1. Ma vie d’étudiant à Oslo : Arnaud adopte le mode "healthy" de la Norvège
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Ma vie d’étudiant à Oslo : Arnaud adopte le mode "healthy" de la Norvège

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L’école Oslo Academy of the Arts est une ancienne usine de voile, qui a été réaménagée par des architectes  norvégiens. // © Delphine Dauvergne
L’école Oslo Academy of the Arts est une ancienne usine de voile, qui a été réaménagée par des architectes norvégiens. // © Delphine Dauvergne

Depuis janvier 2015, Arnaud étudie l’architecture et le design à Oslo. Ce Français de 21 ans est devenu amoureux de ce pays enneigé, où le mode de vie "healthy" inclut le sport, la nourriture, mais aussi l’absence de compétition dans les études.

"La Scandinavie m'attirait pour ses paysages, mais aussi pour son style de vie. Les Norvégiens sont beaucoup plus sportifs que nous. Ils mangent aussi beaucoup mieux", justifie Arnaud, 21 ans, étudiant en 4e année, spécialité architecture intérieure et design, de l'école d'art parisienne Penninghen. "Je suis ‘pescétarien’ : un végétarien qui mange du poisson. C'est un paradis, ici, pour moi avec le saumon fumé !", confie-t-il. L'étudiant français s'est également inscrit à une salle de sport, pour 18 € par mois. "Mais je ne suis pas très assidu…", avoue-t-il.

Pour son second semestre, Arnaud a choisi de partir étudier à la Oslo Academy of the Arts dans le cadre d'un échange Erasmus. "J'avais le choix entre Bergen et Oslo, mais j'ai préféré vivre dans une capitale, c'est plus animée", explique-t-il. Son école lui permet de s'initier au design scandinave.

Une école sans pression

Dans sa classe, ils ne sont que 10 étudiants en architecture pour une trentaine d'élèves au total, toutes spécialités de masters confondues. "À Paris, nous étions au contraire une trentaine dans ma spécialité. Les conditions d'études sont meilleures ici", constate Arnaud. Les étudiants de master se rendent dans une grande salle où chacun a son propre bureau. "Ici, on ne travaille jamais chez soi. C'est très pratique pour fabriquer des prototypes. Nous avons tout à portée de main, avec aussi des ateliers à disposition", indique-t-il. Pour chaque atelier, il faut un certificat de validation de l'établissement pour avoir le droit d'utiliser les machines, que cela soit le four de poterie ou l'atelier scierie pour le bois.

Dans l’atelier consacré au travail du bois, les étudiants ont accès à de vraies machines de professionnels.

"En Norvège, l'approche des cours est très différente par rapport à celle en France. Chaque semaine, le contenu et les horaires changent. On découvre un nouveau logiciel ou une nouvelle approche de création. Nous sommes très libres au niveau des matières que l'on peut suivre et nous utilisons nos connaissances acquises pour réaliser des projets", explique Arnaud. Question évaluation, l'étudiant ne sait pas encore s'il aura réellement des notes… "Je pense que le professeur référant dira si je suis apte à passer au niveau supérieur ou pas. Les Norvégiens sont très ‘humbles’ : il n'y pas de notes, ni de compétition", constate-t-il. Ainsi, les graines d'architectes se sentent plus libres… "À Paris, on nous dit ce que l'on doit faire. Ici, cela ressemble plus aux Beaux-arts. On laisse les étudiants expérimenter ce qu'ils veulent."

Des clichés aux bonnes surprises

"En partant de France, je m'étais suréquipé de gants, chaussettes, pulls, etc.. En arrivant, il faisait certes -8°C, mais le climat est sec, donc le froid se ressent moins", assure Arnaud, qui s'est vite habitué à la température. Le Français a été "agréablement surpris" par les Norvégiens. "Tous mes camarades sont très accueillants, polis, loin du cliché ‘froids’ que l'on peut avoir d'eux". Parmi les surprises sur place, celle de l'âge des étudiants. "Ils ont tous 26-27 ans, car ils ont souvent fait une école spécialisée avant."

Dans la salle réservée aux bureaux des élèves de masters, les étudiants en master ont chacun leur bureau et peuvent même rester travailler la nuit si besoin.

Le métro pour aller skier

Le rythme à l'école, hors période de rush, est souvent calé sur du 9h00-16h00. "Les Norvégiens mangent souvent leur repas vers 17h00 seulement. À midi, ils avalent surtout un petit snack et un café", témoigne Arnaud. Logeant près de l'école, l'étudiant utilise peu les transports. Mais il prévient : "il vaut mieux acheter les tickets en dehors des bus car ils coûtent 20 couronnes (2 €) de plus à l'intérieur".

À Oslo, la vie étudiante est "très active", selon Arnaud. Des sorties groupées s'organisent avec les autres étudiants en échange. Le Français est ainsi parti à Tromsø pour admirer les lumières polaires. "Un des plus beaux moments de ma vie !", s'extasie-t-il. Voyager est assez facile, "les vols internes ne sont pas chers. On peut même prendre le métro pour accéder à une station de ski".

Logé chez l'habitant

Pour s'immerger complètement dans le pays, Arnaud a choisi de loger chez l'habitant, à 5 minutes à pied de son école. Il paye 1.000 € par mois pour une chambre de 14m², dans le logement qu'il partage avec un couple d'une trentaine d'années. "Cela me permet de vivre vraiment comme les Norvégiens, contrairement aux résidences étudiantes qui sont plutôt multiculturelles. Mes propriétaires me donnent beaucoup de conseils, ils cuisinent des plats de leur pays et moi du mien", raconte Arnaud. Pour parfaire son immersion, Arnaud prend deux heures cours de norvégien par semaine, organisés par son école pour les étudiants en échange.

Arnaud se rend régulièrement dans la bibliothèque de l’école, où il emprunte des livres et des DVD.

Séduit par la Norvège, Arnaud aimerait y rester pour effectuer son stage de fin d'année, à l'été 2015, et envisage également de revenir y travailler après ses études. Plus tard, le jeune Français souhaite devenir architecte d'intérieur. "Ce qui me plaît, c'est de créer des espaces". Pour le moment, il se heurte à l'administration norvégienne, qui n'autorise les étrangers à travailler que s'ils restent plus de 6 mois sur le territoire. "Un salaire de stagiaire en design s'élève de 100 à 150 couronnes (entre 12 et 18 €) par heure, donc plus qu'en France", souligne Arnaud.

Des sorties coûteuses

Si les salaires sont plus élevés en Norvège, le coût de la vie l'est aussi. "La nourriture est assez chère. Une semaine de courses me coûte 35 €. Je sors beaucoup, notamment dans des restaurants ou des bars. Ce budget-là, je l'estime à 200-250 € par mois. Il faut dire qu'une bière coûte 8 €…", constate-t-il amèrement.

L'alcool (à consommer avec modération) est tellement cher que les Norvégiens profitent quasiment tous de leur passage à l'aéroport pour acheter leur stock en duty-free. Conséquence : beaucoup de soirées se passent surtout chez les étudiants ou certains profitent régulièrement du bar d'une association étudiante de l'école, qui sert des bières à 4,50 € le vendredi soir.

Pour le reste de ses loisirs, Arnaud fréquente beaucoup de musées et d'expos, souvent gratuits pour les étudiants en art. Aidé par ses parents et la bourse Erasmus (entre 200 et 300 € par mois), l'étudiant dépense ainsi environ 1.300 € par mois au total. "Pour choisir la Norvège, il faut prévoir un budget conséquent si l'on veut pouvoir profiter…".