Les classes prépas parées pour la nouvelle génération de bacheliers

Par Thibaut Cojean, publié le 19 Janvier 2021
7 min

La réforme du bac aura peu d’impact sur les études en classes préparatoires aux grandes écoles, déjà habituées à intégrer des profils variés.

Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) se disent prêtes à recevoir les bacheliers de l’année prochaine. Après la réforme du bac, l’un des principaux enjeux pour les formations de l’enseignement supérieur sera en effet d’accueillir des étudiants ayant des profils parfois très variés, une habitude des CPGE, quelle que soit l'option dont il est question.

Une nouvelle CPGE scientifique

Du côté des classes prépas scientifiques, l’équation est simple : qui dit plus de diversité des profils, dit plus de filières pour s'y adapter. En réponse à la réforme du bac, les CPGE scientifiques ont en effet acté la création de la prépa MP2I (mathématiques, physique, ingénierie et informatique) pour la rentrée 2021. Elle est destinée aux candidats attirés par l’informatique, et qui ont pu suivre la nouvelle spécialité NSI (numérique et sciences informatiques) au lycée.

Cela porte à cinq le nombre de CPGE scientifiques accessibles après un bac général. Avec chacune ses disciplines propres, "l’objectif est de couvrir un large spectre des profils scientifiques", explique Mickaël Prost, président de l’union des professeurs de classes préparatoires scientifiques (UPS).

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La prépa scientifique dans la continuité du lycée

Grâce à cette offre multiple, les CPGE scientifiques accueilleront des élèves dont les profils correspondent à la formation et "le premier semestre sera dans la continuité de la terminale", prévoit le président de l’UPS. Malgré tout, "chaque établissement pourra mettre en place des heures de soutien" s’il le juge nécessaire. Cela pourra par exemple être nécessaire si des élèves n’ayant pas suivi une spécialité utile au lycée ont besoin de cours de rattrapage.

Les spécialités seront donc déterminantes dans la réussite en prépa scientifique. Bien entendu, faire des maths jusqu’en terminale est indispensable et, d’une manière générale, faire des choix cohérents entre les spécialités du lycée et les filières de prépa souhaitées sera bénéfique.

Toutefois, Mickaël Prost assure que "toutes les candidatures seront étudiées" et que l’absence d’une spécialité ne sera pas toujours discriminatoire, particulièrement concernant celles qui ne sont pas proposées dans tous les lycées.

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Pas de profil prérequis pour la prépa éco

Dans la famille des prépas économiques et commerciales, l'offre se réorganise autrement. Jusque 2020, trois filières étaient accessibles : ECT après un bac techno, ECE après un bac ES et ECS après un bac S. Avec la disparition de ces deux dernières séries du lycée, les CPGE ECE et ECS fusionnent pour former l'option ECG, la prépa économique et commerciale voie générale.

Au sein de l'option ECG, en plus d’un tronc commun à tous les élèves, les étudiants devront choisir deux spécialités : maths appliquées ou maths approfondies ; histoire, géographie et géopolitique du monde contemporain ou économie, sociologie et histoire du monde contemporain. Cela permettra de répartir les élèves sur quatre parcours différents qui collent à leurs envies et profils.

Une seule contrainte émane de la réforme du lycée : les maths. "On ne prendra presque que des candidats ayant fait des maths en terminale, en spécialité ou en option maths complémentaires", confirme Alain Joyeux, président de l’association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales (APHEC). Cependant, "c’est le seul prérequis, assure-t-il. Les SES ou la géopolitique ne sont pas obligatoires et on acceptera des profils très différents, qui peuvent être 100% scientifiques."

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La prépa lettres mise sur la diversité

Enfin, pour les classes préparatoires littéraires, "le nouveau bac ne change rien", tranche Damien Framery, président de l’association des professeurs de première et de lettres supérieures (APPLS). Auparavant, les prépas lettres recevaient, en proportions équivalentes, des bacheliers ES, S et L. Elles sont donc habituées à traiter avec des étudiants aux profils variés, et ne constatent généralement pas de différences de niveau.

"La marche est très grande entre le lycée et la prépa, explique Damien Framery. Cela met tous les élèves au même niveau dès le début de la première année." Comme pour les prépas éco, tous les profils sont donc acceptés, même s’ils sont 100% scientifiques. Aucun prérequis ne sera demandé pour entrer en hypokhâgne A/L.

La sélection en hypokhâgne B/L sera quant à elle soumise à une seule condition : les maths ! "Au moins l’option maths complémentaires, mais c’est mieux de suivre la spécialité, recommande le président de l’APPLS, car comme il y a moins de B/L, la sélection y sera plus forte."

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Sur Parcoursup, la priorité aux appréciations

Les CPGE sont des formations sélectives et offrent souvent peu de places par rapport au nombre de demandes. La réforme du bac ne viendra pas modifier les pratiques de sélection des dossiers : sur Parcoursup, les responsables de formations regarderont avant tout le positionnement des candidats dans leur classe, les appréciations des professeurs et l’avis du conseil de classe sur l’orientation.

Si les notes restent importantes, elles ne sont donc pas le premier élément de jugement des candidatures de ces formations qui sont bien préparées à l’arrivée de nouveaux bacheliers à partir de septembre prochain. Aussi, l’annulation des épreuves communes, de l’épreuve anticipée de français et le sort des épreuves de spécialités de mars prochain auront peu d’impact sur les candidatures de la première cohorte de bacheliers nouvelle génération.

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