1. Charge de travail, spécialisation, accompagnement… Ce qui vous attend en licence de psycho
Décryptage

Charge de travail, spécialisation, accompagnement… Ce qui vous attend en licence de psycho

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Greg Décamps, directeur de la fac de psycho de Bordeaux, accueille des lycéens dans son cours de psychologie différentielle de l'adaptation au stress à l'occasion des Journées de l'immersion. // © Amélie Petitdemange
Greg Décamps, directeur de la fac de psycho de Bordeaux, accueille des lycéens dans son cours de psychologie différentielle de l'adaptation au stress à l'occasion des Journées de l'immersion. // © Amélie Petitdemange

La licence de psycho a le vent en poupe. Avec plus de 100.000 vœux sur Parcoursup cette année, c'est la 4e licence la plus demandée. Pourtant, l’image de cette formation est parfois erronée. Découvrez cette filière avec le doyen et les étudiants de la fac de psycho de Bordeaux.

"La psycho a une réputation littéraire. Les étudiants imaginent un psychologue qui écoute des patients allongés sur un divan. Pourtant, les enseignements sont très divers et en majorité scientifiques", explique Greg Décamps, doyen de la faculté de psychologie de Bordeaux.

Un avis partagé par Justine, en L3 de psycho à Bordeaux. "Il faut bien regarder le contenu de la formation avant de s’inscrire. Beaucoup d’étudiants s’attendent à des matières littéraires, de la philo. Ils sont surpris face à des cours de maths, de neurosciences, de physiologie, de pharmacologie…", souligne l’étudiante.

Spécialisation en 3e année

Les deux premières années sont généralistes, puis les étudiants se spécialisent en troisième année. Les parcours différent selon les universités et sont souvent choisis en adéquation avec le projet de poursuite en master. Il peut s’agir de psychologie sociale, psychopathologie, psychologie du développement, psychologie cognitive, psychologie clinique, psychologie du travail et de l’ergonomie, psychologie clinique et psychopathologique, psychophysiologie… "Il faut partir dans l’optique d’une filière scientifique", résume Justine.

Les bacheliers au profil scientifique réussissent donc mieux dans cette filière, bien qu’elle soit ouverte à tous. La mise en place du nouveau bac met fin aux filières mais attention, la licence puis le master de psychologie sont sélectifs. A Bordeaux par exemple, la fac de psycho a admis 300 étudiants pour l'année 2018–2019, sur plus de 6.000 candidatures. Concernant les spécialités à choisir pour intégrer psycho, Greg Décamps conseille de regarder les attendus sur Parcoursup. "La sélection se fera sur les notes de ces attendus. Si vous n’avez aucune matière scientifique par exemple, vous ne pourrez pas être évalué sur ce point. Après que ce soit des maths, de la bio ou de la physique, cela ne change rien". A cela s'ajoutent des compétences littéraires, notamment en expression écrite et orale, ainsi qu'un bon niveau en langues, certains textes étant en anglais.

Dix heures de cours par semaine en L1

Au niveau de la charge de travail, comptez une dizaine d’heures de cours par semaine en première année, puis un peu plus chaque année. "Quand tu passes de la terminale à la L1, c’est plutôt tranquille. Je bossais environ 6 heures par semaine chez moi. Après ça va crescendo, en troisième année j’ajoute entre 15 et 20 heures de travail personnel aux cours", décrit Justine.

A ses côtés, Camille, 20 ans, a quant à elle intégré psycho directement en 2e année, grâce à une passerelle après sa première année de médecine. "La majorité des cours se font en amphi et ne sont pas obligatoires. Il faut donc être motivé, on peut facilement perdre le fil", met-elle en garde.

Justine et Camille, étudiantes en L3 de psycho à l'université de Bordeaux, se dirigent vers un master psychologie clinique et psychopathologie. // © Amélie Petitdemange
Justine et Camille, étudiantes en L3 de psycho à l'université de Bordeaux, se dirigent vers un master psychologie clinique et psychopathologie. // © Amélie Petitdemange

Pour réussir : être rigoureux dans son travail préparatoire

Pour réussir sa licence, Greg Décamps conseille de travailler régulièrement et de lire les ouvrages qui seront abordés en cours avant de s’y rendre. "Trop d’étudiants concentrent leur charge de travail à la fin du semestre, juste avant les partiels. Pourtant, le travail préparatoire est très important. Si vous avez lu les textes en amont, vous pouvez poser des questions en cours", explique-t-il.

Comme dans la plupart des universités, un accompagnement pédagogique a aussi été mis en place. Il est notamment dédié aux premières années, avec un programme de tutorat mené par 18 étudiants de master et de doctorat. Depuis la rentrée 2019, un dispositif permet également de mieux suivre les statuts particuliers (reprise d’études, sportif de haut niveau, handicap, fort engagement associatif, contrainte familiale…). Les étudiants répondent à des questions sur leur situation personnelle lors de leur inscription puis reçoivent un mail avec des dispositifs dédiés. Ils peuvent également bénéficier d'aménagements ou de dispenses pour certains cours ou examens.

Une fois vos études terminées, les débouchés sont très variés. Vous pourrez exercer comme psychologue mais également comme éducateur, professeur ou encore ethnologue.