Université : les filières en tension soulagées par la baisse démographique des bacheliers 2021

Par Thibaut Cojean, publié le 19 Novembre 2021
5 min

INFOGRAPHIES. Avec un taux de réussite au bac moins élevé qu’en 2020, et surtout une baisse démographique, le nombre de nouveaux bacheliers à l'université, en licence et en BUT, a chuté en 2021. Cela permettra de désengorger quelques licences en tension. Quelles sont les domaines concernés ?

De moins en moins d’étudiants s’inscrivent en première année de licence. L’analyse des effectifs de la rentrée 2021 faite par le SIES, le service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur, et publiée le 16 novembre 2021 est formelle : 4,5% de bacheliers de moins se sont inscrits à l’université entre 2020 et 2021. Cette baisse est plus prononcée en institut universitaire de technologie (-5,5%) qu’en licence (-4,3%).

Les effectifs en licences baissent… sauf le droit

Dans le détail, on compte 48.400 bacheliers en première année de BUT (bachelor universitaire de technologie) en 2021, contre 51.200 en 2020. En licence, ils sont 223.400, soit pile 10.000 de moins qu’il y a un an. Malgré cette baisse, cette formation reste toujours, de loin, la plus suivie en première année.

Cette diminution est inégale selon les spécialités. Elle est très marquée dans deux domaines en tension : économie et Staps (-10,9% pour les deux), mais presque anecdotique en sciences (-1,2%). Parmi les autres licences en tension, les effectifs baissent en santé (-4,5%) mais augmentent en droit (+2,4%), seul domaine à enregistrer une hausse de bacheliers.

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Démographie et taux de réussite au bac expliquent les tendances

Ces tendances constatées par le ministère de l’Enseignement supérieur s’expliquent en partie par un phénomène naturel : la baisse de la démographie. En raison d’une baisse de la natalité au début des années 2000, il y a de moins en moins de lycéens à passer le bac ces dernières années : 753.000 en 2018, 744.000 en 2019, un rebond à 761.000 en 2020 et une forte chute à 715.000 en 2021. Cela réduit en conséquence le nombre d’étudiants l’année suivant le bac.

Mais ce n’est pas la seule raison : le taux de réussite au bac entre aussi en compte. "Hors IUT et santé, les universités accueillent 9.000 nouveaux bacheliers de moins qu’à la rentrée 2020 mais 11.000 de plus qu’à la rentrée 2019", précise la note du SIES. Ces données suivent les taux de réussite. Ces deux dernières années, ils ont été très forts en raison de la crise sanitaire et de la prise en compte du contrôle continu : 95% en 2020 et 93,8% en 2021, contre 88% en 2019. Cela a largement compensé la baisse du nombre de candidats entre 2019 et 2021, en permettant à plus de lycéens d’accéder à l’enseignement supérieur.

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Les bacheliers pros s’orientent peu vers l’université

La note se penche également sur le profil des bacheliers admis en première année. En IUT, les quotas ont un impact réel sur les effectifs. "La création du bachelor universitaire de technologie s’accompagne de quotas plus élevés de bacheliers technologiques. Les nouveaux bacheliers technologiques sont donc beaucoup plus nombreux en BUT qu’ils ne l’étaient en DUT en octobre 2020 (+14,3%), alors que le nombre de lauréats du baccalauréat technologique diminue de 7,9% (session de juin)", expliquent les auteurs de l’étude.

Des quotas qui se font au détriment des bacheliers professionnels, qui préfèrent les BTS : "Leur effectif diminue de 15,8 % en un an, soit nettement plus que le nombre de lauréats du baccalauréat professionnel (-3,3%). Ces néo-bacheliers restent très peu nombreux en IUT (600)."

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Ils sont également largement sous représentés en licence, formation toujours plébiscitée par les bacheliers généraux.

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