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Décryptage

Grève : faute de transports, des étudiants s'opposent aux partiels

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Certains amphithéâtres, comme celui de la Sorbonne, sont restés vides aujourd'hui, après le blocage des salles d'examens. // © © Nicolas TAVERNIER/REA
Certains amphithéâtres, comme celui de la Sorbonne, sont restés vides aujourd'hui, après le blocage des salles d'examens. // © © Nicolas TAVERNIER/REA

Ce lundi 6 janvier, de nombreuses universités font face à des blocages d'étudiants qui refusent de passer leurs partiels en période de grève. Maintien, aménagements, report ou annulation, chaque établissement tente de trouver une solution.

Un mois après le début de la grève de la RATP et de la SNCF contre la réforme des retraites, les étudiants sont contraints de passer leurs partiels sans transports. "Une situation ubuesque", dénoncent les étudiants de Nanterre, de la Sorbonne, de Paris-Diderot et de Rennes 2.

"L'administration nous dit de trouver des alternatives, notamment la marche. Nous en sommes outrés, certains étudiants ont plus de 10 heures de marche s’ils veulent venir ! Et même en étant intramuros, on peut avoir plus de 1h30 à pied. Dans de telles conditions, nous ne serons pas en état de passer nos examens au meilleur de nos capacités !", revendique Axelle, étudiante en deuxième année de Lettres modernes à la Sorbonne.

Dormir à l’hôtel pour arriver à l'heure aux examens ?

Un étudiant de l’UFR Sciences et ingénierie de la Sorbonne-Paris 6, habitant en banlieue, a contacté l'une de ses professeurs pour lui faire part de sa difficulté à se rendre aux partiels cette semaine. "Il vous appartient à tous de trouver une solution pour être présent : un hébergement par une connaissance, un hôtel", lui a-t-elle répondu. "En tant que boursier, je ne peux pas me payer cela. Exiger cette solution est une honte", dénonce le jeune homme.

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"Il est difficile de reporter ces examens car les locaux nécessaires sont déjà réservés pour les semaines ultérieures", explique le doyen de la fac de Sciences et Ingénierie dans un mail aux étudiants. Il se veut cependant rassurant : il a demandé aux professeurs de faire preuve de compréhension pour les retardataires et les étudiants qui n’auront pu se rendre aux partiels se verront proposer "des modalités d’examen alternatives".

Blocages en série contre les partiels maintenus

Une pétition a été lancée par les étudiants de la Sorbonne Paris 1 et par la Sorbonne Paris 6 pour demander l’annulation des partiels. Face au refus de l'université, les étudiants arrivés jusqu’aux sites d’examen ont par conséquent décidé de bloquer les bâtiments. "Lorsque l’accès à certains sites de l’université est bloqué par des étudiants et autres manifestants, les examens sont suspendus pour éviter tout risque de violence. C’est le cas des partiels sur les sites de Clignancourt, Malesherbes et Michelet qui ne se tiendront pas cet après-midi", a réagi l’université Sorbonne-Paris 4 ce lundi, affirmant qu’"aucun étudiant ne sera pénalisé".

Une situation identique à Rennes 2 et Nanterre, où les partiels qui devaient débuter aujourd’hui ont été empêchés par des blocages. L’université de Nanterre avait proposé aux étudiants privés de transport d’ouvrir le gymnase pour qu’ils y passent la nuit. C’est finalement une salle de danse et une salle de fitness qui seront ouverts à partir de ce lundi, pour 50 places au total, affirme le syndicat Solidaires etudiant.e.s Nanterre.

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"L’université de Nanterre a déjà déplacé une semaine de partiels, et ne peut faire davantage, sauf à rallonger l’année universitaire, ce dont personne ne veut, à commencer par les étudiants. Nous sommes donc contraints, chacun doit le comprendre", a répondu Jean-François Balaudé, président de l’université, aux détracteurs de cette proposition.

Aménagements spécifiques

L’université de Nanterre a mis en place plusieurs aménagements. Les retards seront notamment acceptés tant qu’aucun étudiant ne sera sorti de l’épreuve, dans la limite d'une heure après le début de l’examen. L’heure de fin de l’épreuve ne sera cependant pas modifiée pour les retardataires. Les examens ne termineront pas après 19h et des navettes seront mises en place entre l’université et La Défense de 18h30 à 21h.

Enfin, les absences aux examens seront considérées comme justifiées. Une absence ne sera donc pas considérée comme une défaillance et n’entraînera pas de pénalisation pour les étudiants bousiers. Les étudiants auront tout de même un "0", qui pourra être compensé par leurs notes aux autres matières, si elles sont suffisamment élevées.

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Changer de mode d’évaluation ?

D’autres universités avaient décidé de reporter les partiels de décembre au mois de janvier, comme Paris 1, Paris 13 et l’Université de Lille. Une solution qui ne porte malheureusement pas ses fruits, la grève se prolongeant.

"Nous répétons depuis longtemps que décaler les partiels ne réglera rien puisqu'ils ne pourraient être décalés que d’une semaine, et ne soyons pas aveugle, la grève sera toujours présente ! C'est pourquoi il serait intelligent de réfléchir à un autre moyen de nous faire passer les examens", souligne Axelle, étudiante de la Sorbonne.

Une demande également formulée par les étudiants de Diderot, qui ont lancé le mot-clé #GrevesEtudiantsParisVII sur Twitter et proposent par exemple de réaliser les partiels en ligne. A La Sorbonne Paris 1, certains UFR ont en effet mis en place d’autres modalités d’évaluation. Les examens de langues, qui étaient prévus entre le 16 et le 21 décembre, ont ainsi été annulés. "Les notes de langues, au premier semestre, seront calculées en tenant compte du contrôle continu", a annoncé l’université.