Licences en langues régionales : des formations aux débouchés multiples

Par Gaétan Trillat, publié le 18 Novembre 2020
4 min

La licence LLCER (langues, littératures et civilisations étrangères et regionales) permet entre autres de se spécialiser dans une langue régionale. La formation vous prépare aux concours de professeur des écoles ou du Capes, mais pas seulement.

On connaît les licences mention langues étrangères de type LEA ou LLCE pour lesquelles 175.000 bacheliers ont émis un vœu sur Parcoursup en 2020. Mais il existe aussi des licences en langues régionales. À quels profils d'étudiants s'adressent-elles exactement et quels débouchés offrent-elles ?

Quelles langues régionales sont concernées ?

Si de nombreuses universités proposent des cours pour apprendre une langue régionale, plus rares sont celles qui ont mis en place de véritables licences. Cinq langues en langue régionale sont disponibles en France métropolitaine :

  • le basque, à Bayonne ;
  • le catalan, à Perpignan et Toulouse ;
  • le corse, à l’Université de Corse ;
  • le breton, à Rennes et Brest ;
  • l’occitan – langue d’oc, à Toulouse, Montpellier et Nice.

En Outre-Mer, des licences en créole sont proposées à la Martinique et à la Réunion, et une licence en langues polynésiennes à Tahiti.

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Quel profil est attendu pour ces formations ?

À l’exception de l’Université de Bretagne-Occidentale, qui propose une licence LEA parcours breton, tous les diplômes en langues régionales sont des licences LLCER. Elles correspondent à des profils littéraires, puisque l’étude de la linguistique, de la littérature et de l’histoire sont au cœur des programmes.

Si seul le baccalauréat est requis, les universités n’ont pas la même politique concernant la connaissance de la langue. En corse, basque et catalan, les responsables "déconseillent fortement" leurs formations aux étudiants qui n’en ont jamais fait. D’autres sont plus souples : "Nous avons tous les ans des débutants", assure Serj Richard, de l’Université de Bretagne-Occidentale.

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Comment devenir prof de langue régionale ?

"Une majorité de nos élèves se dirige vers l’enseignement et intègrent donc un master MEEF premier ou second degré", explique Céline Mounole, responsable de la licence de basque à Bayonne. Dans le primaire, deux types d’établissements existent : les écoles publiques bilingues et les écoles associatives sous contrat. Elles se nomment ikastola au Pays basque, Diwan en Bretagne ou encore Calandreta en pays occitan.

Pour le secondaire, la tâche est plus ardue car il n’y a que très peu de postes en Capes. En 2019, dans le public, il y en avait 5 en créole, 4 en occitan, 2 en catalan, corse, basque et breton. Dans le privé, 3 en breton, 1 en occitan, catalan et basque. L’agrégation langues de France n’existe quant à elle que depuis 2017 ; le nombre de places oscille entre zéro et une par an, selon la langue.

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Quels sont les autres débouchés ?

Entre un tiers et la moitié des étudiants ne se destinent pas à l’enseignement, selon les responsables des formations. À l’Université de Corse, deux masters ont été créés : "En médiation culturelle, avec des débouchés dans les institutions et les associations locales, et en journalisme corsophone, en partenariat avec les médias locaux et l’ESJ Montpellier", indique Dominique Verdoni, la responsable de la licence.

À Perpignan, un master est dédié aux relations transfrontalières, car le catalan est "langue officielle en Espagne et en Andorre", souligne Alà Baylac-Ferrer, directeur de l’institut franco-catalan (IFCT).

Les étudiants peuvent aussi se diriger vers le tourisme, la traduction et l’interprétariat, la communication ou encore l’édition. Avec des taux d’insertion professionnelle supérieurs à 80% après l’obtention d’un master.

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