Crédit immobilier : les banques resserrent leurs conditions d’emprunt, les étudiants et jeunes actifs impactés

publié le 24 Mars 2020
5 min

Voilà une tendance qui n’a pas échappé aux emprunteurs et courtiers en crédit immobilier ! Les établissements financiers ont en effet durci leurs conditions d’accès ces derniers mois. Augmentation de l’apport personnel, abaissement de la durée des prêts, respect de la règle des 33%… Autant vous dire qu’il est de plus en plus difficile d’emprunter à la sortie d’études. L’emprunt immobilier serait-il devenu mission impossible pour les étudiants ? Réponses dans notre article.

Des conditions d’accès plus difficiles

Alors qu’entre 2017 et 2019 le rythme annuel de la production de crédits immobiliers avait progressé de 6%, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) semble avoir décidé de calmer l’emballement des épargnants.

Il a en effet recommandé aux banques de resserrer la vis en matière d’octroi de crédit immobilier. Des recommandations qui se basent à trois niveaux :

Le montant de l’apport personnel : les banques exigent désormais un apport personnel de la part des primo-accédants. Son niveau a d’ailleurs rebondi de 11,1% sur les 2 premiers mois de 2020 en glissement annuel. Un critère qui risque de rendre encore plus difficile l’accès à l’emprunt immobilier pour les étudiants qui disposent rarement d’un tel apport…

La situation financière de l’emprunteur : si la règle des 33% avait eu tendance à s’assouplir ces dernières années, cela devrait être de moins en moins le cas. Ainsi, pour espérer voir sa demande de crédit accordée, il faudra idéalement avoir un taux d’endettement situé entre 25% et 30%. Les étudiants pouvant rarement justifier de revenus fixes réguliers (ou alors ces derniers étant trop faibles), il parait judicieux que le projet immobilier soit financé à l’aide d’un parent.

La durée du prêt : à présent, les prêts supérieurs à 25 ans seront moins susceptibles d’être accordés.

Ainsi, si vous êtes encore étudiant(e) mais que vous envisagez tout de même une demande de crédit immobilier, vous devrez probablement trouver une personne (vos parents, un proche) qui accepte de se porter caution.

Celle-ci devra toutefois vérifier en amont que sa situation financière est suffisante pour assumer les mensualités du prêt. Pour cela, il est indispensable de connaitre sa capacité d’achat : elle regroupe la capacité d’emprunt, que vous pouvez simuler, ainsi que le montant de l’apport personnel.

Si ces nouvelles données ne semblent pas faciliter la tâche des étudiants, ne vous avouez pas vaincu trop vite. En effet, certains indicateurs du marché de l’immobilier restent encore encourageants…

Un taux d’intérêt moyen toujours très bas

Dans son baromètre publié en février dernier, l’observatoire Crédit Logement/CSA indique que le le taux d’intérêt moyen des crédits immobiliers continue d’avoisiner ses niveaux les plus bas : 1,3% en moyenne.

Un taux d’emprunt qui s’éloigne encore très peu de son record historique battu en juin 2019 (il était alors de 1,25%). De nombreux acquéreurs avaient d’ailleurs profité de cette période pour renégocier leur crédit.

Autre chiffre impactant de l’étude : en février dernier, la moitié environ des emprunteurs en France aurait obtenu un accord pour des crédits immobiliers présentant un taux inférieur à 1% (toutes durées confondues).

Si ces chiffres sont encourageants, il est toutefois conseillé de bien préparer son dossier de financement, d’autant plus lorsqu’on est étudiant. Les établissements financiers souhaitent obtenir le maximum de garanties possible pour prévenir les risques d’incapacité de paiement.

Si votre dossier a déjà fait face à un ou plusieurs refus, ne prenez pas cela pour une fatalité. Consultez différents établissements financiers, en commençant par votre banque. Certaines acceptent parfois de prêter avec des taux d’endettement supérieurs à 33% (36% voire 37%).

Vous l’aurez compris, votre dossier étudiant devra être particulièrement solide pour espérer décrocher un crédit immobilier. Si le marché reste encore attractif, les nouvelles recommandations du HCSF ont de quoi décourager. Reste maintenant à voir si elles seront appliquées par les établissements bancaires sur la durée.

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