Master : le droit à la poursuite d'études est modifié dès la rentrée 2021

Par Amélie Petitdemange, mis à jour le 14 Mai 2021
5 min

Le droit à la poursuite d'études en master n'est pas correctement appliqué, révèle une enquête du Hcéres. Il sera réformé dès la rentrée 2021.

Depuis la réforme de 2017, la sélection en master se fait en M1 et non en M2 et un droit à la poursuite d'études a été créé. Dans le cas où vous ne seriez reçu dans aucun master alors que vous avez validé votre licence, vous pouvez ainsi engager une démarche de poursuite d'études auprès des services rectoraux sur le portail trouvermonmaster.gouv.fr. Le rectorat doit alors vous faire des propositions de formation.

Mais, en pratique, de nombreux étudiants n'ont pas d'affectation malgré leur recours auprès du rectorat. Sur plus de 12.000 saisines en 2020, plus de 7.000 ont été considérées comme recevables. Parmi elles, 159 étudiants ont reçu trois propositions et 365 en ont reçu deux, selon un rapport du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres). Au total, quatre étudiants sur 10 ont reçu au moins une proposition, pointe la CGT FERC Sup.

Par ailleurs, ces propositions ne conviennent pas toujours aux étudiants. Elles ont en moyenne été acceptées une fois sur trois entre 2017 et 2019, précise Anne-Sophie Barthez, directrice générale de l'Enseignement supérieur et de l'Insertion professionnelle (DGESIP).

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+129% des saisines pour le droit à la poursuite d'études en master

En parallèle, le nombre de saisines explose au fil des années. Entre 2019 et 2020, l'augmentation a atteint 129%, souligne le Hcéres. Cette hausse est, entre autre, due à la sélection à l'entrée du M1 de droit, qui n'a été mise en place qu'en 2020, contre 2017 pour la majorité des disciplines.

Certaines disciplines sont en effet plus concernées que d'autres : le droit et la science politique représentent un tiers des saisines, suivis par les sciences, les sciences de la vie en tête puis l’éco-gestion et la psychologie.

Conditions d'accès au master

" Après 4 ans de déploiement de la réforme, il était naturel de tirer les conséquences de ce qui doit encore être amélioré", admet Anne-Sophie Barthez, qui annonce plusieurs changements pour la rentrée 2021. Il sera désormais obligatoire de candidater dans cinq masters, contre deux auparavant, dans au moins deux disciplines distinctes et deux établissements différents.

Le mode d'examen des demandes est aussi réformé. "Nous allons fluidifier encore davantage le droit de poursuite d’études, notamment en créant des commissions rassemblant, à l’échelle de la région académique, tous les établissements proposant une offre de master. Cette réunion permettra, un peu comme pour les CAES (Commissions d’accès à l’enseignement supérieur, NDLR) dans la procédure Parcoursup, une recherche collective de solution", annonce Anne-Sophie Barthez. Les établissements se réuniront pour étudier les dossiers et répartir les étudiants. Jusqu'à maintenant, le recteur contactait les chefs d'établissements individuellement pour leur proposer des candidats.

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Formation en master hors de sa région

La réponse du rectorat change également. Le recteur pourra librement proposer un master qui n'est pas de sa région académique, alors qu'il devait auparavant demander l'autorisation du recteur de l'autre académie. Il devra par ailleurs proposer deux formations minimum, au lieu de trois.

Pour qu'une proposition non retenue puisse bénéficier plus rapidement à un autre étudiant, le délai de réponse est par ailleurs raccourci à huit jours, contre quinze actuellement.

Le décret qui prévoit ce durcissement du droit à la poursuite d'études a été rejeté par le Cneser le 12 janvier. Il devrait bientôt être publié par le ministère de l'Enseignement supérieur.

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Création de places en master

Plusieurs milliers de places seront par ailleurs ouvertes en master, notamment dans les formations les plus concernées par les saisines de droit à la poursuite d'étude. "Jusque-là, nous ne financions des places qu'en premier cycle. Mais le boom démographique de première année qu'on a connu il y a trois ans va se retrouver à la rentrée 2021 en demande de master et les demandes vont encore augmenter", explique Anne-Sophie Barthez.

Les établissements vont faire remonter leurs besoins à la DGESIP, qui statuera ensuite sur le nombre exact de places qui seront créées. Actuellement, 170.000 places sont disponibles en master.

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