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Reportage

Coca-Cola dévoile ses secrets de fabrication à des collégiens

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Les élèves de 4e et 3e du collège Pilâtre-de-Rozier visitent l'usine Coca-Cola de Grigny. // © Etienne Gless
Les élèves de 4e et 3e du collège Pilâtre-de-Rozier visitent l'usine Coca-Cola de Grigny. // © Etienne Gless

Mardi 22 novembre 2016, une quinzaine d'élèves de 4e et 3e du collège Pilâtre-de-Rozier, à Paris, ont visité l'usine de Coca-Cola à Grigny (91) dans le cadre de la semaine École-Entreprise. Reportage.

Siropier, cariste, responsable de la planification, conducteur machine, agent de maintenance, directeur d'usine, commerciaux... Il en faut des professionnels pour confectionner une bouteille de Coca-Cola et l'acheminer jusque dans les magasins ou les cafés ! C'est ce qu'ont découvert Mohammed, Théo et la quinzaine d'autres élèves des classes de 4e et de 3e du collège Pilâtre-de-Rozier, à Paris. Le 22 novembre 2016, ils se sont rendus à Grigny (91) pour visiter l'une des cinq usines qui fabriquent le fameux soda en France. Ceci dans le cadre de la semaine École-Entreprise qui se déroule du 21 novembre au 25 novembre 2016. Chaque année, depuis l'an 2000, cet événement sensibilise collégiens et lycéens au monde de l'entreprise.

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De le production à la vente : trois types de métiers

"Monsieur, pourquoi vous avez du Fanta ?", lance d'emblée un collégien. Celui-ci a remarqué les bouteilles de boissons à l'orange qui avancent sur le tapis roulant d'une ligne de production visible depuis la baie vitrée de la salle de réunion donnant sur l'usine. "Parce que nous possédons plusieurs marques : Coca-Cola mais aussi Sprite, Fanta, Minute Maid ou Monster Energy", explique Alain Harrari, le responsable des affaires publiques et de la diversité, venu faire une présentation de l'entreprise. Coca-Cola European Partners emploie 2.600 personnes en France dont 44 % travaillent sur les cinq sites de production. Une grande partie des autres salariés (40 %) sont des commerciaux qui arpentent le terrain pour vendre les produits aux différents clients : cafés, restaurants, grandes surfaces... Les autres employés travaillent au siège social d'Issy-les-Moulineaux (92) et assurent les fonctions "supports" que l'on retrouve dans toutes les entreprises : ressources humaines, finance, communication, ou service juridique.

Un souffleur de bouteilles ?

La présentation des différents produits suscite une rafale de questions des collégiens. "C'est quoi une plateforme logistique ?", interroge Mohammed, 15 ans. Caroline Roy, l'assistante de direction, détaille l'activité de cet entrepôt où sont stockées les palettes de produits avant leur transport vers les différents points de vente. "Combien de bouteilles vous fabriquez ?" Jusqu'à un million par jour. "Est-ce qu'il y a de la cocaïne dans les ingrédients ?" Non, il y en avait dans la formule d'origine mais il n'y en a plus. "Pourquoi le Coca est-il gazeux ?" Du gaz est rajouté pour en faire une breuvage pétillant. "Est-ce qu'il y a une personne qui souffle pour faire les bouteilles ?" Non, c'est une machine – la souffleuse – qui donne à la bouteille sa forme définitive. Une petite démonstration est alors organisée.

Des collégiens sur les lignes de production

Des préformes sont distribuées aux élèves. Ces étranges tubes avec leur bouchon à vis ressemblent à des éprouvettes et contiennent des paillettes et granules de PET (polytéréphtalate d'éthylène), un plastique en partie recyclé. Insérée dans un moule à bouteille, la préforme est chauffée pour ramollir le plastique. Puis un puissant jet d'air vient la souffler contre les parois du moule pour lui donner sa forme définitive. Il ne reste plus qu'à remplir la bouteille du mélange d'eau, de gaz et de sirop selon une formule tenue secrète depuis son invention par un pharmacien d'Atlanta, en 1886. "Le mieux est de se rendre compte de visu du fonctionnement des machines", indique Didier, le responsable de production, micro en main. Chaque collégien enfile une blouse jetable, coiffe une charlotte – hygiène oblige – et branche ses écouteurs pour visiter les lignes de production. L'usine qui emploie 275 personnes est ouverte 24 heures sur 24.

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Un goût pour les métiers à cultiver

"Que voulez vous faire plus tard ?", interroge Alain Harriri. "Juge", "pâtissier", "militaire", "hôtesse de l'air"... lancent spontanément plusieurs collégiens mi-sérieux, mi-blagueurs. Plusieurs autres avouent comme Théo : "Je ne sais pas encore".

Après deux heures de visite et de questions-réponses, les élèves ne semblent pas plus tentés par les métiers de l'industrie, encore bien mystérieux pour beaucoup. Tous repartent avec une boisson fraîche et un tube à essai rempli de PET dont on fait les bouteilles de Coca. Le goût pour ces métiers de la production reste à cultiver. 

L'industrie : un secteur à tester

Selon un sondage Harris Interactive réalisé en février 2016, un jeune sur deux n'est pas attiré par les métiers de l'industrie, un sur trois les estime déconnectés de la révolution digitale. Et pour quatre jeunes sur dix ces métiers n'offrent pas d'évolution de carrière. Pour contrecarrer ces clichés et idées reçues, de nombreuses entreprises ouvrent régulièrement les portes de leurs usines et font témoigner des salariés sur leur métier, leur carrière ou leur salaire. De son côté, pour séduire les jeunes, Coca-Cola, champion du marketing, a imaginé une vidéo en réalité virtuelle pour une immersion complète dans les métiers de la production.