Diplômes : des clés pour l’emploi ?

Par Virginie Bertereau, publié le 30 Juin 2008
3 min

Aujourd’hui, est-il vraiment utile d’être diplômé pour entrer sur le marché du travail (et y rester) ? Réponse : oui ! Selon l’étude Génération 2004 du Céreq (Centre d'études et de recherche sur les qualifications) publiée en juin 2008, 14 % des jeunes sortis en 2004 du système éducatif sont au chômage trois ans après. Très nettement, ce sont les "sans-diplôme" les plus pénalisés : quasiment un tiers d’entre eux n’ont pas de travail. Pourtant, décrocher un CAP (certificat d’aptitude professionnelle) ou un BEP (brevet d’études professionnelles) réduit le taux de chômage à 17 % et un bac professionnel ou technologique à 13 %. En revanche, le bac général, seul, ne suffit pas à trouver du travail : seulement 62 % des bacheliers 2004 sont en emploi en 2007 (contre 58 % pour les sans-diplôme). Pour la plupart, reprendre des études s’est révélé nécessaire.

Bac + 5, stars de l’insertion


Étudier dans le supérieur… le jeu en vaut la chandelle. Avec un bac + 2, les salaires grimpent (+ 200 € net par mois) et les conditions deviennent plus favorables. Par exemple, la part des jeunes en contrat à durée déterminée chute (25 % contre 43 % avec un bac général). Finalement, passer une licence générale et/ou une maîtrise, n’apporte pas de bénéfices en plus… Le taux d’emploi des bac + 2 professionnels est même meilleur qu’à ces deux niveaux (88 % contre 83 %). Quitte à poursuivre sa formation un peu plus loin, autant pousser jusqu’au bac + 5. Avec au minimum 90 % des diplômés 2004 en emploi en 2007, le niveau master reste une valeur sûre... En revanche, avoir un doctorat ne permet pas de s’insérer plus vite sur le marché du travail. Au contraire… 8 % des titulaires de thèse sondés sont au chômage au bout de trois ans. Soit un point de plus que les titulaires d’un bac + 2…

Salaires en côte douce


La palme de la meilleure insertion revient aux jeunes issus des écoles de commerce et d’ingénieurs. Au moment de l’étude du Céreq, 94 % de la Génération 2004 étaient en emploi, 4 % au chômage (soit - 4 % par rapport à la Génération 2001). Ces bons résultats sont confirmés par une autre enquête : celle que réalise chaque année (2) la CGE (Conférence des grandes écoles). Depuis cinq ans, tous les indicateurs, notamment la part en activité professionnelle (+ 18 % par rapport à 2003), ne cessent d’augmenter. Les pics mesurés en l’an 2000, à l’époque de la bulle Internet, ne sont pas loin... Seul hic : les salaires hors primes qui évoluent, mais doucement (+ 1,9 % par rapport à l’enquête 2007). La faute à l’inflation… Pas de quoi s’alarmer : primes comprises, le salaire moyen brut annuel d’un diplômé passe en effet de 32.350 € à 35.370 € !

La clé de l’emploi


Faire des études longues (mais pas trop), et surtout en grande école, serait donc la clé de l’emploi. Problème : chaque année, 17 % des jeunes (un sur six !) quittent le secondaire avec rien en poche selon le Cerc (Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale) et se retrouvent exposés "au chômage et à la précarité (3)". Soit environ 120.000 personnes non qualifiées qui tentent d’entrer sur le marché du travail. Lutter contre l’échec au cours de la formation initiale, revaloriser l’enseignement professionnel (dont l’apprentissage) : voilà les défis à relever. Mais comment faire ?


(1) Étude Génération 2004 "Être diplômé de l'enseignement supérieur, un atout pour entrer dans la vie active ?", Céreq, juin 2008.
(2) Enquête sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés des grandes écoles d’ingénieurs et de commerce, promotions 2006 et 2007, CGE, juin 2008.
(3) Rapport "Un devoir national, l'insertion des jeunes sans diplôme", Cerc, juin 2008. 

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