1. Handicap : la procédure à suivre lors de votre entrée dans le supérieur
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Handicap : la procédure à suivre lors de votre entrée dans le supérieur

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Dans les universités, les étudiants en situation handicap bénéficient de l'aide de leurs camarades. // © Adobe Stock/ Jacob Lund
Dans les universités, les étudiants en situation handicap bénéficient de l'aide de leurs camarades. // © Adobe Stock/ Jacob Lund

Qui est concerné ? Quels sont les aménagements possibles ? Quelles sont les modalités ? Si vous êtes étudiant en situation de handicap, vous pouvez bénéficier d’une procédure spécifique dès votre entrée dans le supérieur. L’Etudiant fait le point sur les démarches à suivre.

L’enseignement supérieur recense près de 30.000 étudiants en situation de handicap, ce qui représente 1.55% des étudiants (chiffres de 2018). Cela va des troubles DYS (dyslexie, dysphasie, dysorthographie…) à des maladies invalidantes (diabète, anorexie…) et des handicaps moteurs ou mentaux. Plus de neuf étudiants sur dix intègrent un cursus universitaire. À la fac comme dans les écoles d’ingénieurs ou de commerce, des aménagements individualisés sont prévus pour permettre aux étudiants d’être plus sereins durant leur formation.

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La règle d’or : informer son établissement le plus tôt possible

"S’il n’y a qu’une chose à retenir, c’est d’anticiper le plus possible son entrée dans l’établissement pour commencer du bon pied dès la rentrée", admet Elsa Alexandre, responsable du service accueil et accompagnement des étudiants en situation de handicap à l’université de Limoges. Elle conseille de prendre contact avec le référent handicap de l’établissement que vous souhaitez intégrer un an à l’avance. Vous trouverez les informations directement sur le site de l’établissement ou sur la carte du ministère de l’Enseignement supérieur, Handi-U.

"On reste à leur disposition tout l’été, annonce Isabelle Pecquenard, référente handicap à l’université de Montpellier. Il faut que nous soyons informés le plus tôt possible pour fournir l’accompagnement le plus adapté à leurs besoins, car cela peut prendre du temps."

Sur Parcoursup, vous avez la possibilité de remplir une fiche de liaison pour indiquer les aménagements dont vous avez déjà bénéficié au lycée. Vous devrez également le préciser lors de votre inscription administrative en fournissant les pièces justificatives.

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Des aménagements adaptés à chaque étudiant

Il arrive d’ailleurs que les aménagements s’anticipent avant même l’arrivée de l’élève. Dans les grandes écoles, il existe des concours adaptés aux candidats en situation de handicap. À GEM (Grenoble école de management), il s’agit du Concours Post-Bac Diversité. "Les étudiants passent le concours pendant l’année de terminale pour garantir leur place à GEM deux ans plus tard, explique Rikke Smedebol, référente handicap. L’avantage, c’est que l’examen est moins complexe puisqu’il est de niveau bac."

Une fois dans l’école, les étudiants prennent rendez-vous avec le médecin universitaire ou agréé CDAPH (commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées). Il faut alors présenter les certificats médicaux des différents spécialistes qui attestent de votre handicap. Le médecin se charge ensuite de faire ses préconisations. Le second rendez-vous se déroule avec le référent handicap. Le but est de parfaire les aménagements en fonction des ressources de l’établissement et de vos besoins.

"La plupart du temps, il s’agit de tiers-temps accordés lors des examens, indique Annick Fitoussi, responsable du pôle égalité des chances et diversité à l’EFREI Paris. On peut aussi demander l’utilisation d’un ordinateur portable, l’autorisation de faire des pauses plus fréquentes, d’être dans une salle isolée ou à petit effectif et plus simplement d’adapter les sujets en braille ou en gros caractères. On propose également des secrétaires d’examen."

"Pour le reste de l’année, il existe des aides techniques comme l’utilisation de logiciels spécifiques, des chaises ergonomiques mais aussi des aides humaines avec le tutorat, l’aide aux déplacements, à la prise de notes… À chaque fois, c’est du cousu main. Selon l’élève et sa formation, on s’adapte", complète Isabelle Pecquenard. Les aménagements peuvent être réévalués au cours de l’année, selon la demande de l’étudiant.

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Ne pas hésiter à demander de l’aide

Quel que soit le type de handicap, l’important est de ne pas en avoir honte. Les écoles ont constaté que le travail de prévention est encore nécessaire auprès des équipes pédagogiques, mais aussi auprès des étudiants. "On leur explique ce dont les étudiants en situation de handicap ont besoin, quelles sont leurs difficultés… La plupart du temps, ce n’est pas que les autres étudiants ne veulent pas aider, c’est qu’ils ne savent pas comment s’y prendre. Mais attention, le but n’est pas de faire de la discrimination positive, il faut qu’il y ait une équité entre tous", estime Rikke Smedebol. "On voit bien que certains étudiants concernés ne sont pas prêts à en parler. Parfois, les expériences professionnelles, associatives ou internationales permettent de libérer la parole", confirme la référente handicap de l’EFREI Paris.

Toutes deux s’accordent à dire qu’entre eux, les étudiants se montrent très solidaires. À l’université de Montpellier et de Limoges, il existe des contrats étudiants pour l’aide à la prise de notes, le déplacement entre les salles… "On les rémunère au SMIC quinze minutes par heure de cours. À cela, on ajoute une heure par semaine de restitution des cours pour expliquer les abréviations, faire des photocopies…", précise Elsa Alexandre. "Même sans contrat, les étudiants proposent naturellement leur aide", assure la référente montpelliéraine.

Des aides également nécessaires pour la carrière professionnelle de ces étudiants en situation handicap. Les écoles peuvent être d’un grand secours pour ce qui est des stages ou des débouchés professionnels. "L’année dernière, on a aidé un étudiant polyhandicapé, Louis, à partir un an à Londres dans le cadre de son cursus d’ingénieur. On a sorti l’artillerie lourde. On s’est tous mobilisés, cela a demandé beaucoup d’investissement mais aujourd’hui, il s’épanouit de l’autre côté de la Manche. C’est une belle victoire", raconte Annick Fitoussi.