Handicap : la procédure à suivre lors de votre entrée dans le supérieur

Par Pauline Bluteau, Gabriel Joly, publié le 19 Novembre 2019 - Mis à jour le 24 Septembre 2020
6 min

Si vous êtes étudiant en situation de handicap, vous pouvez bénéficier d’une procédure spécifique dès votre entrée dans le supérieur. Qui est concerné exactement ? Quels sont les aménagements possibles ? Quelles sont les modalités ? L’Étudiant fait le point sur les démarches à suivre.

En 2018, l’enseignement supérieur recensait près de 30.000 étudiants en situation de handicap, soit 1.55% de l’effectif total. Cela concerne des troubles DYS (dyslexie, dysphasie, dysorthographie…), des maladies invalidantes (diabète, sclérose en plaque…), des handicaps psychologiques (anorexie, dépression…) ou moteurs. Plus de neuf étudiants sur dix intègrent un cursus universitaire. À la fac comme dans les écoles d’ingénieurs ou de commerce, des aménagements individualisés sont prévus pour permettre aux étudiants d’être plus sereins durant leur formation.

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La règle d’or : informer son établissement le plus tôt possible

"S’il n’y a qu’une chose à retenir, c’est d’anticiper le plus possible son entrée dans l’établissement pour commencer du bon pied dès la rentrée", indique Elsa Alexandre, responsable du service accueil et accompagnement des étudiants en situation de handicap à l’université de Limoges (87). Elle conseille de prendre contact avec le référent handicap de l’établissement que vous souhaitez intégrer un an à l’avance. Vous trouverez les informations directement sur le site de l’établissement ou sur la carte du ministère de l’Enseignement supérieur, Handi-U.

Véronique Desbois, référente handicap à l’université de Montpellier (34) rappelle l’importance d’être informé rapidement des besoins des étudiants. "On a créé une application de gestion pour permettre aux étudiants d’indiquer leurs besoins le plus tôt possible avant la rentrée puis tout au long de l’année", explique la référente montpelliéraine. "Ainsi, on peut fluidifier les échanges entre les étudiants, les enseignants et les médecins pour proposer des aménagements plus rapidement."

Sur Parcoursup, vous avez la possibilité de remplir une fiche de liaison pour indiquer les aménagements dont vous avez déjà bénéficié au lycée. Vous devrez également le préciser lors de votre inscription administrative en fournissant les pièces justificatives.

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Des aménagements adaptés à chaque étudiant

Il arrive d’ailleurs que les aménagements s’anticipent bien avant l’arrivée de l’élève. Dans les grandes écoles, il existe des concours adaptés aux candidats en situation de handicap. À GEM (Grenoble école de management), il s’agit du Concours Post-Bac Diversité. "Les étudiants passent le concours pendant l’année de terminale pour garantir leur place à GEM deux ans plus tard, explique Alice Bodin, référente handicap de l'école grenobloise. L’avantage, c’est que l’examen est moins complexe puisqu’il est de niveau bac."

Une fois dans l’école, les étudiants prennent rendez-vous avec le médecin universitaire ou agréé CDAPH (commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées). S’il n’en existe pas, il faut contacter la MDPH (Maison départementale des personnes handicapés) de son département. Il faut alors présenter les certificats médicaux des différents spécialistes qui attestent de votre handicap. Le médecin se charge ensuite de faire ses préconisations. Le second rendez-vous se déroule avec le référent handicap. Le but est de parfaire les aménagements en fonction des ressources de l’établissement et de vos besoins.

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"La plupart du temps, ces aménagements sont des tiers-temps accordés lors des examens, indique Cécile Durand, responsable du pôle égalité des chances et diversité à l’EFREI Paris. On peut aussi demander l’utilisation d’un ordinateur portable, l’autorisation de faire des pauses plus fréquentes, d’être dans une salle isolée ou à petit effectif et plus simplement d’adapter les sujets en braille ou en gros caractères. On propose également des secrétaires d’examen."

"Pour le reste de l’année, il existe des aides techniques comme l’utilisation de logiciels spécifiques, des chaises ergonomiques mais aussi des aides humaines avec le tutorat, l’aide aux déplacements, à la prise de notes… C’est au cas par cas. Selon l’élève et sa formation, on s’adapte", complète Véronique Desbois. Les aménagements peuvent être réévalués au cours de l’année, selon la demande de l’étudiant.

Ne pas hésiter à demander de l’aide

Les étudiants entre eux se montrent très solidaires. À l’université de Montpellier et de Limoges, il existe des contrats étudiants pour l’aide à la prise de notes de camarades porteurs de handicap, le déplacement entre les salles… "On les rémunère au SMIC quinze minutes par heure de cours. À cela, on ajoute une heure par semaine de restitution des cours pour expliquer les abréviations, faire des photocopies…", précise Elsa Alexandre. "Il arrive parfois que certains étudiants proposent naturellement leur aide, sans contrat ", assure Véronique Desbois.

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