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Témoignage

"Internet is a biche" : des vidéos d'étudiants alertent sur les dangers du web

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Pour incarner la campagne, les étudiants ont choisi une biche, un animal "innocent, dont on ne se méfie pas, mais qui peut être sournois", expliquent-ils. // © Capture d'écran
Pour incarner la campagne, les étudiants ont choisi une biche, un animal "innocent, dont on ne se méfie pas, mais qui peut être sournois", expliquent-ils. // © Capture d'écran

VIDÉO. Camille, Laura et Maxence font partie d'une équipe de 27 étudiants ayant participé à un projet de sensibilisation aux pièges d'Internet. Le nom de leur campagne : "Internet is a biche". À travers sept vidéos, les étudiants expliquent les bons réflexes à adopter face aux pirates du net.

Hacking, phishing, ransomware, shoulder surfing, hijacking… Si vous ne connaissez pas ces termes, c’est peut-être parce que vous n’y avez jamais été confronté. Ces mots désignent des risques auxquels vous pouvez être exposé en tant que simple utilisateur d’Internet. Pourtant, peu de gens savent vraiment comment s’en prémunir. C’est justement le défi qu’ont relevé 27 étudiants en école de marketing et communication (ISEG), d’ingénieurs (EPITA) et de design numérique (e-artsup).

En six mois, ils ont recensé les principaux dangers en matière de sécurité informatique pour en faire une campagne de prévention intitulée "Internet is a biche". Un animal "innocent, dont on ne se méfie pas, mais qui peut être sournois", comme l’explique Camille, étudiante à e-artsup et réalisatrice des vidéos.

"Agir face aux cyber risques"

Tout a commencé en juillet 2018, lorsque les trois écoles concernées ont présenté le projet à leurs étudiants. En plus d’acquérir de nouvelles compétences transversales (organisation, autonomie, travail de groupe…), les étudiants y ont vu l’occasion de parler d’un sujet rarement mis en avant. "Je pense que ce n’est pas la faute de l’utilisateur s’il ne connaît pas les risques. Au contraire, c’est à nous de l’informer, il y a beaucoup d’efforts à faire", assure Maxence, ancien étudiant de l’EPITA et spécialiste en cybersécurité.

Quelques-unes des sept affiches de la campagne. // © photo fournie par l'établissement
Quelques-unes des sept affiches de la campagne. // © photo fournie par l'établissement

Pour lui, la principale difficulté était de vulgariser les termes techniques pour faire passer les messages-clés. Car, même si la campagne de prévention s’adresse en priorité aux collégiens, lycéens et étudiants, pour Maxence, "tous ceux qui ne sont pas éduqués à l’hygiène informatique" sont concernés.

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Un projet inter-écoles

Les cinq élèves de l’EPITA ont donc eu quelques semaines pour cibler les risques les plus importants. Ils correspondent aux sept épisodes de la campagne : se connecter à des sites non sécurisés, ne pas verrouiller son ordinateur avec un mot de passe, noter ses identifiants et mots de passe sur un post-it, installer des applications non fiables, utiliser le même mot de passe sur tous les sites, ne pas protéger sa carte bancaire sans contact ou encore, laisser sa session ouverte dans un lieu public. Autant de gestes qui paraissent anodins mais qui peuvent provoquer beaucoup de dégâts. À commencer par le piratage de vos données personnelles et de vos comptes bancaires.

Pour les scénarios, ce sont les élèves d’e-artsup qui sont entrés en scène. "On a eu un gros travail d’écriture, il fallait que cela corresponde à ce que nous avaient présenté les étudiants d’EPITA", explique Camille. L’étudiante s’est attelée à la création des personnages et des décors, tandis que d’autres équipes s’occupaient de l’animation et du montage vidéo.

Six étudiants d'e-artsup ont réalisé les vidéos. // © Photo fournie par le témoin
Six étudiants d'e-artsup ont réalisé les vidéos. // © Photo fournie par le témoin

À Lille, les étudiants de l’ISEG se sont attaqués à la partie communication : définir les événements auxquels participer, trouver les influenceurs capables de parler de la campagne… "Il fallait tout faire pour faire le 'buzz' et diffuser la campagne sur plusieurs mois au grand public", raconte Laura, actuellement étudiante en cinquième année à l’ISEG.

Six mois de travail et sept vidéos plus tard…

Un an après le lancement du projet, les étudiants se disent ravis du résultat. "Je n’avais aucune connaissance du design numérique, maintenant, je sais comment ça se passe, comment on monte une vidéo…", affirme Laura. Pour Maxence et Camille aussi, le fait de découvrir un autre secteur d’activité a été une richesse. "C’est plus complexe que ça en a l’air mais j’ai adoré cette pluridisciplinarité", poursuit l’ingénieur. "Le plus difficile, c’est d’avoir réussi à publier autant de vidéos en si peu de temps. On est sorti de notre zone de confort, ce qui est très formateur", ajoute Camille.

Les sept vidéos des étudiants vont être diffusées sur les réseaux sociaux et dans les salles de classe. Elles sont d’ores et déjà accessibles sur les chaînes YouTube des écoles.