Étudiantes en filières scientifiques : où en sommes-nous ?

Par Clément Rocher, Manon Pellieux, Elisa Covo, publié le 01 Octobre 2021
5 min

INFOGRAPHIES. Les études scientifiques peinent à attirer les femmes. Que ce soit en écoles d'ingénieurs, en université, IUT ou encore en prépas scientifiques, les étudiantes restent minoritaires par rapport à leurs camarades masculins. À travers la série d’articles "Women in Science", Elle et l’Etudiant s’associent pour transmettre aux lycéennes l’envie de s’orienter vers les filières scientifiques.

Lorsque l’on regarde du côté des universités, les chiffres paraissent presque encourageants : dans les filières scientifiques, la parité est quasi respectée, avec 45,9% de femmes en licence et 43,5% en master. Pourtant, un seul coup d’œil à la répartition des étudiantes par discipline suffit pour dresser un tout autre constat.

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Les femmes désertent les filières dites "techniques", telles que les maths (23% en master) ou la mécanique (18,3% en licence). Le taux de femmes dans une même filière diminue même au fil du cursus : si les étudiantes en informatique représentent 19,1% des effectifs en licence, elles ne sont plus que 17,9% en master.

En licence et en master, filles et garçons n'étudient pas les mêmes sciences

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À l’inverse, elles sont surreprésentées dans les matières tournées vers le vivant, comme les sciences bio-médicales ou la biologie végétale. Comment l’expliquer ? La réponse serait à chercher du côté des constructions culturelles qui apprennent très tôt aux jeunes femmes le soin de l’autre et auraient une conséquence directe sur les choix d’orientation selon Françoise Vouillot, ancienne Présidente de la commission "Lutte contre les stéréotypes et rôles sociaux" du Haut conseil à l’Egalité F/H. À cela s’ajouteraient des stéréotypes sexistes bien ancrés et une trop faible visibilité des modèles féminins dans ces cursus ou carrières…

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Du côté des écoles d’ingénieurs, prépas et BUT scientifiques, l’écart est encore plus flagrant : seul un tiers des étudiants sont des étudiantes. Au niveau des spécialités, la tendance des universités se reproduit : les jeunes femmes sont en minorité dans les spécialités comme les transports (17,2%) ou les technologies et sciences industrielles (8%) tandis qu’elles dominent les effectifs en sciences de la vie ou en chimie. Quelles sont les solutions pour y remédier ?

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Ces chiffres attestent d’une forme d’autocensure chez les jeunes bachelières pour intégrer une filière scientifique ou technologique. Les universités, les grandes écoles, les associations et les entreprises travaillent de concert pour bousculer les idées reçues et inciter les collégiennes et lycéennes à découvrir la grande famille des formations scientifiques. Tous ces acteurs sont au rendez-vous pour changer la donne.

Par exemple, l’association Elles bougent encourage les entreprises à prendre la parole dans les établissements scolaires. Objectif : promouvoir les métiers de l’industrie et des technologies auprès des jeunes filles.

La Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi) mène également chaque année son opération "Ingénieuses" afin de lutter contre les idées reçues et les stéréotypes de genre et mettre en lumière des parcours de jeunes femmes ingénieures. Toutes ces initiatives visent à favoriser l’orientation des jeunes filles vers les formations scientifiques et technologiques.

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