Comment bien choisir son bachelor management-ingénierie

Par Agnès Millet, publié le 22 Avril 2021
6 min

À la sortie du lycée, vous hésitez entre des études de management ou un cursus en ingénierie. Vous ne voulez pas trancher ? Tant mieux ! De plus en plus d’établissements proposent des parcours post-bac ingénieur-manager.

"Après mon bac S, je voulais découvrir le côté ingénieur et le côté commerce pour ne pas m’enfermer dans une voie. Et j’ai tout de suite accroché quand une étudiante dans une formation double compétence est venue témoigner dans mon lycée", s’exclame Thibaut, aujourd’hui en 2e année du bachelor management et nouvelles technologies d’IMT-BS.

Ce sentiment, de plus en plus de lycéens le partagent, et les écoles de management et d’ingénieurs commencent à proposer des cursus post-bac combinant les deux approches.

Une double compétence manager-ingénieur

"Historiquement, la double compétence s’acquérait en fin de cursus, plutôt pour des ingénieurs se formant à la gestion. Depuis plusieurs années, les choses ont changé avec internet et le numérique : être un manager, c’est avoir une bonne appréhension de la dimension technologique. D’ailleurs, les écoles de gestion se sont renforcées en IA (intelligence artificielle), en big data, …", décrypte Frank Bournois, directeur d’ESCP Business school et président de la commission formation de la Conférence des grandes écoles (CGE).

Mais les entreprises demandent des profils plus équilibrés. "La logique des doubles diplômes bac+5 se fait de façon séquencée et la greffe ne prend pas aussi pleinement que sur du post-bac où l’hybridation est simultanée", complète Marc Gibiat, directeur du BBA Big data and management à Audencia, programme en quatre ans créé avec Centrale Nantes, à la rentrée 2021.

Et avec la réforme du baccalauréat, de plus en plus de profils hybrides seront avides de ces parcours mixtes dès le le sésame obtenu.

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Des profils variés mais solides

Qui sont les meilleurs candidats pour ces formations à l’accès le plus souvent sélectif ? Ceux qui ont un bon dossier et s’intéressent aux disciplines scientifiques et aux sciences de gestion.

IMT-BS ne ferme aucune porte puisqu'aucune spécialisation de terminale n'est discriminante. À Audencia et Centrale Nantes, les maths sont incontournables et l’anglais indispensable, pour ce BBA 100% anglophone.

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Bachelor management-ingénierie : un cursus pluridisciplinaire

Après avoir goûté une formation d’ingénieur à l’international, Julie a décidé de se réorienter en première année du bachelor technologie et management de l’Esilv et l’EMLV.

"Je faisais une overdose de maths et de physique, alors que les matières qui m’intéressaient le plus étaient l’informatique et la communication". Ce qu’elle a pu trouver dans sa nouvelle formation.

Si les programmes diffèrent d’une formation à l’autre, une fois intégré, vous vous retrouverez dans un emploi du temps parfois… déroutant. "En première année, on a parfois du mal à faire le lien entre nos différents cours : on peut modéliser une maison en 3D un jour et s’immerger dans du droit un autre jour. Entre matières technologiques et management, c’est vraiment 50/50", raconte Julie.

"En première année, le premier semestre servait à remettre tout le monde à niveau : en comptabilité, en histoire-géo, en vente… Au deuxième semestre, on approfondit. Le point fort, c’est que l’on applique tout ce que l’on apprend !", témoigne Thibaut.

Autre point crucial : l’anglais. Car l’international fait partie du programme, de même que la professionnalisation : des stages sont prévus, notamment en dernière année, qui peut se faire en alternance, comme pour le bachelor business innovators de l’EPF et l’ICD.

De quoi réaliser quelques économies quand l’année de formation varie de 6.850 euros par an à IMT-BS à 12.000 euros pour le BBA nantais.

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Poursuite d'études ou tremplin vers l'emploi après un bachelor ingénieur manager ?

Le BBA d’Audencia et Centrale Nantes vise, quant à lui, 70% d’insertion professionnelle. Déployé sur quatre ans, il permet de pousser plus loin la double expertise, pour former des business intelligence managers, des data protection officers ou des data analysts

"Les recruteurs ont besoin de jeunes vifs, formés à l’international et qui connaissent les aspects de gestion et technologiques. Mais il ne faut pas faire de confusion : ces diplômés ne seront ni ingénieurs détenteurs d’un titre CTI (Commission des titres d'ingénieurs), ni managers bac+5 et n’occuperont pas ces postes. Chaque niveau a sa légitimité : les bac+3 seront des opérationnels, maniant les enjeux techno et management, et sachant être des passeurs entre les deux mondes", observe Frank Bournois.

D'ailleurs de nombreux étudiants de ces formations optent pour une poursuite d'études. Julie souhaite ainsi profiter de ces trois années "pour avoir le temps de décider quel master je vais choisir". Pour Thibaut aussi, ce parcours constitue la première brique. "Un bac+5 m’apportera une rémunération et un bagage technique plus élevés".

Avant de vous lancer, renseignez-vous bien sur la reconnaissance de la formation. Car toutes les portes ne seront pas ouvertes pour poursuivre vos études.

Pour Frank Bournois, ces bachelors double compétence ne sont qu’au début de leur ère et continueront de se développer. Et le champ peut s’élargir à d’autres disciplines : en design, en santé…

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