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Témoignage

Établissements et universités fermés à cause du coronavirus : qu’en pensent les étudiants ?

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Les universités (ici le campus de Tolbiac à Paris) ont dû fermer à cause de l'épidémie de coronavirus. // © Alexandra BREZNAY/REA
Les universités (ici le campus de Tolbiac à Paris) ont dû fermer à cause de l'épidémie de coronavirus. // © Alexandra BREZNAY/REA

Au lendemain des annonces d’Emmanuel Macron concernant la fermeture des écoles et des universités, les étudiants prennent la mesure de la situation. Pour éviter la propagation du coronavirus, les cours à distance doivent se généraliser dès lundi, mais les modalités d’organisation laissent les étudiants dans le flou pour la suite de leur année.

"J’espère juste que ça ne durera pas trop longtemps parce que je ne sais pas du tout comment ça va se passer !" Comme de nombreux étudiants, Léa, en licence de droit à l’université d’Orléans (45) a appris jeudi soir que son établissement serait fermé à partir de lundi pour une durée encore indéterminée.

En pleine période d’examens de mi-semestre, l’étudiante en première année s’inquiète. Une seule certitude : les cours se feront désormais à distance. Mais aucune consigne précise n’a pour le moment été donnée aux étudiants sur l’organisation en tant que telle.

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Les associations étudiantes mobilisées

Pour pouvoir répondre à leurs questions et mieux les accompagner, l’UNEF et la FAGE, les deux grandes organisations étudiantes, ont été reçues vendredi midi par la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. "Nous avons un rôle de relais entre le ministère de l’Enseignement supérieur et les étudiants, confirme Orlane François, présidente de la FAGE. Il reste, à l’heure actuelle, beaucoup de questions en suspens du fait de l’urgence de la situation, mais nous allons continuer à travailler avec le ministère en toute transparence pour faire un maximum de prévention."

Les associations en ont profité pour défendre les intérêts des 2,5 millions d’étudiants concernés par la fermeture de leur établissement. "Nous avions plusieurs points de vigilance, notamment pour ce qui est des aides apportées aux étudiants", insiste Orlane François. Concernant les bourses du CROUS, elles seront donc maintenues durant toute cette période. "L’obligation d’assiduité en cours est levée", explique Mélanie Luce, présidente de l’UNEF. Les résidences universitaires resteront ouvertes même si la consigne est d’inciter tous les étudiants qui le peuvent à rentrer chez eux. Quant aux restaurants du CROUS, ils pourraient avoir à superviser la préparation de repas à emporter.

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Travailler à distance : des avis partagés

Mais ce qui inquiète surtout la plupart des étudiants, c’est la tenue des cours à distance. "Nous allons continuer à suivre notre emploi du temps traditionnel : lundi, à l’heure indiquée, nous devrons être derrière notre ordinateur et attendre les consignes de nos profs par mail", raconte Maëlys, en BTS Tourisme à la Baule (44). À la fin de l’heure, les étudiants devront rendre les devoirs demandés. "Cela ne va pas être évident de travailler à la maison, mais on n’aura pas d'autre choix que d’être assidu."

À l’université de Nice (06), Claire, en licence de biologie, paraît plus sceptique. "On a besoin d’avoir des travaux dirigés pour comprendre nos cours. C’est très important pour nous. Même si nos profs mettent en place un système de visioconférence, cela ne remplace pas du tout un cours normal."

D’après la présidente de la FAGE, une plate-forme de Mooc (classe numérique, NDLR) pourrait être utilisée pour permettre aux professeurs de donner plus facilement leurs cours à distance. "Nous devons être vigilants vis-à-vis des étudiants qui ne disposent pas d’outils informatiques ou de connexion wifi, il va falloir trouver des solutions très rapidement." Car si les établissements sont fermés aux étudiants, le personnel administratif et enseignant peut continuer ses activités afin de veiller au bon déroulé des cours. Quant aux étudiants en stage ou en alternance, le ministère affirme tout faire pour qu’ils ne soient pas pénalisés.

Une inquiétude grandissante concernant le maintien des examens

Le risque serait aussi de voir l’annulation des examens de fin d’année. Une question que se posent aussi les étudiantes interrogées. "Tous nos examens de mi-semestre sont annulés, ce qui a déjà des conséquences sur notre année puisque ces notes font partie du contrôle continu, explique Léa. Si cela s’éternise, j’ai peur que nos partiels soient reportés, voire même annulés." À l’université d’Orléans, certains enseignants réfléchissent déjà à une autre façon de faire passer leurs épreuves finales.

En BTS, Maëlys est aussi soumise au contrôle continu. "On devait passer des examens avant et après les vacances d'avril, a priori, tout devrait se faire à distance, par mail. Mais pour des matières comme l’anglais ou l’informatique, nous sommes évalués à l’oral, je ne sais pas du tout comment on va faire."

Pour l'instant, impossible de savoir combien de temps seront fermés les établissements et si les examens seront également concernés par toutes ces mesures. Mais les universités n’ont pas d’autre choix que de se préparer à cette éventualité.

Les associations étudiantes mettront un point d’honneur à vérifier que les examens à distance se tiendront dans les meilleures conditions. En attendant, elles continuent de faire de la prévention auprès des étudiants et les encouragent à les solliciter à la moindre question. "Si les cours se font bel et bien à distance, ce que j’espère, je vais pouvoir rentrer chez mes parents, ce n’est pas si mal…", avoue Léa.

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