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Engagement associatif : comment en faire un atout face aux recruteurs

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Pour valoriser son expérience associative devant un recruteur, il faut "la raconter en résonnance avec ce que cela pourrait apporter comme qualités professionnelles", conseille Guilène Bertin-Perri, secrétaire générale de la Fondation Deloitte. // © DR
Pour valoriser son expérience associative devant un recruteur, il faut "la raconter en résonnance avec ce que cela pourrait apporter comme qualités professionnelles", conseille Guilène Bertin-Perri, secrétaire générale de la Fondation Deloitte. // © DR

Les universités valorisent de plus en plus l’engagement associatif de leurs étudiants via notamment la délivrance de crédits ECTS. Des expériences bénévoles qui plaisent aux recruteurs, à la recherche autant de compétences que de savoir-être. À condition toutefois de ne pas le faire n'importe comment…

"C'est une bonne initiative que les universités incitent les étudiants à s'engager dans une association, car c'est une tendance présente depuis longtemps dans les écoles et c'est un bémol de voir sur un CV qu'un candidat n'a pas eu ce genre d'expérience", reconnaît Guilène Bertin-Perri, secrétaire générale de la Fondation Deloitte. Isabelle Jambaqué-Aubourg, vice-présidente du Cevu de Paris-Descartes partage ce point de vue : "L'université ne doit pas seulement délivrer des connaissances académiques, mais aussi encourager le savoir-faire et le savoir-être."

Profiter de l'expérience pour acquérir des compétences

Romain Delore, responsable associatif intervenant dans l'UE (unité d'enseignement) engagement associatif de Lyon 2, a bataillé plusieurs années pour la création d'une telle option. "Il était nécessaire que l'université reconnaisse l'importance de l'engagement associatif, c'est la mise en application de compétences au service du bien, cela montre des qualités humaines qui font la différence sur un CV", affirme-t-il. Pour Allan Rochette, vice-président étudiant de l'université d'Avignon et des Pays de Vaucluse, l'engagement associatif aide à "développer des compétences qui ne relèvent pas de la formation universitaire de base, comme la gestion de projets, d'équipes, ou encore la prise de parole en public."

Saber, 24 ans, étudiant en M2 (master 2) recherche génétique biologie cellulaire et développement à l'université Paris-Sud, a validé son DU (diplôme d'université) REEVU (reconnaissance de l'engagement étudiant dans la vie universitaire) l'année dernière. "J'ai créé un site Internet pour l'association étudiante du magistère et je suis aussi devenu son vice-président, cela va me permettre de faire reconnaître mes compétences en informatique, mais aussi mes capacités d'organisation d'un projet structuré", explique-t-il. Pour Hélène, 20 ans, qui était l'année dernière en L2 arts du spectacle à l'université Stendhal (Grenoble 3), son engagement au sein de l'association étudiante Arts Mêlés lui a permis de se "créer un réseau dans un milieu à l'accès difficile".

L'inscrire dans son projet professionnel

Pour valoriser cette expérience devant un recruteur, il faut "la raconter en résonnance avec ce que cela pourrait apporter comme qualités professionnelles", conseille Guilène Bertin-Perri. Les universités proposent généralement à leurs étudiants de s'aider du portefeuille de compétences, comme à Orléans. "Cet outil numérique du ministère de l'Éducation nationale permet d'identifier avec du recul les qualifications, comme la capacité de gérer des événements, une organisation, s'investir, gérer son temps, obtenir des financements..." énumère Sophie Rager la vice-présidente en charge de la vie étudiante.

Camille, 20 ans, était étudiante l'année dernière à Paris 3, où elle avait choisi l'UE valorisation de l'engagement associatif. Elle a fait du soutien scolaire pour un collégien en difficulté, avec l'AFEV (Association de la fondation étudiante pour la Ville). "Je souhaite devenir professeur des écoles, cette expérience m'a montré que je préférais enseigner dans les écoles primaires, car ce n'est pas facile de gérer un adolescent en décrochage scolaire", raconte-t-elle. Camille conseille donc de "tenir compte de ses centres d'intérêt et de son projet professionnel pour choisir son association, sinon on risque de ne pas tenir notre engagement, cela nécessite beaucoup de temps et d'énergie".

Le faire parce qu'on y croit…

"L'expérience de l'associatif est un premier pas vers le marché du travail, d'autant plus qu'en Rhône-Alpes, l'un des bassins de l'emploi est l'économie solidaire", précise Murielle Franville, chargée des stages et de l'insertion professionnelle à l'université Stendhal (Grenoble 3). Elle considère également que c'est "une activité nécessaire pour travailler sur la connaissance de soi, voir ses points forts et ses motivations."

Damien Crequer, cofondateur du cabinet de recrutement Taste constate que "les recruteurs sont plus attentifs au savoir-être qu'aux compétences. C'est une qualité qui permet de s'intégrer facilement dans l'entreprise". "Les écoles de commerce obligent souvent leurs étudiants à être dans des associations, mais les recruteurs ne sont pas aveugles, ils voient quand ce n'est pas un engagement motivé", met-il en garde. "D'autres expériences peuvent valoriser un CV, que cela soit travailler à côté de ses études ou monter sa propre entreprise", nuance Damien Crequer.