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Harcèlement scolaire : victime ou témoin, à qui en parler ?

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En 2016-2017, 55.828 victimes, témoins ou auteurs de violences ont eu recours aux dispositifs téléphoniques déployés par l'Éducation nationale. // © Nathan Vreesmarc/PACHACAMAC-REA
En 2016-2017, 55.828 victimes, témoins ou auteurs de violences ont eu recours aux dispositifs téléphoniques déployés par l'Éducation nationale. // © Nathan Vreesmarc/PACHACAMAC-REA

La journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire est fixée au jeudi 8 novembre 2018. Que l'on soit victime ou témoin, il est essentiel de trouver les mots pour en parler.

Stop au cyberharcèlement : c'est le thème retenu par le gouvernement cette année pour sa campagne de prévention, à l’occasion de la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, le jeudi 8 novembre 2018. Plus de la moitié des victimes – 700.000 élèves selon les derniers chiffres, datés de 2015, du ministère de l'Éducation nationale – y ont déjà été confrontés.

Mais quelle que soit la nature du harcèlement, l’important est de dénoncer ces violences.

Reconnaître les situations de harcèlement scolaire

"J’ai été harcelée toute mon enfance, et encore plus au collège", se souvient Emma, aujourd’hui étudiante en première année de licence d’histoire à Grenoble. De la sixième à la quatrième, elle a subi des violences physiques et verbales, notamment des moqueries, à propos de ses problèmes de surdité.

Un harcèlement dont les victimes n’ont pas toujours conscience, car il peut revêtir plusieurs formes : insultes, moqueries, menaces, bousculades, intimidations, diffusion de rumeurs, messages injurieux ou sexting (diffusion d’images pornographiques)…

"Les jeunes ont tendance à sous-estimer la puissance d’Internet", s’indigne Samuel Comblez, directeur des opérations au sein de l’association e-Enfance. Il faut savoir faire la part des choses et bien définir ce qu'est le harcèlement, souligne-t-il. Il s’agit d’un acte agressif, intentionnel et surtout répété vis-à-vis d’un élève." Que vous soyez victime ou témoin, comment réagir ?

Avertir l'entourage

Emma a tout de suite compris que ces comportements déplacés n’avaient rien d’anodins. "J’étais exclue par les autres élèves, c’était dur, mais je ne voulais pas en parler", avoue-t-elle. Pourtant, aujourd’hui, l'étudiante le reconnaît : "Il faut alerter le plus tôt possible, même si on a peur des représailles ou du regard des autres."

Vous pouvez aussi bien vous adresser à l’un de vos proches – vos parents ou vos amis – tout comme à vos professeurs, au CPE (conseiller principal d’éducation) ou à l’infirmière scolaire. Idem si vous pensez être témoin de harcèlement.

Une attitude qui s'est avérée efficace dans le cas d’Emma : ses harceleurs ont rapidement été sanctionnés. "Certains ont même été virés du collège", se rappelle-t-elle.

Chaque académie dispose de référents "harcèlement", chargés de repérer les victimes, de les accompagner et de sensibiliser les familles. Depuis 2015, des élèves-ambassadeurs sont présents dans les collèges et les lycées pour mener des campagnes de prévention.

Se confier aux professionnels

Deux dispositifs téléphoniques ont également été mis en place par l’Éducation nationale. Les élèves peuvent appeler gratuitement et anonymement la plate-forme "Stop au harcèlement à l’école" au 30.20, ou Net Ecoute au 0800.200.000. En 2016–2017, 55.828 victimes, témoins et auteurs de violences, y ont eu recours.

"On essaie de les écouter pour comprendre leur situation et déterminer s’il est question de harcèlement, puis on encourage la victime à s’adresser à un adulte de confiance pour dénoncer les faits ou faire un signalement", détaille Samuel Comblez. Au bout du fil, psychologues, juristes et spécialistes des réseaux sociaux épaulent les élèves jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée.

Victimes, témoins et harceleurs sont encouragés à parler. "On rappelle souvent aux auteurs des faits qu’ils risquent une amende ou une peine de prison. Le harcèlement est considéré comme un délit. Ne pas témoigner l'est également", pointe Samuel Comblez.