"Ma thèse en 180 secondes" : la doctorante Alphanie Midelet remporte la finale nationale

Par Amélie Petitdemange, publié le 02 Juin 2022
6 min

Chercheuse à l’Inserm et à l’université Grenoble Alpes, Alphanie Midelet a remporté le Premier prix du jury de la finale de "Ma thèse en 180 secondes", le 31 mai à Lyon. Elle présentera ses travaux sur l’apnée du sommeil lors de la finale internationale au Canada.

Alphanie Midelet, doctorante à l’université Grenoble Alpes, a remporté la finale du concours "Ma thèse en 180 secondes". Plus de 600 candidats ont participé à cette édition 2022. La jeune femme de 26 ans représentera la France à la finale internationale, qui se tiendra à Montréal le 6 octobre 2022.

Seize jeunes chercheurs se sont succédés sur scène, mardi 31 mai à la Bourse du travail de Lyon, pour tenter de remporter le Premier prix du jury. Ils avaient déjà passé la sélection de la demi-finale, qui avait rassemblé 58 doctorants. Leur défi : présenter en termes simples, vulgarisés et convaincants leur thèse en seulement trois minutes et une diapositive.

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Partager la science et susciter des vocations pour la recherche

À 18h30, un orchestre a donné le coup d’envoi de la finale 2022, face à un public de 1.200 personnes. Pour l’astrophysicienne Hélène Courtois, vice-présidente de l’université Lyon 1 et marraine de l’événement, "ce qui donne de la valeur à la science, c’est de la partager". Ce concours de vulgarisation peut aussi "donner envie de faire de la recherche", lance-t-elle en ouverture de l’événement. Un Prix des lycéens a d’ailleurs été créé cette année avec entre autres l’espoir de susciter de l’intérêt pour l’université.

Sous les applaudissements de la foule, dix doctorantes et six doctorants issus d’universités de métropole et d’Outre-mer sont montés sur scène pour présenter leurs travaux.

Des présentations de thèses authentiques et variées

Les thèmes de recherches étaient très variés : comprendre les pics d’infection chez les chauves-souris de la Réunion et en tirer des leçons sur les épidémies humaines, développer les aspects juridiques de la labellisation des produits de la mer pour mieux informer les consommateurs et protéger l’environnement, augmenter l'efficacité de la chimio-immunothérapie dans le cancer du poumon, mieux caractériser et prévoir la stabilité des crèmes cosmétiques, exploiter le potentiel du graphène pour recharger smartphones, ordinateurs, voitures électriques…

"Je tiens à remercier les chercheurs pour leur créativité", a commenté Hélène Courtois, saluant des présentations "authentiques" et "variées". Pour Franck Debouck, président de l’université de Lyon, cet exercice est "extrêmement intéressant". "Certains doctorants deviendront enseignants-chercheurs. C’est un très bon lien vers l’enseignement", ajoute-t-il.

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Prévenir des crises cardiaques

La lauréate, Alphanie Midelet, a convaincu le jury avec la présentation de sa thèse sur le traitement du syndrome d’apnée obstructive du sommeil. "Dormir suffisamment, c’est pas suffisant. Dormir en respirant, oui, c’est nécessaire", scande-t-elle en ouverture de sa présentation. "Lorsque vous faites de l’apnée du sommeil, les voies aériennes s’obscurcissent jusqu’à se boucher, avant que la reprise respiratoire s’accompagne d’un micro-réveil", explique-t-elle.

Pour les aider à dormir, 1,4 million de Français sont ainsi reliés à une machine qui leur envoie de l’air. "Mais avec un mauvais réglage, les apnées continuent", prévient Alphanie.

La chercheuse a récupéré les données de ces patients et a créé un algorithme qui permet de mieux régler cette machine. Mais sa thèse va encore plus loin : elle veut prévenir des crises cardiaques. Des médecins ont en effet observé des modifications des apnées les nuits précédent une crise cardiaque.

Une victoire "inespérée"

"J’ai pris un grand plaisir, plus qu’à toutes les autres étapes. J’ai adoré !" commente Alphanie à sa sortie de scène. La jeune femme, aux anges d’avoir remporté le Premier prix, se dit "très surprise" par sa victoire. "C’est inespéré, je ne réalise pas du tout. J’ai adoré les présentations de plein d’autres candidats", affirme-t-elle. "Comme je pensais que ce serait ma dernière étape, j’étais moins stressée que dans mes précédentes présentations. Du coup, je n’avais pas de frein, j’ai pris plaisir à partager mon discours", explique-t-elle.

Pour préparer sa prestation, la chercheuse a travaillé avec Ludovic Lecordier, un comédien qui donne des formations en communication orale à Grenoble. "Après la demi-finale, j’avais réécrit une petite partie pour que ça me ressemble plus et que je sois à l’aise", raconte-t-elle.

Elle a désormais plusieurs mois pour s’imprégner à la perfection de sa présentation avant de monter sur scène pour la finale internationale au Canada.

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