Ecole de commerce : quelle est la valeur d’une formation enregistrée au RNCP ?

Par Dahvia Ouadia, publié le 11 Septembre 2020
6 min

Vous êtes intéressé par une formation du supérieur enregistrée au RNCP et vous interrogez sur sa valeur académique et sa reconnaissance officielle par l’État. L’Etudiant décrypte pour vous ce que recouvre une formation RNCP et sa différence par rapport à une reconnaissance de l’État.

Dans la jungle des formations du supérieur, il est souvent difficile de s’y retrouver. Entre diplôme national, diplôme visé ou gradé, formation enregistrée au RNCP (répertoire national des certifications professionnelles), vous avez l’embarras du choix. Cependant, il devient compliqué de faire la part des choses et de connaître la valeur d'un programme.

Une formation RNCP est-elle reconnue par l’État ?

Première chose à savoir, une formation au répertoire national n’est pas une "reconnaissance" par l’État. "Il convient de parler d’enregistrement au RNCP et non de reconnaissance", prévient le ministère de l’Enseignement supérieur qui ajoute que "ces certifications enregistrées sur demande au RNCP par France compétences ne sont pas liées à un programme académique mais attestent de compétences professionnelles acquises".

En effet, les diplômes et certifications sont délivrés au nom de l’État par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur. "Il faut distinguer les diplômes d’État (diplômes nationaux) des certifications en tant que diplômes visés ou conférant un grade universitaire", résume le ministère.

Aussi des établissements, notamment privés, peuvent solliciter le ministère pour une reconnaissance de certification en tant que diplômes visés ou conférant un grade universitaire. Cette reconnaissance est délivrée après une évaluation de la qualité académique par une instance nationale comme la CEFDG (Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion) pour les écoles de commerce.

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La professionnalisation en ligne de mire

De son côté, le RNCP a pour objectif de "tenir à jour les informations relatives aux certifications professionnelles afin de faciliter l’accès à l’emploi, la mobilité professionnelle et la gestion des RH", précise le ministère. Ainsi, les formations enregistrées à ce répertoire national sont des "certifications professionnelles" qui donnent accès à des compétences d’un certain niveau.

"Nous avons des formations inscrites au RNCP de niveau 7 (bac+5) qui sont divisées en bloc de compétences, ce qui permet de proposer des modules en formations professionnelles", indique Cécile Frankart, directrice de l'école Ionis-STM. L’objectif ? S’assurer de l’adéquation des formations aux besoins du marché.

"France compétences – organisme qui régule l’apprentissage et la formation depuis la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel du 5 septembre 2018 – s’assure que les formations sont bien en phase avec les besoins économiques. C’est une forme de garantie pour nos étudiants sur le fait que nos formations inscrites au RNCP vont les amener à un bon niveau d’employabilité et de professionnalisation des étudiants", estime Christophe Felidj, directeur qualité et accréditation du réseau GES.

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Quelles passerelles avec l’université ?

Si vous avez un diplôme national qui confère un grade comme la licence ou le master, la poursuite d’études à l’université est facilitée. Vous pourrez entrer directement en première année de master après une licence d’une discipline "compatible", par exemple.

En revanche, si vous souhaitez poursuivre vos études à l’université après une formation enregistrée au RNCP, vous devez répondre "à un dispositif de validation des études prévues dans le code de l’éducation", précise le ministère. Ainsi, chaque établissement public décide des procédures d’admissions et des éventuelles commissions d’équivalence dans le cas d’un accès aux études supérieures.

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"Globalement, il existe des passerelles entre nos formations et l’université. Chaque établissement est libre de son recrutement mais nous avons des étudiants qui ont suivi un bachelor chez nous et qui ont pu continuer dans une autre formation ou à l’université", indique Christophe Felidj du réseau GES. C’est également le cas au sein du groupe IGS. "Certaines universités peuvent bloquer la poursuite des études d’étudiants qui ont un diplôme sans grade mais ça ne se fait quasiment plus", résume Jean-Philippe Leroy, directeur général adjoint du groupe IGS.

La question ne se pose pas de la même manière pour toutes les formations RNCP. En effet celles de Ionis-STM sont ouvertes après un bac+2 ou 3. Elles s’adressent donc à des étudiants qui ont déjà une idée plus précise de leur projet professionnel et qui veulent une formation en adéquation.

Selon Cécile Frankart, sa directrice, la problématique concerne davantage l’intégration de ses étudiants en sortie d’études. "Quand j’ai commencé à travailler pour Ionis STM, les grosses multinationales ne voulaient entendre parler que des diplômés des grandes écoles. Mais aujourd’hui, on voit les choses évoluer. De nombreuses grandes entreprises recrutent nos anciens étudiants parfois jusqu’à 10 ou 15 étudiants. Sur le middle management, nous n’avons aucune difficulté à voir nos étudiants être embauchés", estime-t-elle.

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