Le mouvement "Etudiants fantômes" veut faire entendre sa voix auprès du Gouvernement

Par Clément Rocher, publié le 20 Janvier 2021
4 min

Les étudiants sont de plus en plus nombreux à exprimer leur mal-être sur les réseaux sociaux. Ayant le sentiment d'être invisibles aux yeux du Gouvernement, ils se sont rassemblés autour du mouvement "Étudiants fantômes".

Depuis une semaine, le mouvement "Étudiants fantômes" prend de l'ampleur sur les réseaux sociaux. Bien vivants, les étudiants élèvent la voix et expriment sans concession leur détresse mais aussi leur ras-le-bol devant le silence du Gouvernement.

Cette mobilisation est née à l'initiative de jeunes étudiants de sciences politiques à Montpellier. Ils se sont regroupés sur le réseau Instagram autour du compte "Étudiants fantômes." "Ce mouvement représente toute la détresse des étudiants qui se sentent oubliés, blessés, et qui veulent se faire entendre", explique Lou-Ann, étudiante en première année, qui reproche aux autorités leur manque d'écoute.

Cette initiative partage des témoignages d'étudiants pour montrer notamment qu'ils ne sont pas seuls. "Nous recevons des messages de personnes dans une réelle détresse et qui ne reçoivent pas d'aide. Nous avons parfois des appels au suicide. Nous essayons alors de créer une conversation, il ne faut pas que ces étudiants baissent les bras." Des psychologues ont notamment pris contact avec le groupe d'étudiants pour les former et les conseiller.

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"La révolte étudiante gronde de plus en plus fort"

Les étudiants du mouvement demande la réouverture des établissements aux étudiants en plus des "première année", la mise en place de solutions hybrides mais aussi et surtout davantage de considération. "Les mesures annoncées sont cruellement insuffisantes. Il est primordial de rappeler l'importance de l'université qui est un lieu de vie et de rencontres", affirme Valentine, étudiante en deuxième année à l'école d'ingénieurs AgroParisTech.

"Tous mes cours sont en distanciel depuis le mois d'octobre, même les partiels. Nous ne sommes pas habitués à passer autant de temps devant un écran, la sensation d'épuisement est accrue. On peut décrocher assez rapidement alors même que le cours peut être intéressant. Certains étudiants sont complètement perdus", poursuit la jeune femme.

Comme de nombreux étudiants, elle a adressé un courrier à Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur. "J'ai écrit cette lettre à la suite de la conférence de presse du Premier ministre le 7 janvier, il n'avait pas évoqué la situation des étudiants, explique Valentine. La révolte étudiante gronde de plus en plus fort et a pris un nouveau tournant avec l'envoi de ces lettres. Plusieurs étudiants me soutiennent dans ma démarche. On se rend compte de l'impact qu'ont les réseaux sociaux."

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"Il est urgent de faire quelque chose"

Louise est étudiante en deuxième année de master d'économie à l'Université Paris II Panthéon-Assas et présidente de l'association corporative des étudiants en droit et sciences économiques de l'université. Selon une enquête réalisée par son association, près de 10% des étudiants de chaque niveau d'études sont en situation de décrochage scolaire.

Elle aussi a rédigé une lettre le week-end dernier. "Le Gouvernement ne s'est pas soucié des étudiants depuis suffisamment longtemps. On aimerait que les présidents d'université disposent d'une plus grande marge de manœuvre en fonction de leur capacité d'accueil. Il est urgent de faire quelque chose pour celles et ceux qui veulent revenir sur les campus."

Ces étudiants fantômes comptent poursuivre la mobilisation. Après les réseaux sociaux, le mouvement s'invite dès aujourd'hui dans la rue pour gagner en visibilité. Des manifestations sont à prévoir dans plusieurs villes de France. "La lutte ne fait que commencer", affirme Valentine.

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