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Enquête

Ecoles de commerce : des dispositifs pour diversifier les profils

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Plusieurs dispositifs existent pour aider les étudiants issus de milieux défavorisés à intégrer les grandes écoles. // © freeograph / Adobe Stock
Plusieurs dispositifs existent pour aider les étudiants issus de milieux défavorisés à intégrer les grandes écoles. // © freeograph / Adobe Stock

#OUVERTURESOCIALE [Série spéciale]. Les grandes écoles de commerce sont réputées pour leur sélectivité, mais aussi pour favoriser la reproduction sociale des élites. Pour autant, de nombreux dispositifs fleurissent pour diversifier les profils et attirer les meilleurs étudiants, y compris ceux qui sont issus de milieux moins favorisés.

"Je viens d’un milieu peu favorisé, j’avais peur de me lancer". Pour Abykaelle, boursière échelon 6 qui a eu son bac avec une mention très bien, faire une prépa et poursuivre en école de commerce n’allait pas de soi. Quand elle a eu connaissance du concours Ascension sociale de Grenoble Ecole de Management (GEM), elle a saisi cette opportunité.

Lever le bouclier de l’auto-censure

C'est bien là l’objectif de ce type de dispositifs : lever le bouclier de l’auto-censure et diversifier les profils, mais en maintenant la méritocratie. "Nous voulions qu'une place dans notre école dépende du mérite des étudiants et non d’une appartenance économique. Nous avons décidé de proposer un concours spécifique avec une évaluation adaptée à des candidats d’origine modeste", résume ainsi Jean-François Fiorina, directeur général adjoint de GEM.

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C’est le cas de Maé, étudiante en première année à GEM arrivée par ce concours. Après une prépa économique et commerciale option technologique, elle décide de tenter les concours Ecricome et BCE pour se challenger avec succès. "J’ai été admissible à HEC et admise à l’ESSEC. Mais finalement, j’ai choisi d’intégrer l’école grenobloise qui m'avait réservée ma place et qui a su m’accompagner dans l’ensemble de mes démarches".

L’ambition est la même à l’EM Strasbourg qui a lancé le concours Trajectoire management dédié aux candidats de l’IUT GEA de l’Université de Strasbourg. "Nous voulions diversifier les profils de l’EM Strasbourg en recrutant d’excellents élèves, étant donné la sélectivité élevée de l’IUT. Nous voulions aussi faciliter l’accès à des élèves boursiers. Nous avons environ 20 à 25% de boursiers via ce parcours", précise Babak Mehmanpazir, directeur général adjoint de la business school.

Garantir une intégration au mérite

Les deux dispositifs reposent sur un concours post-bac. Ils garantissent à ceux qui les réussissent d’avoir une place respectivement au sein de Grenoble EM et de l’EM Strasbourg, après une formation de deux ans.

À Grenoble, les candidats retenus peuvent choisir d’aller dans une formation partenaire en classe préparatoire, en BTS, en DUT, etc. pendant deux ans avant d’intégrer GEM. Pour rester dans la philosophie du concours et éviter les biais, c’est l’association FACE (Fondation agir contre l’exclusion) qui s’occupe de sélectionner des lycéens issus de milieu économique modeste.

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À l’EM Strasbourg, les candidats qui ont réussi le concours et qui sont sélectionnés par l’IUT GEA Louis Pasteur de l’Unistra, intègrent cette formation pendant deux ans. S’ils obtiennent leur diplôme, ils pourront intégrer l’école de management.

Dans ces deux dispositifs, ce sont entre 20 et 25 élèves qui intègrent les écoles de management à l’issue du concours. Mais les deux écoles ont l’ambition d’étendre leurs programmes dans les prochaines années.

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Agir sur les frais de scolarité

Les écoles de commerce sont nombreuses à proposer des aides financières au mérite dédiées aux étudiants en difficulté, notamment aux boursiers. Maé, boursière échelon 5, a ainsi bénéficié d'une remise de 10% de ses frais de scolarité à Grenoble EM. Elle a aussi été aidée pour obtenir un prêt bancaire.

L’Institut Mines-Télécom Business School a choisi d’agir sur les frais de scolarité pour les étudiants boursiers. Cette école de commerce a la particularité d’être publique et rattachée au ministère de l’Économie. "Dans notre école, tous les étudiants boursiers sont exonérés de droits de scolarité, ce qui représente 40% de nos étudiants du programme grande école", résume Denis Guibard, directeur général de l’établissement.

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L’école a choisi d’aller plus loin dans sa démarche sociale dans un contexte de hausse de ses droits de scolarité : à partir de juillet 2020, les frais de scolarité passe à 7.750 euros (contre 7.050 euros depuis 2018). Mais, pour "réduire l’effet seuil entre les étudiants qui paieront l’ensemble des frais et ceux qui sont exonérés à 100%, nous avons choisi de créer un tarif intermédiaire. Il s’adresse aux étudiants dont les ressources dépassent de 5.000 euros le plafond fixé pour l’attribution d’une bourse. Ces étudiants s’acquitteront de droits réduits à 5.000 euros au lieu de 7.750 euros", précise le directeur général.

Cette mesure vise aussi à accompagner les étudiants qui ne peuvent pas prétendre à une bourse mais qui peuvent avoir des difficultés financières. En tout, ce sont 4 millions d’euros qui sont dédiés au volet ascenseur social.

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