Crise sanitaire : comment s’orienter à distance ?

Par Stéphanie Ouezman, publié le 14 Decembre 2020
7 min

Chaque automne, à l’approche de l’ouverture de Parcoursup, les lycéens, étudiants et leurs parents sont nombreux à aller à la rencontre des formations sur les salons dédiés à l’orientation. En 2020, la crise sanitaire a provoqué l'interdiction des évènements et rencontres physiques qui se sont faits virtuels.

Ce n’est pas dans les allées bondées des salons étudiants que les dizaines de milliers de jeunes à la recherche d’une orientation trouveront des experts pour leur répondre cette année. Contraintes sanitaires obligent : ils se déroulent pour le moment en mode virtuel.

Mais, contrairement au printemps dernier, le reconfinement de cette fin 2020 autorise les centres d'information et d'orientation (CIO), les services communs universitaires d'information et d'orientation (SCUIO) et les centres d'information et de documentation jeunesse (CIDJ) à continuer à fonctionner. Ils ont organisé leurs services à distance, et sont très sollicités.

Lire aussi

"Les élèves ne sont pas restés sans réponses"

Même si "les lycéens vivent plutôt au jour le jour" et ne se préoccupent pas encore véritablement de Parcoursup (dont l’ouverture approche tout de même à grands pas !), l’activité du CIO de Lons-le-Saunier (39) continue de battre son plein cet automne. Pour l’instant, surtout pour répondre aux inquiétudes concernant les modalités d’enseignement (présentiel ? distanciel ? les deux ?) et celles du bac 2021.

Quelques entretiens sont réalisés par téléphone, mais dans l’enceinte du CIO ou dans les lycées même, les rendez-vous continuent d’avoir lieu, "dans le respect du protocole sanitaire". "Les lycéens viennent nous voir autant que d’habitude. Les professeurs sont présents et l’information parvient à circuler. Les conseillers du CIO sont en lien par mail avec les équipes pédagogiques. Dans tous les cas, les élèves ne restent pas sans réponses à leurs questions", estime Anne Lavina, directrice du centre.

Les réunions d’information "globale" ont en revanche été supprimées du calendrier. "En début d’année, nous n’avons pas pu organiser la traditionnelle présentation de Parcoursup destinée à tous les lycéens de terminale, poursuit Anne Lavina. Et les ateliers que nous proposons ensuite avec des responsables de différentes formations en fonction des interrogations et centres d’intérêt des jeunes n’ont pas pu avoir lieu", déplore-t-elle.

Lire aussi

Un service d'orientation continu mais "dégradé"

"Nous avons maintenu nos services dans les conditions prévues par la circulaire, confirme Joëlle Faure Dunabeitia, responsable du SCUIO-BAIP de l’université Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne (94). Mais nous travaillons dans des conditions dégradées", souligne-t-elle.

Pourtant, l’adaptation a été facile car le numérique est entré dans les habitudes de travail de cette responsable et de ses collègues de toute la région Île-de-France. Ensemble, ils travaillent de façon mutualisée et connectée pour un public très large : lycéens, étudiants en réorientation, adultes, équipes enseignantes, professionnels de l’orientation. "Réunions Zoom et entretiens individuels à distance font déjà partie de nos solutions pour répondre aux personnes handicapées, aux lycéens de l’étranger ou aux publics fragiles." Le problème selon elle : ceux qui sollicitent aujourd’hui ces services à distance sont "les étudiants qui savent quoi demander"

Joëlle Faure Dunabeitia s’inquiète en effet de ne pas pouvoir repérer et accompagner les étudiants en situations de décrochage. "En présentiel, mes équipes veillent à leur motivation. À distance, et alors que nous sommes dans une période de doute sur des possibles réorientations, comment demander à des jeunes de 18 ans de réaliser un bilan des études qu’ils ont commencées à distance ? Comment leur demander de se projeter dans un avenir professionnel dans ce contexte d’incertitude ? Nous essayons de limiter les dégâts, mais nous voyons bien que les jeunes sont inquiets." Récemment, quatre minutes après le début d’un webinaire consacré à la réorientation, elle a dû en fermer l’accès car des centaines d’étudiants étaient connectés simultanément.

Lire aussi

Un besoin de comprendre pour bien s'orienter

Les webinaires, conférences à distance, rencontres Zoom et autres salons virtuels ont en effet remplacé les solutions "physiques" pour s’informer sur l’orientation. Au CIDJ, tête de pont du réseau Infos Jeunes et ses 1.300 structures labelisées présentes en France, l’accueil du public a été remplacé par des tchats ou des échanges téléphoniques "renforcés".

Les principales questions ? Le fonctionnement d’Affelnet, celui de Parcoursup… "L’enjeu est très important pour les jeunes : ils veulent comprendre les réformes du lycée et de certaines filières, les nouvelles articulations, avoir plus de de visibilité sur les formations proposées, les modalités d'études et leurs débouchés, alors que nous faisons face à une crise qui change aussi la donne !" détaille Muriel Michaux-Reynaud, conseillère rattachée à l'antenne parisienne du CIDJ.

Beaucoup de ressources permettent aujourd'hui de s’informer sur les métiers, les filières, les secteurs, etc. "Mais la clé pour bien s’orienter, c’est de comprendre qui l’on est, ce qui nous mobilise, ce qui nous fait rêver… Tout ceci passe par le dialogue", souligne la conseillère.

Des solutions à distance qui sauvent l'orientation

Si le dialogue virtuel n’est pas simple à établir, la distance peut paradoxalement débloquer des situations. "Je n’ai pas le sentiment que nous perdions des élèves, rassure Muriel Michaux-Reynaud. La démarche d'orientation en présentiel est parfois délicate à mettre en œuvre. Derrière leur écran, sur des outils numériques qu'ils maîtrisent parfaitement, lycéens et étudiants osent davantage parler." Plus simple pour eux, grâce à l'anonymat, de poser des questions qui seraient resté tues, ou de partager des aspirations jusqu'alors refoulées.

Alors qu'une nouvelle saison de Parcoursup s'annonce, le calendrier des salons virtuels de l'Etudiant et des journées portes ouvertes virtuelles de nombreux établissements et formations continue de se remplir pour vous permettre de mener votre démarche d'orientation autrement, mais tout aussi sûrement.

Articles les plus lus

A la Une supérieur

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !