Réorientation en L1 : "Une fois décidé, j'ai été soulagé"

Par Juliette Chaignon, publié le 12 Novembre 2020
5 min

Chaque année, près de 30% des étudiants en première année d’études supérieures décrochent au premier semestre. Il est possible de changer de cursus en cours d’année. Loin d’être systématiques, ces parcours se préparent bien à l’avance.

Ses premiers pas dans le supérieur, Clément, 20 ans, les fait en classe préparatoire PCSI, à Bordeaux, avec l’envie d’intégrer une école d’ingénieurs spécialisée dans l’aéronautique. Peu avant Noël, il est en difficulté : "je travaillais énormément et mes notes baissaient".

Conseils pris auprès de son professeur de maths et de la CPE du lycée, Clément décide d’entrer à l’université au deuxième semestre, dans le cursus master en Ingénierie et maintenance des systèmes pour l’aéronautique et les transports (CMI-IMSAT), une formation de cinq ans.

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Parler de ses doutes le plus tôt possible

"Ça a été plutôt rapide, la CPE du lycée m’a mis en relation avec la responsable des admissions de l’université et j’ai commencé une semaine après la rentrée de janvier", raconte-t-il. Ses professeurs de prépa, au courant de son projet, lui accordent les crédits ECTS du premier semestre.

En début d'année, les étudiants de prépa s’inscrivent aussi à la fac et il existe des conventions entre l'université et le lycée. De quoi faciliter le transfert administratif : "j'étais déjà 'enregistré' comme étudiant". Quant aux cours, Clément retrouve des notions vues en sciences de l’ingénieur au lycée et "ne rate qu’un chapitre de maths", rattrapé en autonomie.

Il s’estime chanceux de ne pas avoir perdu d’année. Les discussions avec son professeur de maths, en qui il "avait confiance", et ses doutes partagés assez tôt, y ont beaucoup fait.

"Le plus important, c’est de discuter de son projet avec les enseignants, confirme Christine Ménard, directrice du SCUIO-IP à l’université d’Angers, dès qu’on sent qu’il y a des doutes, il ne faut pas attendre". À l’université, elle recommande de se tourner vers le responsable de sa formation et le centre d’orientation.

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Bien se renseigner

C’est ce qu’a fait Loucia, admise en droit. En octobre, les cours ne l’"intéressent pas du tout". Elle sait ce qu’elle veut : partir en licence de sociologie. "J’étais première de ma classe en terminale ES dans cette matière, ces cours me manquaient", raconte-t-elle. Loucia assiste à des cours de sociologie, pour vérifier son intérêt. Puis, le service orientation de la fac lui indique les démarches, "assez faciles", à effectuer. Son conseil : "il faut bien se renseigner, lire les mails de la fac, il y a beaucoup d’infos dedans."

L’une de ses amies, étudiante en sociologie, lui donne les cours du premier semestre. "La fac me l’a aussi proposé", précise Loucia. Pendant les partiels de fin d’année, l’étudiante rattrape ceux du premier semestre. "Mes connaissances de terminale m’ont beaucoup aidée et j’ai demandé de l’aide à mes professeurs de TD", explique-t-elle.

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La réorientation permet d'apprendre sur soi

Loucia dit s’être bien intégrée dans sa promotion : "tout le monde était très sympa avec moi, on m’a bien aidée". Elle pense avoir appris de cette réorientation : "j’ai vu que je savais me débrouiller et m’adapter".

"Une fois que j’avais décidé de changer, je me suis senti libre", confie de son côté Clément, étudiant en troisième année, satisfait de suivre des cours "plus concrets qu’en prépa". "J’ai découvert de nouvelles possibilités, de nouveaux métiers", ajoute-t-il.

Toutes les universités ne proposent pas de changer de voie en première année. "Cela n’a rien de systématique", insiste Christine Ménard. Mais des cursus existent pour retravailler son projet professionnel. Parcours "Rebond" à Angers, "Tremplin" à Strasbourg ou "Universitas" à l’université Paris-8, par exemple. "Il n’y a pas de voie royale, il y a SA voie, la meilleure. Il faut la trouver", conclut Christine Ménard.

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