Cyberharcèlement : dans les coulisses de la plateforme "3018"

Par Clément Rocher, publié le 10 Novembre 2022
5 min

Depuis 2021, le "3018" accompagne les jeunes victimes de violences numériques. Les équipes de l'association e-Enfance écoutent, sensibilisent et interviennent auprès des réseaux sociaux pour faire supprimer des contenus préjudiciables.

Écouter, conseiller et intervenir auprès des réseaux sociaux pour faire supprimer un contenu en quelques heures. Tel est le quotidien de Marine*, écoutante au "3018", la ligne téléphonique pour les jeunes victimes de violence numérique.

Depuis 2021, la jeune femme traite de nombreuses situations de cyberharcèlement. "Beaucoup de jeunes ont le sentiment de ne pas savoir quoi faire, ils se sentent vulnérables. Mais ils peuvent parler avec nous en toute confiance", explique-t-elle, entre deux appels.

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Une équipe pluridisciplinaire à l'écoute des jeunes

Reconnue d’utilité publique, l'association e-Enfance est l'acteur de référence de la protection de l'enfance sur Internet et de l'éducation à la citoyenneté numérique. Elle opère le "3018", le numéro national, gratuit et confidentiel, pour les jeunes victimes de violences numériques.

Au bout du fil, des psychologues, juristes, spécialistes des outils numériques, sont à l'écoute des adolescents et des parents et répondent à leur sollicitation. "Notre plus grande qualité, c'est l'écoute. On essaye aussi d'éveiller la conscience et la responsabilité des jeunes", continue Marine.

Si nécessaire, le "3018" peut également orienter les utilisateurs vers plusieurs services de prise en charge pour proposer un suivi psychologique ou une aide juridique.

Chantage à la webcam, revenge porn, violations de données

La plateforme est régulièrement sollicitée pour des cas de cyberharcèlement, sous forme de chantage à la webcam notamment. Cela signifie qu'un internaute menace de publier sur Internet une vidéo (souvent à caractère sexuel) qui pourrait nuire à la réputation d'une personne. Ce phénomène cible majoritairement des garçons de 15 ans.

Les filles sont davantage touchées par le revenge porn et les insultes en ligne. Le "revenge porn" consiste à se venger d'une personne en rendant publics des contenus pornographiques. La violation de données personnelles concerne également beaucoup de jeunes d'une manière générale. En 2022, près de 30.000 appels ont été gérés par la ligne d'assistance.

Le 3018 peut faire supprimer un hashtag

La numéro 3018 agit immédiatement à la demande des victimes pour signaler et faire supprimer des contenus préjudiciables en moins d'une heure de toutes les plateformes. "Notre politique c'est qu'on ne s'arrête pas tant que nous n'avons pas obtenu de résultat efficace", souligne Samuel Comblez, psychologue de l'enfance et de l'adolescence et directeur des opérations de l'Association e-Enfance à Paris (75).

La plateforme peut aussi être amenée à travailler directement avec les réseaux sociaux pour appuyer certaines situations. Elle a été particulièrement active à l'occasion de l'affaire de la jeune Mila en mettant en place une cellule de veille. Elle a aussi permis la suppression du hashtag #Anti2010 sur le réseau social TikTok.

Travail avec les académies et les établissements

Le cas échéant, la plateforme peut également alerter les référents harcèlement des académies, et conseiller une intervention au sein des établissements scolaires.

Les équipes du 3018 interviennent d'ailleurs régulièrement dans les établissements scolaires pour faire de la prévention sur les risques liés au numérique. En 2021, 150.000 élèves ont été sensibilisés aux usages responsables d'Internet et aux violences numériques.

*Le prénom a été modifié

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