1. Ce qui vous attend vraiment en licence de psychologie
Décryptage

Ce qui vous attend vraiment en licence de psychologie

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Faire son entrée en fac de psycho, c'est bien sûr découvrir les cours en amphi, mais surtout s'initier à une toute nouvelle discipline. (Université Paris Descartes) // © Camille Stromboni
Faire son entrée en fac de psycho, c'est bien sûr découvrir les cours en amphi, mais surtout s'initier à une toute nouvelle discipline. (Université Paris Descartes) // © Camille Stromboni

La fac de psychologie attire beaucoup de bacheliers mais il n’est pas si facile d'y réussir. Pour vous aider à bien peser votre choix, on fait le point sur les matières au programme et l’investissement que cette licence requiert.

En arrivant en fac de psycho, comme dans toute licence, il vous faudra apprivoiser un fonctionnement très différent de celui du lycée. Au programme : des cours en amphi réunissant plusieurs centaines d'étudiants et une organisation par semestre, sanctionnée par des partiels. Mais, par rapport à vos camarades inscrits en histoire-géographie ou en physique, vous aller vous initier aussi à une discipline totalement nouvelle.

Test : Êtes-vous fait(e) pour une licence de psycho ?

Bienvenue en terre inconnue

Vous avez peut-être entendu parler de Freud en terminale, à travers le complexe d'Œdipe, ou de textes sur la violence et le pouvoir. Gare toutefois aux malentendus : "La psychologie n'est pas une extension de la philosophie, prévient Florent Vinchon, président de l'ADEPSY (Association des étudiants de psychologie de Paris-Descartes). Très vite, les bacheliers s'aperçoivent qu'il s'agit d'une matière scientifique, avec des techniques de réflexion et des outils scientifiques à manipuler."

Autre réalité à assimiler sans tarder : la diversité du champ de la psychologie. "Fans de séries télé comme le "Mentalist", certains s'imaginent déjà, une fois leurs études terminées, au chevet de patients, avec pour mission essentielle de décrypter le fonctionnement de telle ou telle personnalité", poursuit Florent Vinchon. Et de prévenir que la discipline ne s'arrête pas à cet aspect clinique. "Il y a d'autres domaines comme la psychologie sociale, où l'on se penche sur la manière de penser au sein d'un groupe ou l'influence de stéréotypes. Dès la première année, on va aussi découvrir les mécanismes de cognition (les processus par lesquels l'humain appréhende son environnement) et les étapes du développement de l'enfant."

Des chiffres et des lettres

Bref, la psychologie demande ouverture d'esprit et curiosité, comme le souligne Éric Laurent, maître de conférences en psychologie cognitive à l'université de Bourgogne–Franche-Comté. "Pour réussir, il faut faire preuve de compétences rédactionnelles, mais aussi comprendre les mécanismes qui sous-tendent les états mentaux."

À côté de ces enseignements en sciences de la vie, comptez avec les statistiques. "Sans représenter les plus gros coefficients, elles figurent dans les emplois du temps des trois années de licence et constituent un outil indispensable pour un psychologue. On ne va pas vous demander de résoudre des équations ultra-compliquées. Il s'agit surtout d'apprendre à évaluer des données et de les mettre en perspective", ajoute Florent Vinchon, qui a eu l'occasion, en tant que tuteur, de donner un coup de pouce à des bacheliers venant de filières littéraires ou technologiques.

Beaucoup de travail personnel

"Les cours de sciences m'inquiétaient un peu au départ, reconnaît ainsi Mégane, vice-présidente de l'association étudiante Epsyca, à l'université de Caen, titulaire d'un bac ES. Cependant, vu que toutes les bases sont reprises en licence 1, je n'ai pas perdu pied."

La clé : l'assiduité, doublée d'un travail régulier. "Au bout d'un mois, les amphis sont beaucoup moins remplis qu'à la rentrée mais il ne faut pas se laisser déstabiliser. Même si vous n'apprenez pas immédiatement vos cours magistraux, il est important de les relire au moins une fois le soir. Faites également des fiches pour ne pas vous sentir perdu face à l'ampleur des révisions de partiels", conseille-t-elle.

Lire aussi : Université : le palmarès 2017 de la réussite en licence

De son côté, Éric Laurent recommande de ne pas négliger l'anglais car, au fil de la licence, les étudiants sont amenés à découvrir des articles de recherche en V.O. En effet, c'est une autre réalité à intégrer : vous vous engagez dans des études longues et assez académiques. "En première année, on a des rappels historiques pour bien mettre au clair les concepts en jeu dans les différents cours, ce qui suppose d'assimiler pas mal de théorie", explique Florent Vinchon de l'ADEPSY.

Objectif master

Pour devenir psychologue, il faut aller jusqu'à bac+5. Un master est en effet requis pour exercer. Les diplômés qui passent ce cap ont un taux d'insertion de 89 % à 30 mois, d'après le ministère de l'Éducation nationale. Ce qui est tout à fait correct. Mais si l'on affine les statistiques, on découvre que la part d'emplois stables est de 60 % contre 73 % pour l'ensemble des masters universitaires. À vous d'essayer de repérer les spécialités que vous préférez mais aussi les plus porteuses, notamment en psychologie du travail.

La licence peut aussi être un tremplin vers d'autres carrières. "80 % de nos étudiants de première année feront un autre métier que celui de psychologue, note Éric Laurent. À Besançon, nous avons donc développé un parcours "éducation et formation", à côté du parcours général, avec des modules de sensibilisation à l'enseignement pour ceux qui envisagent les concours de l'éducation nationale. Certains étudiants se tournent aussi vers les ressources humaines, à bac+4, d'autres vers l'ergonomie ou le conseil en formation continue". Gardez l'œil sur les modules de découverte ou les options qui peuvent vous aider à élargir vos horizons !