1. Les filles, osez négocier votre salaire ! 7 conseils pour savoir comment faire
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Les filles, osez négocier votre salaire ! 7 conseils pour savoir comment faire

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Les jeunes femmes ne doivent pas accepter une proposition de salaire sans la négocier : celle qui leur est faite est souvent moyenne ou basse pour favoriser la négociation. // © PlainPicture
Les jeunes femmes ne doivent pas accepter une proposition de salaire sans la négocier : celle qui leur est faite est souvent moyenne ou basse pour favoriser la négociation. // © PlainPicture

À poste égal les filles gagnent jusqu'à 30 % de moins que les garçons. Des inégalités salariales qui commencent dès le début de carrière. Salaire d'embauche, augmentation… Pour apprendre à monnayer vos compétences, voici un coaching en 7 points pour gagner autant - ou plus ! - que les hommes.

"Oui, nos jeunes diplômées gagnent moins que les jeunes diplômés : environ 3.000 à 3.500 € de moins par rapport au salaire moyen annuel de la promotion. C'est une constante depuis dix ans, soupire Susan Nallet, directrice carrières alumni et relations employeurs de GEM (Grenoble École de management). Mais on le constate dès l'entrée des étudiantes à l'école : dans leurs souhaits de salaire une fois diplômées, elles ont déjà tendance à demander moins que les garçons." Une étude du cabinet Universum menée dans 29 pays auprès de plus de 500.000 étudiants confirme : les jeunes diplômés d'écoles d'ingénieurs ou de commerce ont tendance à se positionner 20 % au-dessus du salaire de leur école, et les filles 10 % en dessous !

En 2017, une femme diplômée d'une grande école gagne en moyenne 1.948 € brut annuel de moins qu'un homme (enquête insertion 2017 de la CGE).

"L'arrivée du premier enfant n'explique pas à elle seule les inégalités salariales hommes-femmes. Les normes sociales et les présupposés à l’égard des femmes jouent probablement un rôle important dans la formation et l’évolution des inégalités tout au long de leur vie active", remarquent Karine Briard et Emmanuel Valat, auteurs de l'étude de la Dares : "À quels moments les inégalités professionnelles hommes-femmes se forment-elles ?". Si, comme beaucoup de filles, vous avez intériorisé ces normes et présupposés dès la petite enfance, vous devez en prendre conscience pour vous en libérer. Voici comment.

1. Osez demander

"En tant que femmes, nous sommes nos pires ennemies !", déplore Susan Nallet. "Certes, la société doit changer. Mais les femmes aussi doivent faire un travail sur elles-mêmes. Elles doivent s'autoriser à oser demander et à aller vers des métiers sur lesquels elles n'ont pas tendance à se positionner spontanément et où les salaires sont plus élevés." Préalable donc si vous voulez gagner comme les garçons : osez vous vendre et mettre un prix sur vos compétences. Déterminez aussi un plancher en dessous duquel vous ne voulez pas descendre : "Calculez de combien vous avez besoin pour vivre en fonction du coût de la vie au quotidien, de vos projets, de vos emprunts, etc.", conseille Susan Nallet.

2. Informez-vous sur les salaires en vigueur

Pour évaluer votre valeur sur le marché du travail et vous situer, menez l'enquête. "Adressez-vous au service carrières-insertion professionnelle de votre école ou université pour connaitre le salaire moyen des diplômés actuellement en poste et sortis il y a un an", préconise Marie-Sophie Pawlak, présidente de Elles Bougent, association qui défend plus de mixité professionnelle dans les entreprises industrielles et technologiques. "Ce salaire moyen des jeunes diplômés inclut garçons et filles. Connaissez-en le montant et surtout ne vous positionnez pas en dessous comme le font trop de jeunes femmes". Bien sûr, d'autres éléments doivent entrer en ligne de compte : outre le salaire de votre promotion, les salaires en vigueur dans le métier visé, la taille de l'entreprise, son emplacement (en région parisienne, les salaires sont plus élevés), etc. Les enquêtes salaires de cabinets spécialisés en rémunération ou recrutement comme Hays ou Michael Page, ou encore celles de l'APEC (Association pour l'emploi des cadres), peuvent également vous renseigner.

Lire aussi : Calculez votre futur salaire

3. Affichez vos prétentions en vous positionnant haut

Susan Nallet de GEM recommande cette tactique aux jeunes diplômées : "Demandez plus d'entrée de jeu quitte à négocier à la baisse. Vous pourriez regretter que des camarades recrutés après vous soient payés plus chers." Deux bonnes raisons plaident pour cette tactique en début de carrière : tout d'abord, mieux vaut rentrer en entreprise en étant payée à un niveau élevé dès le départ, car par la suite, les écarts de salaire hommes-femmes ne font souvent qu'augmenter. "Après 25 ans de vie professionnelle pour les diplômés d'une même promotion d'une même grande école, l'écart de salaire hommes-femmes peut atteindre 30 %. Et pas en faveur des femmes !", remarque Marie-Sophie Pawlak. Ensuite, les entreprises ont actuellement des enjeux de mixité. Elles ont besoin de recruter des femmes, notamment pour les profils scientifiques et techniques où elles sont peu nombreuses. Attention tout de même à ne pas vous positionner trop haut, au risque de voir votre candidature rejetée sine die. "Ne cherchez pas à obtenir plus de 15 % que le salaire moyen."

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4. Ne dites pas oui à tout, tout de suite

Ca y est : l'entreprise vous a proposé de vous embaucher en CDI et s'apprête à vous faire un contrat de travail. Surmontez votre envie de signer immédiatement ! "Quand on propose aux jeunes femmes une rémunération, la plupart du temps, elles l'acceptent sans discuter, quand les garçons se valorisent davantage sur le marché du travail", constate Magali David, directrice de la formation de Schneider Electric, un grand groupe industriel (19.000 salariés en France). Une erreur fatale à en croire Magali David : "Dans toute entreprise, les ressources humaines ont tendance à faire une proposition de salaire moyenne, voire en dessous de votre valeur pour favoriser la négociation : si vous ne négociez pas vous serez moins payée !" Faites valoir que vous apportez quelque chose en plus : une expérience internationale, une langue rare, un stage original, un job à l'étranger…

5. Négociez sans mollir

Le salaire proposé n'est pas à la hauteur de vos attentes ? Marchandez ! Première option possible : camper sur vos positions, en particulier si vous sentez durant l'entretien que vous êtes le candidat préféré dans la short-list. Dites vous que si vous êtes celle que l'employeur veut vraiment embaucher, vous pouvez être ferme et maintenir vos prétentions. Si l'entreprise ne peut pas suivre financièrement, elle vous le dira. Et il vous appartiendra alors d'accepter… ou pas !

6. Ne cédez pas sur le salaire sans négocier des contreparties

Autre option, si le poste vous intéresse vraiment, vous pouvez céder sur le montant du salaire, mais à condition d'obtenir quelque chose en échange. "Par exemple, négociez que dans six mois, quand vous aurez fait vos preuves et obtenu des résultats, votre salaire sera révisé à la hausse", préconise Marie-Sophie Pawlak. Vous pouvez aussi "dealer' une formation en contrepartie, une journée de télétravail hebdomadaire avec le matériel qui va avec (ordinateur portable, tablette, téléphone mobile)… Idem si vous êtes déjà embauchée et qu'on vous refuse une augmentation de salaire : "Négociez une prime exceptionnelle pour vos résultats, cela engagera moins l'employeur puisqu'il ne vous la versera pas tous les mois, mais une seule fois", conseille la présidente-fondatrice d'Elles Bougent. "Négociez une augmentation de salaire ou des contreparties en apportant des faits, des résultats chiffrés, pas juste un ressenti", ajoute Magali David chez Schneider Electric

Lire aussi : 3 novembre 11h44 : les femmes se mettent en "off" contre les inégalités salariales

7. Ne confondez pas salaire et rémunération

"Dans tous les cas, ne confondez pas salaire et rémunération", prévient Marie-Sophie Pawlak. C'est une parade classique des recruteurs pour ne pas dépasser l'enveloppe budgétaire allouée par le service des ressources humaines : essayer de vous convaincre en parlant rémunération globale quand vous négociez votre salaire. Par exemple, si le recruteur vous refuse un salaire brut annuel à 38.000 €, mais vous assure qu'avec l'intéressement, la participation ou le 13e mois votre rémunération globale sera bien de 38.000 €, vous pouvez tenter de défendre vos prétentions salariales de 38.000 € hors intéressement, participation et 13e mois. Enfin, dernière tactique pour gagner plus, oser faire carrière : "Rappelez-vous que le meilleur moyen d'augmenter fortement son salaire c'est encore de décrocher une promotion !", conclut la présidente d'Elles Bougent.

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