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Métiers de la com' : futurs diplômés, comment s’armer pour passer la crise

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Pour mettre toutes les chances de votre côté d'être embauché(e) en ces jours difficiles pour le secteur de la com', multipliez les cordes en misant par exemple sur le digital et les réseaux sociaux. // © Plainpicture/PhotoAlto. // © PlainPicture / PhotoAlto
Pour mettre toutes les chances de votre côté d'être embauché(e) en ces jours difficiles pour le secteur de la com', multipliez les cordes en misant par exemple sur le digital et les réseaux sociaux. // © Plainpicture/PhotoAlto. // © PlainPicture / PhotoAlto

Des offres de CDI qui se raréfient, des entreprises qui taillent dans leur budget com’ pour cause de crise : la période est plutôt aux vaches maigres dans le secteur de la communication. Pour autant, les jeunes continuent à plébisciter ces métiers. À tort ? Pas forcément… à condition de se forger un profil multifacettes. Explications.

"À moi la gloire et les paillettes", imaginait Cyril, 23 ans, lorsqu'il a décroché son BTS (brevet de technicien supérieur) communication obtenu à l'ESP (École supérieure de publicité) en 2014. Huit mois plus tard, c'est la désillusion. Le jeune diplômé a beau éplucher les annonces dans les moindres recoins de la Toile, envoyer des dizaines de candidatures spontanées chaque semaine, il n'est toujours pas parvenu à décrocher ne serait-ce qu'un seul entretien.

Marion, 26 ans, chargée de conférences, a eu un peu plus de chances. Elle effectue sa première mission, d'une durée déterminée de sept mois, après plusieurs stages dans divers services de communication de Public Sénat, du ministère de l'Intérieur et du Groupe L'Express-Roularta. Mais cette diplômée du Celsa (en master de communication, marketing et management) ne désespère pas de signer son premier CDI (contrat à durée indéterminée).

Période de vaches maigres

Ce rêve, pourtant, s'avère de plus en plus difficile à réaliser car, dixit les professionnels, il y a beaucoup d'appelés pour très peu d'élus et le niveau d'exigence est de plus en plus élevé. "La communication est un secteur touché de plein fouet par la crise, comme en attestent les 32.000 demandeurs d'emploi dans les secteurs de l'édition et de la communication recensés en juillet 2012 par la DARES (Direction de l'animation de la recherche des études et des statistiques). "En période de vaches maigres, les entreprises taillent dans leur budget com'. Elles n'ont plus les moyens d'organiser de grands événements", explique Aude de Castet, qui vient tout juste de créer son agence après avoir assuré la direction de la communication au CJD (Centre des jeunes dirigeants).

Seules 28 % des offres en CDI

Du coup, les postes à pourvoir se tarissent. Selon Géojobs.fr, sur les huit dernières semaines (entre mi-octobre et mi-décembre 2014), 8.624 offres d'emploi dans la communication via 2.981 entreprises ont été publiées sur 557 sites, dont Géojobs (voir la carte). "Cela correspond à 4.444 offres uniques réelles, hors doublons, ou encore 3.788 offres en direct, c'est-à-dire hors agences d'intérim et cabinets de recrutement", calcule Diego de Brisoult, fondateur du site. Et d'ajouter : seules 28 % des offres sont des CDI.

Véronique Speltdoorn, fondatrice et responsable du cabinet de recrutement Accil, enfonce le clou : "Le nombre de postes à pourvoir dans le secteur est insuffisant pour absorber les vagues successives de jeunes diplômés en communication qui débarquent en masse, chaque année, sur le marché du travail."

L'avenir du métier est dans le digital

Faut-il pour autant s'éloigner de ces métiers au risque de ne jamais pouvoir franchir la porte d'une entreprise ou d'une agence ? Pour Aude de Castet, la réponse est non : "Encore faut-il s'armer de patience, entretenir son réseau en multipliant des stages tout au long de son cursus et, surtout, bien se former au digital." Car la révolution Internet, qui touche le secteur, crée de nouvelles opportunités. "Les marques ne sont plus les seules à parler d'elles, d'où l'émergence de métiers liés à la conversation, aux contenus ou à la gestion de la réputation", explique Corinne Longuet, fondatrice de l'agence Plurimedia-training.com. Sans compter que les métiers de la communication interne aux entreprises bénéficient, eux aussi, de l'impact du digital, avec le développement des réseaux sociaux et l'utilisation massive d'outils collaboratifs au sein même des groupes.

Par conséquent, même si les places sont limitées, certains profils sont particulièrement recherchés. Aux côtés des postes généralistes – chef de pub, responsable communication ou attaché de presse –, qui ciblent souvent des professionnels expérimentés, les métiers liés à la communication digitale constituent une part importante des recrutements prévus dans les prochains mois. Pour preuve : selon l'enquête "Profils & Formation, les attentes des recruteurs" réalisée par l'ESD (École supérieure du digital) auprès de 70 agences et annonceurs en octobre 2014, 65 % des entreprises interrogées ont recruté dans l'année et 65 % comptent gonfler leurs effectifs dans les prochains mois, essentiellement dans des métiers liés au numérique.

Des stratèges, créatifs, producteurs d'idées...

Avec les nouvelles technologies, la com' se décline sous toutes ces formes. Ainsi, certains, tout juste diplômés, peuvent postuler comme assistants au chef de projet communication, d'autres comme chargés de communication interne ou externe, comme community managers, voire comme attachés de presse junior. "Mais tous les métiers exigent des qualités communes : sans être un expert dans chaque domaine, les jeunes doivent cumuler les compétences et avoir plus d'une corde à leur arc", explique Marie-Céline Terré, fondatrice de Ozinfos, une agence de communication.

Les professionnels de la com' doivent être tour à tour stratèges, créatifs, producteurs d'idées. Ils doivent avoir aussi le sens de l'écoute et un goût pour les relations humaines, de la curiosité, le sens de l'organisation, de la souplesse, une bonne culture générale et surtout maîtriser parfaitement l'orthographe", insiste Marie-Céline Terré. En effet, plume aguerrie, ils devront s'adresser à tous les publics et rédiger des brèves, des communiqués, monter des dossiers de presse et assurer souvent le suivi avec les journalistes, répondre au téléphone ou encore décrocher des partenariats. "Et avec l'explosion du Web, il faut savoir manier certains logiciels et être à l'aise avec les nouvelles technologies. Enfin, l'ouverture vers de nouveaux marchés étant essentielle, les langues jouent un rôle capital. Si l'anglais fait bien sûr partie des prérequis pour tous les communicants, d'autres langues peuvent se révéler fort utiles", ajoute Corinne Longuet.

Lire en complément : Postuler dans la communication : un CV (presque) parfait.

Un bac+2 rarement suffisant

Devant le nombre croissant de concurrents, un bac+2 est rarement suffisant. Les entreprises privilégient surtout les niveaux masters universitaires, avec une orientation en information et communication, ou les diplômes d'écoles supérieures (Celsa, Sup de pub, Sciences Com, EFAP, IDRAC, ISCPA...). "Une formation généraliste [droit, commerce, management, gestion, sciences humaines, etc., NDLR], pour élargir leur horizon et développer leur autonomie, est la bienvenue", nuance Marie-Céline Terré. "Dans tous les cas, les formations en alternance sont, dans ce domaine, le meilleur passeport pour l'emploi, d'autant que les entreprises de communication demandent de plus en plus de jeunes qualifiés avec de l'expérience", certifie Aude de Castet.

Pour quels salaires ?

Le salaire est variable en fonction du profil du candidat, de l'entreprise et du secteur d'activité. "Et les disparités sont grandes... Mais devant l'afflux de candidats pour chaque offre, la rémunération a tendance à être révisée à la baisse. La profession se paupérise", avertit Pierre Schlegel, fondateur de l'agence Delux. En moyenne, un débutant se situera sur une fourchette de 20 k€ à 24 k€ brut annuels et pourra atteindre, au bout de trois à cinq ans, une fourchette de 30 k€ à 35 k€ brut annuels. À bon entendeur…

Les offres d'emploi dans la communication (mi-octobre et mi-décembre 2014)
La carte ci-dessous indique, région par région, le nombre d'offres d'emploi pour la fonction marketing déposées sur le site GéoJobs.fr. Sur les huit dernières semaines, 8.624 offres d'emploi dans la communication, via 2.981 entreprises, ont été publiées.

Carte GéoJobs.Fr -  Communication

POUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Les métiers de la communication", par Christine Aubrée.