Bac 2021 : les lycéens demandent l’annulation du grand oral

Par Thibaut Cojean, publié le 01 Avril 2021
4 min

Alors que les lycées vont fermer pendant quatre semaines dès le mardi 6 avril, les syndicats lycéens s'inquiètent des conditions d'organisation du grand oral et demandent au ministère de l'Éducation nationale de se positionner au plus vite sur les épreuves écrites du mois de juin.

Les lycéens ne se sentent pas prêts à passer les épreuves finales du baccalauréat 2021. L’annonce de la fermeture des lycées du 5 avril au 3 mai, pour deux semaines de cours à distance et deux semaines de vacances, a mis en lumière leur inquiétude quant à leur état de préparation.

Les épreuves maintenues pour le moment

L’allocution du président de la République, ce mercredi, a en effet été rapidement suivie de dizaines de tweets de lycéens demandant l’annulation du grand oral et de l’épreuve écrite de philo.

Or, "il n’y a aucune annonce sur une éventuelle adaptation des conditions de notation et d’évaluation des années de première et de terminale", écrit la Fidl, syndicat lycéen, dans un communiqué publié dans la soirée. La réponse est intervenue dès ce jeudi matin. Sur RTL, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a conservé sa ligne de conduite : "L’objectif est de maintenir autant que possible les examens tels que prévus aujourd’hui." Cela concerne donc la philo et le grand oral, mais aussi l’épreuve anticipée de français, les épreuves du bac pro et les épreuves de BTS.

Jean-Michel Blanquer estime que "la situation sanitaire sera très améliorée en juin" et que cela permettra de "maintenir l’exigence du bac". Mais ce n’est pas la situation future qui inquiète les élèves, mais bien celle des derniers mois. "On n’a pas eu une heure pour préparer le grand oral, ça va se passer dans des conditions catastrophiques", redoute Mathieu Devlaminck, président de l’UNL. Le syndicat lycéen demande "la neutralisation du grand oral" et "au minimum une concertation" pour l’épreuve de philo.

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Les lycéens mal préparés

"Certains élèves n’ont pas eu de cours de philo depuis octobre car les profs ne sont pas remplacés. Dans quelles conditions va se passer l’épreuve ? On n’a aucune info", poursuit-il. Le ministère de l’Éducation nationale confirme à l’Etudiant qu’à ce stade, aucun changement n’est à attendre concernant les épreuves de juin, et qu’aucune concertation avec les syndicats n’est prévue pour le moment. Depuis une circulaire publiée le 24 décembre 2020, le ministère s'accorde en effet le droit de modifier les modalités des examens jusqu’à 15 jours avant leur tenue.

Un délai qui fait bondir les lycéens ! "On ne peut pas tout changer en 15 jours, réagit Mathieu Devlaminck. On demande un plan concret qui aurait dû être fait il y a six mois." Sacha Hagland, le président de la Fidl partage cet avis : "Il y en a marre de se retrouver constamment confrontés à des annonces de dernière minute qui modifient sans arrêt les conditions des examens."

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"La même situation qu’il y a un an"

Au-delà des épreuves du bac, l’annonce de la fermeture des lycées a été accueillie plutôt froidement. "Ce n’est pas inattendu, mais décevant, résume le président de l’UNL. C’est la conséquence de la gestion de la crise depuis six mois. Il fallait mettre les moyens sur la table dès le mois de novembre [pour maintenir les écoles ouvertes dans de bonnes conditions sanitaires]."

Craignant que la fermeture renforce les inégalités, Mathieu Devlaminck souffle. "Personne n’est prêt, on est dans la même situation qu’il y a un an, on n’a rien appris des erreurs de l’an dernier". Dans son communiqué, la Fidl dénonce elle aussi, "l’incapacité du ministre de l’Éducation nationale à tirer les conséquences sur les lycéens de la période que nous vivons".

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