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Les débuts de Samuel, jeune directeur de magasin dans la grande distribution

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“Mon parcours professionnel est un peu "bordélique", ou disons sinueux. J’ai essayé beaucoup de choses qui ne m’ont pas plues.” C’est ainsi qu’à 27 ans, Samuel Burtin, aujourd’hui directeur du magasin Kiabi de Forbach (57), résume ses premiers pas sur le marché de l’emploi. Au départ attiré par le marketing, il finit par abandonner cette piste, faute de propositions, pour privilégier le management dans le secteur de la grande distribution, plus riche en opportunités.

Des stages "repoussoirs"


samuel, jeune diplômé grande distributionCôté parcours scolaire, Samuel a enchaîné sans difficulté un bac S, 3 ans à l’ICN (bachelor Sup’Est) puis une admission parallèle à Euromed Marseille où s’il se spécialise en management et marketing. Mais ses premiers passages en entreprise le laissent plutôt sur sa faim. “Après mon stage en ressources humaines chez Manpower et celui de vente en boutique chez Alain Manoukian, je savais ce que je ne voulais pas faire !”, sourit-il. Une réflexion qu’il a également à l’issue d’un CDD estival de mise en rayon chez Leclerc, avant d’entrer à Euromed : “La grande distribution, ça ne vous plaît pas. Vous, vous n’y travaillerez jamais !”, lui avait assené son responsable de l’époque. Une affirmation avec laquelle il était alors totalement d’accord car il se sentait fait pour travailler dans le marketing.

Persévérance et forcing


Pour son stage de fin d’études à Euromed, il jette son dévolu sur la Hongrie. “Je voulais aller dans un pays européen en “voie de développement”. Et personne à Euromed n’avait encore choisi Budapest”, explique le jeune homme. Avec 2 propositions de mission : une en publicité chez Publicis et l’autre en marketing chez Renault. Mais une fois sur place, les deux tombent à l’eau. “J’ai passé 1 mois à faire du porte-à-porte, avec mon costume et ma sacoche par – 10°C, auprès de toutes les entreprises ayant un département marketing ou communication.”

En faisant jouer les relations d’une étudiante de l’ICN ayant déjà fait un stage en Hongrie, il finit par décrocher difficilement un stage à la mission économique de Budapest. “Selon les responsables de la mission, ce qui posait problème dans mon CV, c’était que je n’étais passé ni par l’ENA, ni par HEC. Je les avais déjà eu une dizaine de fois au téléphone et je leur ai dit de me prendre à l’essai 3 jours.” Un forcing qui finit par déboucher sur un stage de 6 mois pour réaliser une étude concurrentielle sur les télécoms en Hongrie. Une expérience riche, mais qui ne lui donne aucun élément supplémentaire pour atteindre son objectif : postuler dans le marketing.

Crédibiliser son profil en marketing


Une fois son diplôme Euromed en poche, il essaie donc de trouver un stage en marketing, mais limite ses recherches à l’Alsace-Lorraine. Une cinquantaine de candidatures spontanées et trois offres plus tard, Samuel reçoit des réponses positives de Kronenbourg, Réa-Granini et Stabilo. “J’avais préparé mes entretiens avec une copine qui s’orientait vers les ressources humaines. Elle a relu mon CV, m’a dit sur quoi les recruteurs allaient venir me titiller, et notamment sur l’absence de stage en marketing”. Samuel finit par décrocher un stage de 7 mois comme chef de produit adjoint, pour développer la marque Réa à Sarre-Union (67). Une expérience encore une fois “enrichissante”, mais qui ne se solde pas pour autant par une embauche, le responsable disant rechercher un candidat expérimenté.

Des points communs avec le recruteur


Samuel, qui ne souhaite toujours pas braver la capitale où sont concentrées les offres d’emploi en marketing, abandonne l’idée de chercher dans ce secteur et se tourne vers le management avec une urgence : rembourser son prêt d’études. Ses lettres de candidature ciblent à nouveau les entreprises de la région. “Deux jours après la réponse à une annonce de Kiabi sur un poste de manager des ventes trouvé sur un site de recrutement, j’ai eu un entretien avec le directeur du magasin de Strasbourg.” Bingo ! Le courant passe immédiatement. Samuel et le recruteur se découvrent en effet rapidement quelques points communs : tous deux sont amateurs de volley… et de la Hongrie !

De manager des ventes à directeur de magasin


“Il me prenait dans son magasin de Strasbourg, mais, moi, je voulais habiter sur Nancy et je n’étais pas d’accord sur le salaire.” Son culot sera payant puisqu’on lui propose un CDI comme manager des ventes dans un nouveau magasin Kiabi, qui ouvre à Saint-Dié (88). Depuis, sa carrière a été très rapide. Manager des ventes enfants à Nancy, épreuves internes (“assessments”) réussies pour passer directeur de magasin, promotion comme directeur du magasin de Forbach. “Aujourd’hui, ma motivation à travailler dans la grande distribution, je la trouve surtout dans la possibilité de développer l’enseigne en Europe Orientale.” Tout sauf Paris.
 

L’avis de Guillaume Pâris, consultant dans le cabinet de recrutement JP Consultant, spécialisé dans les métiers de la grande distribution


“Samuel a le parcours chaotique classique d’un jeune diplômé du secteur. À la sortie de l’école, il veut absolument faire du marketing, mais les débouchés sont très limités. Il ne s’en donne d’ailleurs pas vraiment les moyens puisqu’il refuse de braver la capitale. Et pourtant, il s’était bien déplacé pour faire une école à Marseille ! Finalement, le parcours de Samuel, c’est "tout sauf la grande distribution", alors qu’il va s’y retrouver et occuper des postes à responsabilités bien plus que dans d’autres secteurs. Le stage d’assistant chef de produit chez Rea ne lui a sans doute pas servi pour son recrutement chez Kiabi, puisque ce qui a le plus compté dans son recrutement a été sa capacité à manager une équipe et son diplôme d’Euromed. Le fait d’avoir fait du volley en équipe l’a certainement plus aidé que ce stage ! C’est une évidence à rappeler, mais les stages sont utiles surtout s’ils concernent les métiers que l’on vise. Pour les démarches de recherche d’emploi, il a fait, selon moi, ce qu’il fallait. C’est un secteur où toutes les enseignes recrutent!”