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Décryptage

Coronavirus : comment va se dérouler la rentrée 2020 dans les universités ?

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Les étudiants vont devoir s'adapter aux nouvelles mesures qui seront appliquées à la rentrée universitaire. // © Vasyl / Adobe Stock
Les étudiants vont devoir s'adapter aux nouvelles mesures qui seront appliquées à la rentrée universitaire. // © Vasyl / Adobe Stock

Cours magistraux et distanciation sociale ne font pas bon ménage. Les universités s’adaptent au contexte de crise sanitaire pour organiser la rentrée selon le calendrier habituel.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a demandé aux établissements de faire durer les cours magistraux à distance. "On se prépare à plusieurs scénarios mais avec une ligne : les dates de la rentrée ne seront pas décalées", a-t-elle précisé le 8 mai dans les colonnes du Parisien.

Une annonce plutôt bien accueillie par les universités, qui organisaient déjà une rentrée hybride entre présentiel et distanciel.

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Maintenir la rentrée en septembre

"La ligne politique de l’université depuis le début du confinement, c’est de maintenir la rentrée dans les conditions les plus normales possibles en termes de calendrier", affirme Jeanick Brisswalter, président de l’université Côte d’Azur. Le vice-président Formation, Stéphane Azoulay, abonde : "Nous sommes en accord avec les consignes du ministère. Nous tenons à ne pas décaler toute l’année universitaire".

Même son de cloche à Sorbonne Université. "Je suis favorable à une rentrée dès septembre. Le plus tôt nous reprendrons, le mieux ce sera", affirme le président Jean Chambaz. "Le présentiel devra être dominant. Mais notre priorité, c’est d’accueillir les étudiants dans des conditions de sûreté suffisante", a-t-il précisé. Or les universités ne connaissent pas encore les consignes sanitaires qu'elles devront respecter à la rentrée.

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Adapter discipline par discipline

Quoi qu’il en soit, les cours ne ressembleront pas à ceux que vous connaissez, surtout pour les larges promotions. Chaque établissement commence donc à s’organiser, formation par formation et discipline par discipline.

"Il n’y a pas de règle unique pour toute l’université. Les formations qui ont des accords importants à l’international devront particulièrement développer les cours accessibles à distance, car nous n’avons pas de visibilité sur la venue des étudiants étrangers par exemple. D’autres formations ont un fort besoin d’enseignements expérimentaux et ne pourront pas les faire à distance", explique Stéphane Azoulay. Dans tous les cas, l’université insiste sur l’importance de garder contact avec les étudiants et de privilégier le présentiel dès que cela sera possible.

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Prévoir des cours magistraux en ligne

À Sorbonne Université, le mot d’ordre est aussi une prédominance du présentiel. "Nous verrons ce que la distanciation permettra pour les cours en amphis, mais ce ne sont pas les plus importants", assure Jean Chambaz.

La majorité des cours magistraux devront en effet être basculés en ligne. "L’option de cours filmés est la pire qu’on puisse imaginer, mais ce sera le cas pour certains CM, vu l’urgence et le nombre de cours. Nous imaginons aussi des options plus pédagogiques, comme des PowerPoint avec des voix offs, déjà expérimentés en fac de médecine", détaille Marie-Céline Daniel, vice-présidente de la commission formation et vie universitaire.

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Miser sur les enseignements hybrides

Sur le long terme, l'université Côte d'Azur et la Sorbonne veulent construire d’autres cours sur un modèle hybride, entre numérique et physique. "Nous travaillons sur ces enseignements bimodaux depuis deux ans. Cela ira au-delà des cours vidéo, avec des ressources en ligne, des forums…", explique Stéphane Azoulay. Même une fois la crise passée, ce type de cours permettra plus de flexibilité, pour les étudiants qui travaillent à côté de leurs études par exemple.

"Le côté positif du confinement, c’est qu’on a pu mettre en œuvre ce dispositif de façon accélérée. Maintenant, nous voulons l’étendre à plus de cursus. L’hybridation des enseignements est de toute façon quelque chose vers lequel on évolue, même si on ne supprime pas le présentiel", souligne Jeanick Brisswalter.

"Il faudra maintenir une part de présentiel : l’université ne se fera jamais entièrement à distance", confirme Michel Deneken, président de l’université de Strasbourg. Pour préparer la rentrée en concertation avec les étudiants, l’université a lancé un sondage. Elle veut connaître le ressenti des étudiants par rapport à l’enseignement à distance pour décider s'il sera maintenu à la rentrée. Les résultats seront connus en juin.