Coronavirus : le casse-tête des professeurs d’EPS

Par Alexandre Malesson, publié le 22 Septembre 2020
4 min

Depuis la rentrée, les professeurs d’EPS naviguent à vue. Pour répondre à un protocole sanitaire flou, certains enseignants adaptent leurs cours, quand d’autres suppriment les sports collectifs.

Aujourd’hui, pour cette classe de 5e d’un collège de Saint-Denis (93), c’est rugby. Mais un rugby aménagé. Covid-19 oblige : pas de contacts, donc pas de placages ni de mêlées. Leur professeur, Simon, s’est adapté. "Pour compenser, j’utilise des flags, explique-t-il. Ce sont des ceintures que les élèves enfilent avec deux cordelettes scotchées sur les côtés. Au lieu de faire des placages, les jeunes doivent se 'déflaguer', c’est-à-dire arracher les flags de leurs adversaires." Une technique audacieuse pour cette discipline, mais tous les sports ne sont pas adaptables.

Les sports collectifs remis en question

Si l’on se fie au protocole de l’Éducation nationale, aucun sport n’est interdit en cours d’éducation physique et sportive (EPS). Les élèves doivent juste respecter au mieux les gestes barrières. Chaque enseignant est donc libre de garder une discipline ou non.

Elsa, prof d’EPS dans un collège de Haute-Loire (43), prévoyait par exemple un cycle de handball, mais elle a finalement choisi d’abandonner tous les sports collectifs jusqu’à nouvel ordre. "Sans contacts, sans affrontements et sans matchs, je ne vois pas l’intérêt de maintenir les sports collectifs, assume-t-elle. Face au flou du protocole de l’Éducation nationale, j’ai choisi l’option de la prudence."

À Saint-Denis, des collégiens pratiquent le rugby flag, une version sans contacts du rugby, en cours d'EPS.
À Saint-Denis, des collégiens pratiquent le rugby flag, une version sans contacts du rugby, en cours d'EPS. // © Photo fournie par le témoin

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Chacun son protocole

Certains enseignants ont donc créé leur propre protocole avant, pendant et après leurs cours. La question des vestiaires y est centrale. Certaines municipalités ont décidé de les fermer, d’autres laissent les professeurs gérer. Alors chacun sa méthode. "Comme le demande le ministère, on incite les élèves à venir déjà en tenue, explique Rémi, enseignant dans un collège à Villepinte (93). Sinon, je les fais entrer deux par deux pour respecter le protocole." Même système dans le collège d’Elsa, où "on désinfecte avant et après le passage des jeunes. Pareil pour le matériel utilisé."

Si certains professeurs ont décidé d’utiliser le moins d’équipements possible, il en est un dont ils ne peuvent pas se passer : le masque. Selon le ministère de l'Éducation nationale, "son port n’est pas possible lors de la pratique physique". Mais quid des temps où les élèves ne bougent pas ? Là encore, les professeurs s’adaptent.

"Ils sont obligés de le porter dès qu’ils ne sont pas en mouvement, quand on explique le déroulé d’un cours ou quand on change de lieu, assure Elsa. Ils le respectent plutôt bien, mais nous restons très vigilants. Nous, on le porte en permanence."

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Les épreuves d’EPS maintenues mais adaptées

Pour les élèves comme pour les professeurs, difficile d’anticiper le déroulement de l’année scolaire. Notamment pour les 3e et les terminales. Au lycée, les épreuves d’EPS se passent en général en contrôle continu lors du dernier cours de chaque trimestre. "Nous n’avons aucune directive pour ces deux classes, soupire Simon, enseignant dans un lycée du Nord (59). Donc pour l’instant, on repart sur un système d’évaluation semblable aux autres années."

Dans son protocole, le ministère indique que deux activités (au lieu de trois) pourront exceptionnellement être présentées au baccalauréat. Pour cet examen comme pour le brevet, le ministère recommande ne pas fixer cette échéance comme le principal objectif et de pratiquer l’EPS "sans préoccupation certificative à court terme".

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