Les coulisses d’un CFIM de l’armée de Terre

mis à jour le 12 Octobre 2021
7 min

Dans toute la France, 11 Centres de formation initiale des militaires du rang (CFIM) mettent à l’épreuve et accompagnent des milliers d’engagés. Du déroulement de la formation à la journée type d’un engagé, vous vous demandez comment devenir militaire ? L’aventure commence dans des centres comme celui de Caylus (82).

Formation militaire : bien préparer son projet avant d’entrer dans l’armée

Avant même d’arriver en centre, avoir un projet de carrière dans les forces armées est un plus. Ce projet constitue la source de motivation pour la vie quotidienne en CFIM comme pour les épreuves qui suivront. Illustration avec le capitaine Matthieu, commandant d’unité de la 11e compagnie d’instruction du CFIM de Caylus :

« L’idéal est d’arriver au CFIM avec une idée précise de ce qu’on veut faire. Les engagés qui réussissent le mieux sont ceux qui se sont renseignés sur une spécialité qui les intéresse dans l’armée – par exemple, dans les CIRFA (Centres d’information et de recrutement des forces armées) – et qui en ont fait un projet. Après les attentats de novembre 2015, beaucoup se sont engagés sans s’être vraiment informés, ce qui a occasionné quelques départs anticipés. »

Avant de considérer une inscription dans l’armée de Terre, il est également utile de prendre soin de sa condition physique, comme en témoigne Charles, 21 ans, engagé dans l’infanterie parachutiste : « Avant de devenir militaire, je pratiquais un sport quotidiennement, se souvient-il, ce qui ne m’a pas empêché d’être surpris par la vitesse demandée lors des marches au CFIM ! » Le capitaine modère : « Il faut se préparer, mais il faut aussi éviter d’en faire trop et d’arriver blessé, car on peut se démotiver. Je précise qu’avant d’entrer au CFIM, les Engagés volontaires initiaux (EVI) passent des tests sur la base desquels nous constituons des groupes de niveau avec notre cellule sport. Le but est que chacun progresse. »

Classe militaire : quels sont les cours dispensés ?

Devenir soldat, c’est aussi vivre au rythme d’un groupe. Durant trois mois, les EVI suivent une formation militaire faite d’exercices physiques, mais aussi d’apprentissages de savoir-faire avec d’autres futurs soldats.

Le quotidien d’un Centre de formation militaire apprend donc à reconnaître les outils et les acteurs d’un théâtre d’opérations, comme l’explique le capitaine Matthieu : « Le premier mois, il y a plus de cours théoriques. L’objectif est d’apprendre à monter et à entretenir un fusil Famas, à connaître les règlements militaires, les grades, les principes de la légitime défense, le droit des conflits armés. » Des cours très différents d’une formation dans le civil, explique Charles : « D’abord, les thèmes abordés n’ont rien à voir, puisque j’ai étudié les mines, les sous-munitions et les armes chimiques ! Et il est très facile de poser des questions aux formateurs – tous cadres militaires en régiments opérationnels –, car ils se rendent disponibles en cours. »

Entrer dans l’armée, c’est donc aussi en acquérir les codes. L’exercice, le goût de l’effort, tous ces éléments font partie intégrante de la formation au CFIM de Caylus. Marche en montagne, formation à l’entretien des armes, parcours du combattant, tous ces éléments visent à former le physique et le mental de l’engagé. « Après leur lever à 6 heures, leur toilette et leur petit déjeuner, les EVI commencent généralement par une séance de musculation, un entraînement aux techniques de combat à mains nues ou une course d’orientation. Les sections de parachutistes ont des exercices supplémentaires qu’on appelle PACT (Pompes, abdos, corde et traction). »

En effet, la vie et la formation en CFIM sont des moments formateurs, mais exigeants. Pouvoir se déplacer et s’exercer avec son équipement de mission devient vite une des conditions de réussite lors de la formation : « Nous appelons ça la “méthode naturelle”, explique le capitaine. De même, la marche longue avec l’équipement complet (paquetage, arme et gilet de protection) fait cinq kilomètres en début de formation pour atteindre vingt kilomètres à la fin. »

Le retour d’expérience de Charles au sein d’un CFIM

Engagé dans un régiment d’infanterie parachutiste, Charles témoigne de son parcours en CFIM (prononcez « céfime ») : « Mes copains et ma famille ont toujours su que je voulais devenir militaire. Lorsque je suis entré au CFIM de Caylus (82), il y a trois mois, cela n’a été une surprise pour personne. »

Depuis 2010, ce ne sont pas moins de 70 000 EVI qui ont été formés en CFIM. Les conseils de Charles pour réussir sa période de formation ? « Il ne faut pas jouer la forte tête ni être trop à l’aise avec l’encadrement. Il faut être volontaire dès que l’encadrement demande quelque chose ; il faut être assidu, bien écouter en cours, et surtout, réviser pendant son temps libre. »

Une fois sorti du CFIM, Charles projette de devenir tireur de précision dans un régiment de parachutiste, une orientation dans laquelle son expérience au CFIM aura joué un rôle essentiel.

La journée-type au CFIM de Caylus

6h : lever, douche, lit au carré
6h30–7h : petit déjeuner
7h50 : rassemblement de la compagnie
8h-10h : séance de sport
10h-12h : cours ou exercices
12h-13h15 : déjeuner
13h15–16h : cours ou exercices
16h-18h : séance de sport ou cours ou exercices
18h-19h15 : dîner
19h15 : temps libre ou révisions
22h : coucher

Toutes les deux semaines, une permission de 72 heures est accordée aux engagés, leur permettant de rejoindre leurs proches le temps de quelques jours.

Le salaire pendant le CFIM

Lors de son engagement, l’EVI signe un contrat avec le ministère des Armées, point de départ de son parcours dans les forces armées. Ce contrat implique ainsi une rémunération, puisque le salaire pendant de le CFIM est de 1 315 euros mensuels net. La solde est donc versée dès le début de la formation.

En fonction du grade et du temps de service, les salaires s’élèvent jusqu’à 1 907 euros net par mois pour un officier sous contrat (sous-lieutenant), tout cela en plus des rémunérations ponctuelles des suites d’une opération extérieure (aussi appelée OPEX).

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