Emploi des jeunes : mieux qu'hier, et moins bien que demain ?

Par Marie-Anne Nourry, publié le 28 Septembre 2010
4 min
Bonne nouvelle : l'horizon semble enfin s’éclaircir pour les jeunes diplômés. Certes, les débutants continuent de subir les effets de la crise économique, mais les entreprises ont fortement augmenté le nombre d’offres qui leur sont proposées. L’APEC (Association pour l’emploi des cadres) a mené l’enquête auprès de 4.000 jeunes qui ont obtenu leur diplôme en 2009.

Un contexte toujours morose


En l’espace d’un an, le taux d’accès des jeunes diplômés à un premier emploi a reculé (70 % en 2010 contre 75% en 2009). Mais cette baisse est moins forte que celle constatée lors de la précédente enquête de l’APEC. "Nous nous dirigeons vers une nette amélioration", soutient Jacky Chatelain directeur général de l’APEC. Pour preuve, "les intentions d’embauche des entreprises ont augmenté au 3e trimestre 2010".

Depuis le printemps 2010, les jeunes diplômés commencent à bénéficier de l’amélioration de la conjoncture. Toutefois, ils sont conscients de se retrouver en concurrence avec les jeunes des promotions précédentes, qui n’ont pas encore trouvé d’emploi. "Loin de se voir comme une génération sacrifiée, ils ont intégré le fait que les règles ont changé", ajoute Jacky Chatelain.

Des offres en hausse


Le nombre d’offres ouvertes aux débutants a augmenté de 75% sur les 8 premiers mois de l’année 2010. Cette progression est particulièrement prononcée à partir du mois de juin, "en phase avec l’amélioration de la conjoncture dans l’Hexagone".

Cependant, la durée de recherche d’emploi s’allonge : 5,8 mois en 2010 contre 5,4 mois en 2009 et 4,8 mois en 2008. Ce sont les diplômés issus de la filière "arts, édition, communication, journalisme" qui connaissent la plus longue durée de recherche d’emploi (8,9 mois). Cette recherche s’avère souvent "intense et laborieuse" puisque plus de la moitié des jeunes ont envoyé plus de 50 candidatures.

Grandes écoles : un accès à l’emploi plus difficile


Toujours en tête de peloton, les écoles de commerce et les écoles d’ingénieurs affichent des taux d’emploi (respectivement 65% et 64%) plus élevés que l’université (59%). Mais elles ont davantage été affectées par la crise. En 2007, les taux d’emploi des écoles de commerce s’élevaient à 81%, et ceux des écoles d’ingénieurs à 88%.

D’après Jacky Chatelain, "cette chute s’explique par le recul de la production industrielle mais aussi par le comportement des diplômés d’écoles qui sont plus exigeants quant à la qualité de l’emploi occupé (intérêt des missions, salaires, statut de cadre…) et qui n’hésitent pas à s’accorder un délai de recherche plus long pour trouver l’emploi correspondant à leurs attentes".

En outre, les diplômés d’école ont un avantage par rapport aux universitaires : "le clonage". Les Polytechniciens recrutent des Polytechniciens, les Centraliens des Centraliens, et ainsi de suite. Au détriment des ingénieurs universitaires. Seulement 41% d’entre eux sont en poste, 8 mois après la fin de leur cursus, contre 64% des diplômés d’écoles. Cet avantage s’estompe dans certaines filières, comme l’informatique, où la demande de la part des entreprises est particulièrement forte.

Quelques filières tirent leur épingle du jeu


La baisse du taux d’emploi concerne la quasi-totalité des filières mais certaines disciplines s’en sortent mieux que d’autres. C’est le cas de la filière "médical, pharmacie, paramédical, socioculturel" qui occupe la première marche du podium avec 9 diplômés sur 10 en poste, 8 mois après l’obtention du diplôme. Elle est suivie par "informatique, télécoms, technologies multimédia » et – grande surprise – par la filière « sciences humaines" qui est tirée par le bon taux d’emploi des diplômés en psychologie (76%).

Les plus fortes baisses sont constatées dans les filières ayant une orientation scientifique, notamment "agronomie, alimentaire, environnement, écologie" (- 16 points).

Des conditions d’embauche dégradées


Le nombre de CDD (contrats à durée déterminée) augmente systématiquement en période de crise. Ainsi, 44% des jeunes en poste ont signé un CDD, 5% sont en intérim et 47% en CDI (contrat à durée indéterminée). Le secteur public est de loin le plus gros consommateur de CDD mais, selon Pierre Lamblin, directeur du département études et recherche de l’APEC, « le niveau de satisfaction des jeunes est très élevé ». Dans le privé, le CDD est souvent assimilé à une période d’essai, et 85% de ces contrats se transforment en CDI la 2e année.

63% des jeunes interrogés déclarent avoir accédé au statut de cadre, contre 70% en 2008. Les universitaires sont les moins bien lotis puisque seulement 1 jeune sur 2 est cadre, contre 9 ingénieurs sur 10. Globalement, la satisfaction des jeunes continuent de baisser : 32% des jeunes en poste estiment que leur emploi est en dessous de leur qualification.

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