Qu’est-ce qu’un bon lycée ?

Par Florian Dacheux, publié le 17 Mars 2021
6 min

Mercredi 17 mars, l’Etudiant publie son classement 2021 des lycées généraux et technologiques. À l’heure où la crise sanitaire perturbe fortement l’organisation des cours d’un établissement à l’autre, définir ce qu’est un bon lycée reste plus que jamais d’actualité. Et ce n’est pas forcément les plus prestigieux qui arrivent en tête. Explications.

C’est dans un contexte très particulier que l’Etudiant publie son tout dernier classement des lycées. D’abord en raison de la crise sanitaire, qui a entraîné l’annulation de la quasi-totalité des épreuves du bac 2020, puis des évaluations communes et des épreuves de spécialité du baccalauréat général et technologique 2021. Mais aussi en raison de la réforme du bac, qui a supprimé les séries S, ES et L en voie générale au profit de parcours individuels, choisis par chaque lycéen en fonction de ses goûts et de ses ambitions.

La classe de seconde : le facteur X

Avec tant de nouveautés, comment définir ce qu’est ou non un bon lycée en 2021 ? Son prestige ? Faux ! Bon nombre d’autres critères et facteurs entrent en jeu pour déterminer la qualité d’un lycée.

"Pour moi, un bon lycée, c’est un lycée où les équipes sont attentives au fait de mener tous les élèves de seconde en terminale en ayant le bac évidemment mais surtout avec un projet d’orientation construit et cohérent, témoigne Dominique Faure, proviseure du lycée de Carquefou (44) et secrétaire académique du SNPDEN 44. C’est en seconde que beaucoup d’élèves décrochent, redoublent ou se réorientent."

C’est là qu’intervient la capacité ou non d’un établissement à établir une pédagogie souple et adaptée aux profils pluriels des élèves. La clé ? Leur donner les moyens de se projeter vers la réussite dans l’enseignement supérieur en étant à l’écoute de leurs aspirations.

"On considère qu’ils sont grands, autonomes et capables de s’organiser, or on voit bien qu’un certain nombre éprouve des difficultés au début du lycée, poursuit-elle. C’est pourquoi les professeurs doivent être attentifs à la compréhension des méthodes de travail pour leur permettre de passer le cap des six premiers mois de la seconde."

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Equilibre entre bonne ambiance et travail personnel

Au-delà de cette bienveillance, les meilleurs lycées se démarquent grâce à une offre diversifiée en termes de spécialités et de langues. Mais aussi et surtout à travers des méthodes d’enseignement qui viennent casser les codes du traditionnel cours magistral.

Pour ce faire, les enseignants doivent être capables d’utiliser à bon escient les fameuses marges d’autonomie des établissements afin de mettre en place des temps d’apprentissage en demi-groupe ou par exemple la réalisation de Mooc en ligne. Sans oublier la faculté à faire émerger une vie associative et culturelle dynamique.

Attention tout de même au mirage. Un bon climat scolaire ne suffit pas. "Il faut que ce soit couplé avec l’exigence scolaire, prévient Dominique Faure. C’est une question d’équilibre. Un lycée où il fait bon vivre n’a pas forcément de bons résultats. Car il ne faut pas leurrer les élèves sur le fait que la réussite passe par du travail personnel à la maison."

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Numérique et accompagnement de proximité

Depuis le début de la crise sanitaire, l’hybridation des cours et l’usage du numérique se sont amplifiés. Du moins quand chaque foyer est suffisamment équipé, ce qui provoque de grandes inégalités. Les lycées tirent leur épingle du jeu quand les enseignants peuvent faire cours simultanément aux élèves présents physiquement et à ceux qui se trouvent derrière un ordinateur à la maison… Par opposition aux établissements qui se contentent de transmettre des documents. "Ces phénomènes se sont vraiment révélés pendant la Covid", corrobore Marie Masson, administratrice de la FCPE du Rhône.

Autre atout de taille ? La proximité. Il s’agit en effet de ne pas trop s’éloigner de son domicile, notamment pour profiter de la grande amplitude horaire de certains lycées (7h45–19 heures) afin de favoriser le travail en groupe et l’utilisation des outils sur place. Ce n’est pas l’avis de tous les parents d’élèves, notamment à Paris depuis la nouvelle version d’Affelnet qui resserre la carte scolaire en limitant le choix à cinq lycées situés à 25 minutes maximum de transport de leur domicile. Rien ne les empêchera de demander des lycées plus éloignés, mais ils ne seront pas prioritaires.

Enfin, le taux de réussite brut au baccalauréat ne veut absolument rien dire. "On sensibilise beaucoup les parents sur le fait de ne pas se laisser séduire par le 100% de réussite au bac car certains lycées, souvent privés, n’accueillent pas les élèves plus faibles pour conserver leur score, ajoute à ce sujet Marie Masson. La pression du résultat n’est pas source d’épanouissement. Ce sont les enseignants et les moyens mis en place comme les cours de soutien ou le tutorat pour faire progresser chaque élève en fonction de leur intérêt qui font un bon lycée." Tout est dit.

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