1. De la licence d'éco à l'ébénisterie : Ludovic crée des lunettes en bois
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De la licence d'éco à l'ébénisterie : Ludovic crée des lunettes en bois

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Passionné par le bois, Ludovic Donat-Magnin s'est reconverti en créateur de lunettes. // © Sophie Narses
Passionné par le bois, Ludovic Donat-Magnin s'est reconverti en créateur de lunettes. // © Sophie Narses

IL VA FAIRE LA UNE. Ébéniste, Ludovic Donat-Magnin conçoit des lunettes en bois dans le Vaucluse. Des sciences éco, qu’il a étudiées à Londres, à la découverte de sa vocation, son parcours est atypique. Rencontre avec un jeune homme qui a su changer de voie pour revenir à son premier amour : le fait-main.

Confort, éco-responsabilité et élégance sont ses maîtres mots. Lui, c'est Ludovic Donat-Magnin. Du haut de ses 29 ans, il est un créateur de lunettes inédites. Installé dans le Comtat Venaissin, dans le département du Vaucluse, ce jeune menuisier-ébéniste est passionné par le bois, la lunetterie et la "belle ouvrage".

Aujourd'hui, après des mois de réflexion et de tests sur prototypes, il met au jour une quinzaine de paires de lunettes par mois. Le nom de son atelier, Arka, a surgi de son enfance et de ses 20 années passées dans la région du Kerala, située dans le sud-est de l'Inde. "C'est un des noms de Surya, la divinité solaire de l'hindouisme. Quand il a fallu choisir un nom de marque, je me suis dit que c'était parfait pour des lunettes", confie Ludovic.

Retour en CAP

Ludovic se découvre avoir "toujours été un manuel". Après une licence d'économie à Londres qui n'aboutit pas, il se lance, à son retour en France à l'âge de 22 ans, dans un CAP menuisier-ébéniste. "Je me suis formé dans le bois pendant quatre ans avant d'apprendre le prototypage de lunettes." Alors menuisier salarié dans une entreprise, Ludovic entreprend, après ses journées de travail, la fabrication de lunettes en bois, dans son atelier aménagé à Saint-Pierre-de-Vassols (84).

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Après une année de travail acharné, il peaufine sa technique puis lance officiellement son label en 2014. "Ayant choisi le bois, il m'a paru évident de travailler exclusivement à la main, sans assistance numérique, et d'utiliser des huiles naturelles et des colles écologiques. Je choisis des bois issus de forêts gérées de façon éco-responsable. Aussi bien dans la technique que dans le design, les possibilités que nous offre le bois sont infinies et permettent d'être créatifs. Le choix des associations des essences de bois et les mariages de couleurs se font dans la spontanéité et selon l'inspiration du moment présent."

Et maintenant... les nœuds papillon

De la découpe à l'assemblage, du ponçage à la finition, Ludovic met en moyenne 15 heures de travail minutieux avant de monter une paire aboutie. Au cœur de sa fabrication, on découvre la technique du lamellé-collé, qui est une superposition de couches de bois assemblées les unes aux autres. Un procédé qui apporte une résistance ainsi qu'une extrême légèreté à ces pièces uniques désormais convoitées.

Elles sont aujourd'hui en vente dans trois boutiques de créateurs du Vaucluse, dont La Manufacture à L'Isle-sur-la-Sorgue. "Je suis content car cela me sort de mon atelier. C'est un collectif donc on se relaie pour assurer les permanences. Cela permet d'être au contact des clients et de pratiquer de la vente en direct", assure Ludovic qui vend ses œuvres également via son site Web.

Après s'être récemment lancé dans la conception de nœuds papillon, Ludovic est sur le point d'entamer une collaboration pour une série de bijoux en bois. Et continuer ainsi à cultiver les rendus mat et raffinés dont lui seul a le secret.