Des étudiants veulent pousser les établissements à penser écologie

Par Thibaut Cojean, publié le 17 Février 2021
5 min

À travers un rapport soulignant l’absence de l’écologie dans les programmes des grandes écoles et des universités, l’association "Pour un réveil écologique" tente de pousser l’enseignement supérieur à réfléchir à la transition écologique.

Alors que le projet de loi Climat et Résilience a été présenté le 10 février en Conseil des ministres, certains étudiants pensent qu'il est urgent que l’enseignement supérieur opère un virage écologique "radical". "La demande des étudiants est énorme, estime Caroline Mouille, porte-parole de l’association ‘Pour un réveil écologique’. Beaucoup sont frustrés au quotidien par ce qu’ils apprennent."

Ce sentiment de frustration a poussé le collectif dont elle est membre à lancer un baromètre sondant la place accordée à l’environnement et à l’écologie dans les formations de l’enseignement supérieur. Une série de questions a été envoyée à toutes les universités de métropole et à une centaine d’écoles de commerce et d’ingénieurs.

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Une prise de conscience qui manque de concret

Seuls 39 établissements ont répondu : 7 universités, 13 écoles de commerce et 19 écoles d’ingénieurs. Selon Caroline Mouille, ces réponses proviennent du "haut du panier", c’est-à-dire des "établissements déjà engagés". Cela ne suffit pas pour dessiner un tableau exhaustif de la situation, mais l’association en dégage tout de même quelques tendances.

"Depuis deux ans, il y a d’énormes améliorations des écoles, qui commencent à prendre en compte ce que cela signifie pour les étudiants", se félicite l’étudiante en dernière année d’école d’agronomie. Mais ces progrès sont inégaux. Selon l’association, si les écoles d’ingénieurs ont déjà saisi le sujet, celles de commerce "commencent à comprendre". "C’est plus compliqué dans les universités", regrette la coordinatrice du rapport.

Le baromètre constate aussi que "tous les établissements ont implémenté des mesures liées à la gestion durable des campus", mais qu’"aucun n’inclut les enjeux de transition écologique dans l’ensemble de son livret pédagogique, c’est-à-dire dans toutes les matières enseignées".

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"Parfois, on apprend des choses à nos enseignants"

"Les formations ne se concentrent pas sur l’essentiel, résume l’étudiante. Les établissements communiquent sur les actions mises en place dans les écoles mais oublient les programmes." Soucieuse de ne pas braquer les établissements, elle précise que "ce n’est pas de la mauvaise volonté, mais un manque de compréhension des enjeux", doublé d’un "manque flagrant de moyens financiers et humains".

Au-delà des données absolues, il est difficile de commenter plus avant des statistiques issues d’éléments parcellaires et – de l’aveu même du collectif – non vérifiés. Pour autant, l’intention première du rapport n’est pas de dresser un état des lieux, mais d’accompagner les écoles dans leur transformation écologique.

Des étudiants qui guident les établissements dans la rédaction de leurs programmes ? Insolite, mais assumé. "Parfois on apprend des choses à nos enseignants", souffle Caroline Mouille, qui observe que "les étudiants qui nous rejoignent sont de plus en plus éclairés".

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Un guide de réflexion pour les étudiants

Elle assure que leurs questions, formulées par des étudiants, ont été "validées par la CPU (Conférence des présidents d’université) et la CGE (Conférence des grandes écoles) et correspondent à la réalité des établissements". Avec cet objectif : "Permettre aux établissements de se poser des questions et de répondre aux manquements."

"Pour un réveil écologique" défend une transition radicale, "dans le sens ambitieux", appuie Caroline Mouille. "Mettre du vernis vert sur l’existant n’aura pas d’effet." Or, à l’heure où les lycéens font leurs choix sur Parcoursup, l’association regrette l’absence de cette vision dans l’enseignement supérieur. "Il n’y a nulle part où on y arrive", balaie la militante. Pour aider les lycéens et étudiants qui partagent cette vision, un guide de réflexion a été mis en ligne sur le site internet du collectif.

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