1. Supérieur
  2. Trois questions à Frédérique Vidal sur la crise sanitaire et ses conséquences pour les étudiants
Interview

Trois questions à Frédérique Vidal sur la crise sanitaire et ses conséquences pour les étudiants

Envoyer cet article à un ami
Pour Frédérique Vidal, "il est important de tenir compte du caractère exceptionnel de la crise que nous traversons". // © Nicolas Tavernier/REA
Pour Frédérique Vidal, "il est important de tenir compte du caractère exceptionnel de la crise que nous traversons". // © Nicolas Tavernier/REA

Chaque semaine depuis mi-mars, les annonces se succèdent. Cours à distance, organisation des concours et des partiels, aides financières… La ministre de l’Enseignement supérieur revient sur ce qui attend les étudiants pour cette fin d’année scolaire, qui risque d’être un peu particulière.

Depuis l’annonce de la fermeture de toutes les universités et les écoles, le 12 mars dernier, les étudiants ont dû s’adapter à un nouveau rythme de travail. La question de la continuité pédagogique réglée, de nombreuses incertitudes planent encore, notamment au sujet des examens et des concours qui devaient se dérouler entre avril et juin. Frédérique Vidal revient donc sur l’organisation de ces prochaines semaines.

Concrètement, comment va se dérouler la fin de l’année pour les étudiants ?

Comme l’a annoncé le président de la République, il n’y aura pas de reprise des enseignements en présentiel. L’année va se terminer par des cours à distance qui vont être organisés par les établissements.

Même si les écoles et les universités sont libres d’organiser les examens comme elles le souhaitent, les formes d’évaluation choisies sont soit des remises de rapports, soit du contrôle continu, soit des examens en ligne, avec, bien sûr, des modalités très différentes en fonction des disciplines et des effectifs. L’important est de diversifier les formes d’évaluation et de tenir compte du caractère exceptionnel de la crise que nous traversons.

Lire aussi : Coronavirus : Les grandes écoles et universités sont fermées jusqu'en septembre

Mais "évaluer autrement" ne signifie pas "moins bien évaluer". C’est la qualité du diplôme national qui est ici en jeu : si la crise sanitaire contraint à des adaptations, elle ne doit certainement pas conduire un établissement à ne plus transmettre de connaissances et de compétences à ses étudiants, ou à ne plus les évaluer.

C’est aussi pour ces raisons que nous avons modifié les modalités des concours post-CPGE. Ils se tiendront entre le 20 juin et le 7 août. Les résultats définitifs seront communiqués aux candidats au plus tard le 8 août et le début de la procédure d’affection se déroulera à partir du 12 août. Les concours se tiendront dans le respect le plus strict des règles sanitaires et, globalement, les écoles se sont entendues pour, dans leur immense majorité, ne faire que des écrits.

Lire aussi : Coronavirus : les concours du Capes, de l'agrégation et du CRPE sont maintenus

Les futurs bacheliers s’inquiètent de leur entrée dans le supérieur, y aura-t-il des remises à niveau ?

Il ne faut pas qu’ils s’inquiètent, les établissements savent très bien la situation dans laquelle les lycéens, et notamment les bacheliers, ont terminé leur année. Dans leur immense majorité, les connaissances des lycéens mobilisées à leur entrée dans le supérieur sont celles qu’ils ont acquises durant l’ensemble de leur scolarité au lycée et pas uniquement pendant le dernier trimestre.

Quoi qu’il en soit, les établissements s’adapteront. Des dispositifs existent déjà et sont mis en place dans les établissements : soit en envoyant des programmes à réviser avant la rentrée, soit en présentiel sur la première semaine ou les 15 premiers jours de la rentrée.

Même si les conditions d’apprentissage sont extrêmement difficiles, il y a eu une continuité pédagogique qui a été mise en place par l’Éducation nationale. Donc il n’y aura pas de modification des dates de rentrée, de manière à ne pas perturber l’année.

Lire aussi : Coronavirus : le bac 2020 n'aura pas moins de valeur que les autres

La fin de l’année risque également d’être difficile pour les étudiants qui se retrouvent en situation de précarité. Qu’allez-vous mettre en place pour les aider ?

Effectivement, le président de la République nous a demandé de travailler sur la question de la précarité étudiante. Nous avons pris un certain nombre de mesures pour faire face à la situation. Dans ce contexte exceptionnel, les étudiants boursiers conserveront leur droit à bourses, même s’ils n’ont pas pu se rendre en cours dans les mêmes conditions qu’ils le font habituellement, ou valider leur stage, compte tenu des circonstances.

Les résidences universitaires continuent également d’accueillir les étudiants qui n’ont pas pu rejoindre leur domicile familial. Ils sont accompagnés psychologiquement et aidés, notamment via la distribution de chèques alimentaires. Les établissements aussi contactent leurs étudiants et ont mis en place des aides pour leur permettre de rester connectés à travers des prêts d’ordinateurs ou des clés 4G. Nous allons encore amplifier ce soutien.

Il faut rappeler que ces aides sont accessibles à tous les étudiants qui en font la demande, pas uniquement aux étudiants boursiers. Les CROUS et les établissements travaillent de façon conjointe pour répondre aux demandes des étudiants et leurs accorder des aides nécessaires pour ne pas qu’un seul soit laissé de côté.

Lire aussi : Précarité étudiante : quelles solutions s'offrent à vous pendant le confinement ?