Rentrée décalée : ils ont changé de cursus en janvier

Par Amélie Petitdemange, publié le 11 Juin 2020
6 min

Quelques mois après la rentrée, vous n’êtes finalement pas convaincu par votre formation ? La plupart des universités proposent des rentrées décalées en janvier. Un bon moyen de rebondir sans perdre plusieurs mois. Retour sur les enjeux et les conséquences d'une réorientation en cours de première année avec deux étudiants concernés.

Certaines universités françaises permettent aux étudiants issus de licence, de CPGE, de DUT, de grandes écoles d'ingénieurs ou de commerce ou encore de PACES, d’intégrer une nouvelle formation en rentrée décalée.

Tommy Le a ainsi intégré un DUT GMP (génie mécanique et productique) en janvier dernier, après 6 mois de prépa MPSI. "Je me suis orienté en prépa car j’avais de bons résultats en terminale et que mon lycée avait une bonne réputation pour ce cursus. Mais au bout de trois ou quatre mois, j’ai réalisé que ce n’était pas pour moi. Je suis quelqu’un qui aime sortir, là je ne faisais que travailler", se souvient le jeune homme.

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Recommencer un premier semestre en janvier

Afin de ne pas perdre une année, il cherche un nouveau cursus à débuter dès le mois de janvier. Il découvre que l’université de Lorraine propose des DUT accessibles au deuxième semestre. "Le DUT mélangeait théorie et pratique, exactement ce que je voulais. Le travail était aussi moins soutenu". Le dispositif de rentrée décalée lui permet par ailleurs de rejoindre une petite promotion de 15 étudiants.

Avant d’intégrer une formation en janvier, renseignez-vous bien sur l’organisation, le programme et les poursuites d’études, conseille Tommy. "Ce n’est pas évident de poursuivre ses études après une rentrée décalée, il faut souvent attendre septembre", explique le jeune homme, qui se dirige désormais vers une licence pro ou une école d’ingénieurs.

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Rejoindre une licence au deuxième semestre

À l’université de Lille, de nombreux DUT organisent aussi des rentrées décalées en janvier. Les réorientations d’une licence à l’autre sont aussi possibles. Dans ce cas, il s’agit de rejoindre le cursus "en cours de route", et non de débuter le programme en janvier. Cette réorientation permet de ne pas "perdre" une année mais nécessite de rattraper par soi-même tout un semestre de cours. Il faut donc être organisé et motivé.

Toutes les filières sont ouvertes à cette possibilité, sauf celles en tension ou celles trop compliquées à intégrer en cours de route, comme une licence de chinois par exemple. Les étudiants qui veulent entrer dans une nouvelle formation en janvier doivent monter un dossier avec une lettre de motivation, assez similaire à celui de Parcoursup. Mais ils ne peuvent candidater qu'à une seule licence. En 2018–2019, 1.236 étudiants de l’université de Lille ont demandé à se réorienter en janvier, dont 898 ont reçu un avis favorable.

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"Je ne me voyais pas continuer pendant 3 ans"

Romane Delliaux a ainsi quitté sa licence d'anglais pour intégrer une licence de sociologie-histoire. "J’ai toujours voulu faire de l’anglais. Au lycée, j’avais fait toutes les options possibles pour être au top en licence 1. J’avais le profil, tout devait se passer parfaitement", raconte la jeune femme.

Mais dès les premières semaines, elle déchante : "ce n’était pas ce que je voulais, ni les cours auxquels je m’attendais. Il y avait des cours de phonétique et de linguistique très pointus et complètement en anglais. Je ne me voyais pas continuer pendant 3 ans, je n’allais ni aimer ni réussir".

Romane doit alors entreprendre un travail sur elle-même. Persuadée qu’elle ferait des études d’anglais, elle n’avait prévu aucun plan B. Aidée du SUIO (service universitaire d'information et d'orientation) de sa fac et de plusieurs CIO, elle se pose les bonnes questions : "Qu’est-ce qui me plaît dans ce cursus ? Qu’est-ce que j’aimerais faire plus tard ? Est-ce possible d’y arriver avec une autre licence ?".

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S'organiser pour rattraper les cours

Admise en janvier en licence de sociologie-histoire, elle doit suivre le semestre 2 mais également passer les rattrapages du semestre 1 afin de valider son année en six mois. Pour cela, elle doit rattraper les cours auprès de ses nouveaux camarades de classe. "Les seuls cours que j’ai réussi à récupérer n’étaient pas clairs, il manquait des parties. À la moitié du S2, je me suis dit que je n’arriverais jamais à rattraper. J’ai décidé de ne pas aller aux rattrapages et de redoubler la première année".

Après avoir validé son S2 avec plus de 14 de moyenne, le jury lui propose de passer en deuxième année, tout en allant aux cours du semestre 1 en même temps. "Deux semestres en un, ça faisait beaucoup. Mais j’ai pu construire mon emploi du temps pour aller à presque tous les cours", raconte Romane. Avec une trentaine d’heures de cours, le travail personnel, et son petit job étudiant, la jeune femme est bien occupée. Ce choix lui aura cependant permis de valider son semestre 1 et sa deuxième année (les semestres 3 et 4) d’un coup.

S’il a été compliqué d’arriver en cours d’année, contrairement aux rentrées décalées en DUT qui commencent réellement le programme en janvier, Romane ne regrette rien. "Il ne faut pas avoir honte d’avoir fait le mauvais choix. C’est une chance de pouvoir changer de cursus en cours de route. C’est déroutant, mais ça garantit un meilleur avenir".

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