job dans un groupe international d’électroménager.

Stage à défaut de CDI

Mais cela ne suffit pas toujours. Dans certains secteurs qui vivent la crise de plein fouet, les jeunes ne cachent pas leur désarroi. Adèle, diplômée d’un master chef de produit marketing en alternance à Paris 1 et Lucile, qui a réalisé deux stages lors de son cursus en gestion de projets culturels à Sciences po Lyon, ont commencé à postuler dès avril 2020.

Après plusieurs mois de recherches infructueuses, elles ont pris le parti, comme beaucoup, de se tourner vers un stage, grâce à un prolongement de leur convention ou en se réinscrivant à l’université. Faciliter cette option, c’est le dispositif mis en place par la majorité des facs pour soutenir leurs diplômés de 2020.

Lire aussi

Des exigences revues à la baisse

Stages, services civiques mais aussi élargissement du périmètre de recherches. Face à cette morosité du marché de l’emploi, beaucoup de jeunes font des concessions. Après son stage pour valider son master de droit social à Toulouse, Léa a enchaîné deux mois de CDD et un CDI dans un syndicat d’employeurs. Un boulot qui répond à toutes ses attentes… à l’exception du salaire. "Je ne me plains pas ! Cela n’empêche qu’à bac+5 en tant que juriste, je suis plus proche du Smic que des rémunérations promises par nos profs de fac."

Articles les plus lus

A la Une Master, mastère, MBA

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !
Human road Human road