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Le grand oral du bac perturbé par des grèves de jury ?

Les professeurs de SES mettent en cause  la lourdeur des programmes.
Les professeurs de SES mettent en cause la lourdeur des programmes. © DEEPOL by plainpicture/zerocreatives
Par Marine Ilario, publié le 19 juin 2024
3 min

L’association des professeurs de SES appelle à un mouvement de grève des enseignants évaluateurs au grand oral prévue du 24 juin au 3 juillet pour protester contre le manque de temps alloué à la préparation de l’épreuve avec leurs élèves.

Ils n’ont eu de cesse d’alerter sur le manque de temps de préparation pour le grand oral du fait de la lourdeur des programmes en SES. L’APSES (l’association des professeurs de SES) appelle à un mouvement de grève des enseignants évaluateurs à l’occasion de cette dernière épreuve du bac (prévue du 24 juin au 3 juillet) qui pourrait bien perturber son organisation.

"On n’est pas prêt à évaluer un examen"

Dans son communiqué, l’association explique les raisons qui la pousse à faire cet appel. "La plupart d’entre nous n’ont pas pu préparer cette épreuve dans le cadre des cours, laissant les élèves seuls face à eux-mêmes (et leur capital culturel) pour réussir cette épreuve mal pensée et injuste."

En cause : la lourdeur des programmes de SES. "Le programme a augmenté de 70% alors que nous n’avons eu que 35% de temps supplémentaire pour le travailler", précise Louis Boulay, membre du bureau national de l’APSES. Les enseignants en SES ont alors subi "un rythme intenable sans avoir le temps de préparer le grand oral avec les élèves".

L’APSES va même jusqu’à dénoncer une "maltraitance infligée aux collègues et aux élèves par l’institution" dans son communiqué. Face à cette situation, "on n’est pas prêt à évaluer un examen", souffle Louis Boulay.

La tenue du grand oral perturbé ?

Cet appel à la grève risque de venir perturber, voire compromettre la tenue de l’épreuve si un certain nombre de professeurs évaluateurs manquent à l’appel.

Mais Louis Boulay rappelle que cette nouvelle manifestation est aussi faite "pour les élèves qui nous disent ne pas avoir eu le temps de préparer l’épreuve. On refuse qu’ils soient pénalisés sur un examen qui compte quand même pour 10% de la note finale du bac".

Sans compter les risques d’inégalités qui en découlent pour ces derniers. "L’épreuve va être discriminante parce qu’elle se base sur des compétences que l’on n’a pas pu travailler en classe", regrette Louis Boulay. Autrement dit, "il y aura les élèves qui auront pu s’entraîner chez eux, peut-être avec l’aide de leur famille et les autres".

Pour l’heure, le ministère de l’Éducation nationale n’a pas encore réagi à cet appel et aucune autre association de professeurs ne s’est, pour le moment, jointe au mouvement quand bien même la lourdeur des programmes et les difficultés de préparation au grand oral sont partagées dans d’autres spécialités.

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