Quand l’université de Nîmes devient un lieu de tournage

Par Amélie Petitdemange, publié le 09 Août 2022
4 min

Située dans un fort Vauban, l’université de Nîmes accueille régulièrement des tournages de films. Deux courts-métrages y ont trouvé leur décors cette année. L'occasion de valoriser l'université mais aussi les formations et métiers du cinéma.

L’université de Nîmes (30) est installée dans un bâtiment peu commun : les cours ont lieu dans un historique fort Vauban. Une situation qui attire régulièrement des réalisateurs pour leurs tournages. En juillet, un court-métrage sur l’intelligence artificielle a été tourné dans ces locaux. En mars, Guillaume Pont a réalisé un court-métrage intitulé "Nemoz", et en 2020, l’actrice Sarah Cheyenne a tourné un court-métrage sur le harcèlement scolaire.

"C’est principalement l’extérieur du fort Vauban qui intéresse les réalisateurs. C’est une ancienne citadelle, avec des douves, de hauts murs, une porte centrale très haute, des escaliers et des recoins. La nuit, cela peut créer une atmosphère glauque", raconte le président de l'université de Nîmes, Benoit Roig. Les espaces intérieurs peuvent aussi être utilisés, comme pour le court-métrage sur l’intelligence artificielle, qui nécessitait "des espaces intérieurs très ajourés".

Étonnamment, ce sont davantage des films contemporains qui ont été tournés à l’université de Nîmes. "Nemoz" est même futuriste.

L’université est directement contactée par les réalisateurs et n’a pour l’instant pas refusé de projets. "Nous ne faisons pas de choix. Mais je regarde le scénario, car je ne veux pas être associé à des sujets qui ne correspondent pas à nos valeurs", explique Benoit Roig.

L'atmosphère parfois "glauque" du fort Vauban attire les réalisateurs pour leurs tournages.
L'atmosphère parfois "glauque" du fort Vauban attire les réalisateurs pour leurs tournages. // © Guillaume Pont

Inviter les étudiants à figurer dans des films

Plus simples en termes de production et d'installation, les tournages de courts-métrages durent en moyenne deux ou trois jours, et peuvent s'étendre jusqu’à une semaine pour "Nemoz", qui a utilisé de nombreux espaces de l’université.

Les réalisateurs peuvent tourner tout au long de l’année, car l’université est vide sur certaines plages horaires ou le week-end. Certains filment aussi en présence des étudiants.

"Nous pouvons demander à des étudiants ou des membres du personnel d'être figurants mais généralement, ce n’est pas la peine", précise le président de l’université.

Pour "Nemoz", le réalisateur, Guillaume Pont a utilisé plusieurs espaces de l'université.
Pour "Nemoz", le réalisateur, Guillaume Pont a utilisé plusieurs espaces de l'université. // © Guillaume Pont

Le tournage, un objet pédagogique

Le tournage peut cependant être très intéressant pour les étudiants, notamment ceux en master parcours "Production, usages et interprétation des fictions".

"C’est un objectif pédagogique de formation. Une de nos conditions, c'est de pouvoir assister au tournage, et les réalisateurs acceptent tout le temps. Nos étudiants viennent voir le tournage, c’est ouvert à tous. Cela dit, ils n'osent pas toujours, c’est assez intimidant. Ce sont donc majoritairement des étudiants de cette filière production de fictions qui y assistent", explique Benoit Roig.

Valoriser l’université et soutenir la création cinématographique

La réalisation de films au sein de l’université permet "d'ouvrir le site à l'extérieur et de donner de la visibilité aux installations de l'université", ajoute-t-il. L’établissement demande d’ailleurs à être cité dans le générique.

L'université peut ensuite projeter le film, lors d’un festival de cinéma en plein air qu’elle a organisé en juin dernier par exemple. "Ce qui est sidérant, c’est de voir ce qu’ils peuvent faire de ce lieu. Guillaume Pont a par exemple tourné une scène sous le soleil qui apparaît finalement à l'écran sous la neige", raconte Benoit Roig.

Avec les effets spéciaux, l'université change de visage à l'écran.
Avec les effets spéciaux, l'université change de visage à l'écran. // © Guillaume Pont

L’université prête gracieusement le lieu, les tournages ne représentent pour l’instant aucune rentrée d’argent. "Si le tournage durait plus longtemps, nous pourrions réfléchir à faire payer. Mais mon objectif n’est pas de faire de l’argent, d’autant que ce sont de petites productions avec des moyens limités".

Pour le responsable de l'université, c’est également une manière de soutenir des jeunes qui se lancent dans la production de fiction.

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