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Regards sur l’éducation 2015 : l'OCDE pointe du doigt nos formations pro

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Contrairement aux élèves du lycée pro des métiers de l'aéronautique Airbus, de l'usine Saint-Eloi les diplômés de bac pro ou CAP/BEP peinent à trouver un emploi qualifié, selon l'OCDE. // © Lydie Lecarpentier/REA
Contrairement aux élèves du lycée pro des métiers de l'aéronautique Airbus, de l'usine Saint-Eloi les diplômés de bac pro ou CAP/BEP peinent à trouver un emploi qualifié, selon l'OCDE. // © Lydie Lecarpentier/REA

Mardi 24 novembre 2015, l’OCDE publie la nouvelle édition de son rapport Regards sur l’éducation 2015. Pour l'organisation mondiale, la France se distingue notamment pour sa mauvaise insertion professionnelle des diplômés les moins qualifiés et des apprentis.

"En France, les filières professionnelles (équivalent baccalauréat professionnel, CAP/BEP) cumulent deux problèmes majeurs : elles ne débouchent pas assez souvent sur des emplois qualifiés et n'offrent à leurs diplômés que des chances limitées de poursuivre des études, alors même que certains programmes (DUT, BTS) sont censés les accueillir", constate le rapport Regards sur l'éducation 2015, publié ce 24 novembre. Le taux de chômage (14 %) est ainsi plus élevé chez ces profils que chez les diplômés d'un niveau supérieur.

L'orientation des bacs pro délaissée

Selon Éric Charbonnier, analyste des politiques de l'éducation à l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), "si les bacs pro débouchent moins sur des études supérieures que dans les autres pays, c'est une conséquence du succès des IUT (instituts universitaires de technologie) auprès des titulaires d'un bac général, qui avaient à l'origine été créés pour offrir des débouchés aux bacheliers professionnels".

Pour lui, "il faut davantage faire rentrer l'entreprise dans les établissements du secondaire, mais aussi que les membres du personnel accompagnent leurs élèves individuellement dans leur projet professionnel. Il y a un déficit d'orientation en France par rapport aux autres pays, surtout dans ces filières dévalorisées où l'on envoie les élèves en échec".

Des efforts à faire sur l'apprentissage

Autre défaut de l'éducation française pointée du doigt dans le rapport : "les jeunes n'ont pas suffisamment accès à l'apprentissage". De plus, lorsque c'est le cas, "les apprentis ne sont pas embauchés à la fin de leur contrat d'alternance", constate Éric Charbonnier.

À l'inverse de la France, d'autres pays, comme l'Autriche, la Suisse, l'Allemagne, ou encore les Pays-Bas, font office de bons élèves, avec des formations professionnelles qui combinent études et emploi, avec embauche à la clé.