1. Parcoursup rend-il l'accès en licence STAPS plus facile ?
Décryptage

Parcoursup rend-il l'accès en licence STAPS plus facile ?

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Avec la mise en place de Parcoursup, moins de bacheliers technologiques et professionnels ont eu la possibilité d'intégrer une première année de STAPS. // © Patrick ALLARD/REA
Avec la mise en place de Parcoursup, moins de bacheliers technologiques et professionnels ont eu la possibilité d'intégrer une première année de STAPS. // © Patrick ALLARD/REA

Moins de candidats, un nombre important de places vacantes... Le passage d’Admission-postbac à Parcoursup semble avoir modifié l’accès à la filière STAPS. Pour autant, est-il plus facile aujourd'hui d'intégrer cette licence très prisée ? Décryptage.

Quel a été l'effet Parcoursup sur la licence STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) ? Selon un premier bilan établi par la Conférence des directeurs et doyens, la nouvelle procédure d'entrée dans l'enseignement supérieur a bouleversé la donne des promotions dans les universités. Voici les six enseignements à retenir si vous envisagez cette filière l'an prochain.

1. Moins de candidats au portillon

La filière STAPS traditionnellement très demandée par les lycéens a été moins plébiscitée en 2018, selon les chiffres du ministère de l'Enseignement supérieur. Sur la phase principale, elle enregistre plus de 139.000 vœux de la part de plus de 55.000 candidats soit 10 % de postulants en moins. Les "attendus" demandés aux bacheliers pour intégrer la formation en auraient-ils découragé certains ? "Sans doute. En 2017, nous avions beaucoup de candidatures par défaut", concède Didier Delignières, le président de la Conférence des doyens.

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Mais ce ne serait pas la seule explication. "C'est compliqué à analyser car sur Admission-postbac, les candidats pouvaient faire jusqu'à 24 vœux. Nous avions donc plus de demandes faites par défaut", relativise le directeur de l'UFR STAPS de Montpellier.

2. Beaucoup de places vacantes…

Moins de candidats, mais pourtant plus de places. En effet, pour désengorger cette filière en tension où le tirage au sort était pratiqué, 3.100 nouvelles places en licence ont été créées en 2018. Surprise : celles-ci n'ont pas été intégralement pourvues en phase principale. Le 6 septembre, sur la phase complémentaire, il restait encore 1.000 places vacantes. Pourquoi ? Les acteurs de l'enseignement supérieur sont partagés : certains pointent un découragement des candidats liés à la publication des attendus, d'autres évoquent les longues listes d'attente sur Parcoursup. En clair : à force de patienter, les lycéens auraient porté leur choix final sur une autre formation.

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3. … encore maintenant ?

Selon la Conférence des doyens de STAPS, un peu moins de 800 places sont encore disponibles après la clôture de Parcoursup. Un chiffre que ne confirme pas le ministère de l'Enseignement supérieur. "La phase complémentaire n'a pas fonctionné pour STAPS. Des candidats contactés avaient finalement eu une place sur la phase principale. Certains ont aussi validé leur vœu de manière définitive mais ne sont jamais venus. Dans mon UFR (unité de formation et de recherche), ils sont 20 dans ce cas…", détaille Didier Delignières.

Toutefois, ces places seraient pour l'essentiel bien occupées aujourd'hui selon les UFR contactées par l'Etudiant : Dijon, Poitiers, Angoulème, Brest, Grenoble, Valence, Bordeaux et Bayonne… Toutes assurent avoir fait le plein !

Si vous souhaitez intégrer la filière STAPS, tout espoir ne serait cependant pas perdu car certaines UFR envisageraient un nombre de réorientations plus importantes que prévues avec Parcoursup. "À Montpellier, nous avons déjà des demandes émanant d'élèves en PACES (première année commune aux études de santé) et je prendrai ceux qui ont obtenu de bons résultats au premier trimestre", illustre Didier Delignières. À Dijon, entre 10 et 20 places seront ainsi également disponibles en janvier, en fonction des abandons des étudiants.

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4. Plus de bacheliers généraux

Est-il donc plus facile d'entrer en STAPS ? Non, au contraire, à en croire le profil des élèves admis en licence. Cette année, les bacheliers généraux ont été plus nombreux à voir leur dossier sélectionné. Selon le bilan effectué par la Conférence des directeurs et doyens, la majorité des candidats viennent de la série S (53 % contre 45 % en 2017 avec APB), puis de la série ES (26,7 % contre 23,2 %).

Les bacheliers technologiques sont moins nombreux à avoir eu une place que l'an passé (16 % contre 19 %), tout comme les bacheliers professionnels (4 % contre 6 %).

5. Plus de chances d'intégrer la filière dans les "antennes"

La concurrence serait moins rude pour intégrer les antennes délocalisées des universités. Selon le bilan de la Conférence, les formations dites principales ont davantage la cote chez les "bons candidats" que leurs petites sœurs situées sur un autre campus. Conséquence : avec moins de bacheliers S sur les rangs, les bacheliers ES, L, technologiques et professionnels ont eu plus de chances d'intégrer les "antennes".

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6. Des parcours adaptés variés

Dernier changement : comme les autres licences, les licences STAPS proposent désormais des parcours adaptés pour permettre aux étudiants qui n'auraient pas tout à fait le niveau de rejoindre la formation. Une option avec laquelle il va falloir compter l'an prochain alors que ces dispositifs sont amenés à se développer. Là encore, la situation est très contrastée selon les universités. Certaines accueillent un cinquième de leurs étudiants dans ces dispositifs, d'autres jusqu'à 50 % de leur promotion. Mais ils diffèrent selon le type d'élèves.

L'université de Grenoble propose par exemple des cours complémentaires dans les disciplines scientifiques qui bénéficient majoritairement à des bacheliers généraux, aussi bien S, que ES ou L. Les candidats issus de filières technologiques et quelques-uns de la voie professionnelle ont, eux, été admis dans un autre type de parcours adapté : une licence en quatre ans avec une L1 en deux ans.