Écoles de commerce : en immersion dans les oraux d’admission

Par Agnès Millet, publié le 02 Juillet 2021
5 min

Si l’année 2020 a été marquée par la suppression des oraux d’admission en écoles de commerce, la session 2021 a permis aux admissibles de faire leurs preuves à l’oral, le plus souvent en présentiel. L’Etudiant a assisté aux oraux de l’EM Normandie. Reportage.

En cet après-midi pluvieuse de juin digne d’un mois de septembre, des jeunes femmes et hommes, assis dans un amphi parisien, écoutent attentivement le directeur de campus de Paris de l’EM Normandie.

On pourrait croire être entré, par erreur, en plein cours. Pas du tout ! Ce sont les candidats admissibles, en pleine présentation de l’établissement et des spécificités de son programme Grande école.

Prendre la température d'une école de commerce pour confirmer son choix

C’est par ce briefing que sont accueillis les candidats. Après avoir passé le cap des épreuves écrites du concours, c’est le grand moment des oraux. De la mi-juin à début juillet, ils bouclent ainsi un véritable Tour de France.

Un exercice difficile et sélectif qui génère beaucoup de stress mais l’occasion aussi de prendre la température d’une école pour confirmer son envie. Pour Houdal, candidate marocaine, admissible dans six écoles, "venir étudier en France, c’est la possibilité de faire des échanges internationaux". Alors qu’elle se destine à une carrière en cabinet d’audit, elle hésite entre deux établissements. "Le meilleur critère est de choisir une école proche de nous. Pour repérer les spécificités de chacune, j’ai recherché toutes les informations possibles : sites internet, réseaux sociaux, discussions avec mes profs de prépa."

Évidemment, si la place dans les classements compte, les étudiants prennent aussi en compte d'autres éléments. Houdal considère notamment la richesse des partenariats à l’étranger, la possibilité de l’alternance, un incubateur solide et une aide à l’insertion professionnelle.

Elle se confie dans un moment de détente, après son oral de 30 minutes. "L’accueil est très chaleureux et le jury, vraiment sympa." Car ici, tout est fait pour mettre le candidat à l’aise.

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Un air de vacances et Macarena

Il y a même un air de vacances : ballons, musique mais aussi café, boissons et collations… Pour éviter que la pression ne monte trop, des animations sont proposées : jeux de société, ou même un blind test enfiévré !

Même si l’esprit de compétition n’est pas loin – quand les équipes se baptisent les "winners" et les "warriors" -, lorsque retentit une improbable Macarena dans la salle de réunion, tous les candidats en costume ou tailleur se lèvent pour improviser une chorégraphie digne d’un week-end d’intégration.

De quoi provoquer un coup de cœur et séduire les potentiels admis, qui en oublient parfois leur tote bag cadeau, au moment de monter passer leur entretien.

Suivez les "admisseurs"

C’est Jannaï, chargé de promotion de l’école, qui a orchestré cet accueil, pour que les admissibles sentent l’ambiance de l’école. Une réussite, selon lui : "d’habitude, les candidats sont très stressés mais cette année, ils lâchent les chevaux !" Après des mois à distance, pouvoir se rencontrer est un soulagement pour tous.

Mais la mission prioritaire de Jannaï, "c’est qu’aucun candidat ne se sente seul". Alors, les "admisseurs" – ces étudiants de l’école qui servent de guide aux candidats – discutent avec eux dès leur arrivée et répondent à toutes les questions sur le déroulement de l’après-midi ou sur la vie d'étudiant.

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L'oral, une rencontre entre l'école et le candidat

Pour les jurys aussi, faire passer les oraux "en vrai" plutôt qu'en visio permet de mieux cerner les candidats. Il ne s’agit plus de prouver ses compétences académiques, mais de convaincre de sa motivation. Parfaitement préparés, certains sont tout de même plus à l’aise que d’autres.

En quelques minutes, on présente son parcours et son projet professionnel… Le développement durable est dans toutes les têtes, avec parfois des ambitions étonnantes – devenir président de la République – ou qui semblent contradictoires.

L’échange avec le jury s’engage : "Pourquoi voulez-vous étudier en France ? Racontez-nous un peu quelle entreprise vous voulez lancer, puisque c’est l’entrepreneuriat qui vous intéresse ?". On parle d’autosuffisance alimentaire, de basket-ball… C’est une rencontre entre l'école et le candidat.

L’objectif est d’évaluer la motivation, les capacités de communication et les qualités relationnelles… Mais pas seulement. "En tant que jury, je veux que les candidats sortent de l’entretien avec quelque chose d’utile. Alors, je leur donne parfois un conseil pour leurs autres oraux", explique Octavio Escobar, professeur d’économie.

Car dans quelques jours, il faudra remettre le costume pour recommencer l’exercice dans une autre école !

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