Des lycéens dans la peau d’élèves ingénieurs

Par Sylvie Lecherbonnier, publié le 20 Février 2009
5 min

L’opération ESSAI, pour "Et Si seulement j’aimais l’ingénierie", donne l’opportunité à des lycéens de tester les études d’ingénieurs. Récit de deux journées bien remplies entre cours et cafétéria, à l’EPF.
 

Deux jours en immersion

 
En ce début de vacances scolaires, Julie ne musarde pas. Pas de grasse matinée ou de ciné entre copines. Cette élève de terminale S s’est levée de bonne heure ce lundi pour… aller en cours ! Une petite différence s’est toutefois glissée dans son emploi du temps. Elle ne se rend pas comme d’habitude à son lycée du 12ème arrondissement de Paris mais à Sceaux, dans une école d’ingénieurs. La jeune fille de 17 ans participe en effet à l’opération ESSAI initiée par l’EPF, une école d’ingénieurs en cinq ans. Deux jours pendant lesquels elle va vivre au rythme d’un élève ingénieur.
 

Des TD inspirés de vrais cours.

Du lundi matin au mardi après-midi, les cours s’enchaînent. En informatique, les lycéens programment un petit jeu vidéo basique. A l’occasion du cours "ingénieur manager", ils acquièrent une ou deux notions de contrôle de gestion. En mécanique, ils s’intéressent au rôle d’un boulon dans la fusée Ariane. Tous ces TD (travaux dirigés) sont inspirés de véritables enseignements au programme. Le professeur de mécanique, Hervé Lemoussu, a par exemple adapté son cours d’introduction de première année avec un exercice de quatrième année.
 

L’occasion de tester son orientation

 
Comme Julie, 48 lycéens franciliens ont mis leurs vacances entre parenthèses pour tester leur choix d’orientation. Une aubaine en pleine période d’inscription dans l’enseignement supérieur (37 écoles d’ingénieurs post-bac, dont l’EPF, se sont regroupées autour du portail www.grandesecoles-postbac.fr pour gérer leurs admissions). La plupart ont commencé à s’inscrire dans une école d’ingénieurs post-bac, certains hésitent encore avec une prépa. Ils sont donc venus à l’EPF pour voir. Essayer. "Déjà, le métier d’ingénieur est très flou pour moi… alors les études ! J’avais envie de mieux connaître les matières enseignées avant de me décider", témoigne Julie. Arnaud est du même avis : "J’avais entendu parler de la mécanique, mais sans savoir à quoi cela correspondait exactement. Je suis venu pour en savoir plus et notamment comprendre à quoi cela sert."
 

Mieux que les journées portes ouvertes
 

L’opération ESSAI entre dans sa quatrième année. Elle a lieu désormais à l’EPF à Sceaux mais aussi à HEI Lille et à l’EIGSI La Rochelle et concerne près de 200 élèves de terminale. "L’initiative est née d’un constat simple : lors des journées portes ouvertes, les lycéens et leurs familles visitent des locaux vides. Avec l’opération ESSAI, ces futurs étudiants sont mis directement en situation", souligne Alexandre Recchia, responsable de la communication et du recrutement de l’EPF. Hervé Lemoussu va plus loin : "Lors des journées portes ouvertes, nous aurons davantage tendance à faire la promotion de notre école. Là il s’agit plus de leur faire découvrir les études et le métier d’ingénieur. Si au bout des deux jours, ils se rendent compte que cela ne leur plaît pas, je leur dis : ‘ne venez pas’." Gratuites, ces journées affichent complet dès le début du mois de janvier. Aucun prérequis n’est fixé pour s’inscrire si ce n’est être élève de terminale S et ne peut pas être plus de deux par lycée.
 

Un programme chargé
 

Des professeurs charismatiques, des applications pratiques. L’essai fait mouche. Des lumières dans les yeux, Simon est séduit. "Cela n’a rien à voir avec nos cours de lycée. C’est beaucoup plus concret. En informatique, par exemple, on a pu se rendre compte de l’utilité d’un algorithme", s’enthousiasme le jeune lycéen de Saint-Germain en Laye (78). Très sages et disciplinés, Simon, Julie et leurs acolytes suivent les cours avec attention. Concentrés, presque timides. Une atmosphère de rentrée règne en salle de classe. Pas le temps de souffler pour autant. En marge des six heures de cours par jour, des présentations sur le métier d’ingénieur, les activités internationales d’une grande école ou la vie associative se succèdent.

Des élèves ingénieurs pour tuteurs.

Entre deux TD, c’est aussi l’occasion de discuter avec de "vrais" étudiants. Quatre élèves ingénieurs les accompagnent tout au long des deux journées. Jules est l’un d’entre eux. "Les lycéens qui participent veulent avant tout être rassurés, constate-t-il. Ils cherchent à connaître la difficulté des cours, le taux de réussite dans les deux premières années ou encore l’exigence de la sélection à l’entrée. Ils se demandent ce qui va leur arriver à la prochaine rentrée."

A l’issue des deux jours, Julie a les "idées plus claires". Elle se dit rassurée : "L’énergie et l’environnement font partie des domaines qui m’attirent et le cours consacré à ce sujet a confirmé mon intérêt". Il lui reste tout de même encore quelques mois pour mûrir son projet et faire un choix définitif d’orientation.

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