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Bac 2020. Des profs et personnels d’établissements soulagés par le contrôle continu complet

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Les professeurs réagissent plutôt favorablement à la décision d'évaluer le baccalauréat au contrôle continu. // © Drivepix/Adobe Stock
Les professeurs réagissent plutôt favorablement à la décision d'évaluer le baccalauréat au contrôle continu. // © Drivepix/Adobe Stock

Réactions - Les professeurs et syndicats d’enseignants contactés par L’Etudiant saluent pour la plupart la décision de Jean-Michel Blanquer de passer le bac et le brevet en contrôle continu complet. Cela dégagera du temps pour décompresser après le confinement et rattraper les programmes en mai et juin quand les établissements auront rouvert aux élèves.

"Cette modalité de contrôle continu est la solution la moins pire dans ce contexte. Nous sommes dans une situation sanitaire exceptionnellement grave. La priorité est la santé des élèves et des personnels" estime Frédérique Rolet, professeure de lettres et secrétaire générale du syndicat national des enseignants de second degré, SNES-FSU, majoritaire dans les collèges et les lycées.

Pas un bac au rabais, pas de génération sacrifiée

"Les annonces du ministre étaient assez prévisibles, le Premier ministre avait largement défloré le sujet [sur TF1 jeudi 2 avril au soir]", commente Frédérique Rolet qui salue "le maintien d’un bac qui soit légitime pour que les élèves n’aient pas le sentiment d’être une génération sacrifiée pour laquelle l’examen serait bradé".

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Frédérique Rolet refuse le parallèle avec le bac de 1968 : "La sociologie des élèves n’est pas la même, on n’est plus à 3% d’une génération qui obtient le bac mais plutôt à 80%. En 2020, les élèves ont travaillé normalement les deux premiers trimestres. Les moyennes des notes seront prises en compte". La secrétaire générale du SNES-FSU qui se réjouit aussi des garde-fous que seront les jurys départementaux académiques chargés de regarder l’ensemble du dossier scolaire de l’élève : "C’est une garantie qui donnera un caractère de rayonnement national à l’ensemble".

Un choix réaliste dans l'incertitude de la date de réouverture des établissements

Nicolas Anoto, professeur d’histoire-géographie et délégué national UNSA se réjouit également de la décision d’un contrôle continu complet : "Nous demandions cette prise en compte du contrôle continu intégral pour les examens et surtout le bac. C’est le choix le plus réaliste dans la mesure où ne nous connaissons pas la date réelle de la fin du confinement ni de la fin de la fermeture des établissements. Il fallait aussi prendre une décision rapidement pour sécuriser les candidats et les enseignants. Là on est début avril et c’est fait“.

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Nicolas Anoto se réjouit aussi qu’une décision globale ait été prise pour le contrôle continu complet. "Il se joue une question culturelle autour du bac. Même si des syndicats d’enseignants ou de lycéens étaient plutôt pour le maintien d’épreuves, il valait mieux une décision globale pour tous les examens que de faire du cas par cas. Ça nous semble plus juste notamment pour le bac pro par rapport au bac général".

Un bac exceptionnel qui ne doit pas devenir la règle ?

Jean-Rémi Girard, président du SNALC, autre syndicat de professeurs est beaucoup moins enthousiaste : "Cette modalité de contrôle continu est la solution la moins pire. Mais l'an prochain, on espère que le bac se passera dans des conditions normales". Pour le SNALC, "malgré les circonstances exceptionnelles que nous vivons, [il faut que] le baccalauréat et le brevet 2020 aient un sens (…). L’annonce de bon sens faite par le ministre aujourd’hui devra être discutée et travaillée afin de trouver les modalités permettant, notamment, de prendre en compte les situations particulières“.

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Le syndicat se veut en particulier "extrêmement vigilant sur la possibilité réelle d’organiser des oraux de français sans mettre en danger personnels et élèves, et a déjà entamé le dialogue". Le SNALC – qui goûte peu le passage d'examen en contrôle continu – rappelle son attachement aux "épreuves nationales, finales et anonymes : "Ce qui se passe cette année est une organisation exceptionnelle due à une situation exceptionnelle".

Vers des taux de réussite au bac équivalents aux autres années ?

Du côté des proviseurs de lycée, on confie également son soulagement. "Maintenir une épreuve finale n’aurait pas été une bonne solution. Le bon sens l’a emporté. Beaucoup d’élèves étaient stressés. Au moins maintenant on a des règles du jeu fixées et claires pour tout le monde", se réjouit Florence Delannoy proviseure de lycée dans les Hauts-de-France. "On militait pour un contrôle continu intégral, c'est le mieux pour maintenir l’équité entre élèves qui ne peut être garantie actuellement".

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Lysiane Gervais, proviseure et secrétaire nationale du SNPDEN, abonde : "Nous nous étions mobilisés pour demander exactement ce qu’a annoncé Jean-Michel Blanquer. C'était stressant de ne pas savoir ce qui allait se passer alors que nous voyions bien que la situation sanitaire n’offrait pas de garanties pour pouvoir passer le baccalauréat habituel ou le brevet dans de bonnes conditions".

Après ces annonces, Lysiane Gervais estime que les examens vont pouvoir se réaliser désormais "dans de très bonnes conditions". "C’est vraiment une garantie de traitement individuel des élèves et on saura bien le faire“. Lysiane Gervais se veut même optimiste sur le cru très spécial du bac 2020 : “Je suis à peu près sûre qu’on va avoir des pourcentages de réussite au baccalauréat qui seront à peu près ceux que nous connaissions jusqu’à présent“.

Oral de français maintenu : l'incompréhension des professeurs de lettres.
"Beaucoup de collègues ne comprennent pas pourquoi alors qu'on a supprimé toutes les autres épreuves, le ministre entend conserver l'oral de français" constate Frédérique Rolet : "Penser qu'on pourra avoir les conditions de sécurité sanitaire quand on est autant de personnes examinateurs dans les établissements parait peu concevable", pointe la secrétaire générale du SNES-FSU. "D'autant que souvent on réalise des oraux blancs pour préparer l'épreuve anticipée de français. On ne pourra pas tout faire au 3e trimestre. A circonstances exceptionnelles modalités exceptionnelles et ça vaut pour tout le monde !"