Ecoles de commerce : l’apprentissage, un levier d'ouverture et d'insertion

Par Agnès Millet, publié le 02 Decembre 2020
6 min

Proposé dans presque toutes les écoles de management, l’apprentissage permet à l’étudiant de suivre son cursus et de développer une expérience professionnelle… tout en étant salarié ! Une formule qui se développe : un diplômé sur cinq en 2019 était un apprenti.

Loin de l'image d'une voie de garage, l'apprentissage dans le supérieur est devenu au fil des années un atout d'insertion professionnelle. Étudiante en 3e année de PGE (programme grande école) à Burgundy SB, Margaux a ainsi choisi de suivre une partie de ses études en apprentissage. Pour l'étudiante lyonnaise cette formule est "un tremplin pour l’avenir".

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"Un accélérateur de maturité professionnelle"

Mais attention la jeune femme a pris soin de choisir son entreprise et son poste. "Pour gagner en expérience, je voulais trouver un terrain d’alternance pour un an et demi, mais pas à tout prix. J’ai donc préféré attendre le bon poste et la bonne entreprise, en adéquation avec mon parcours dans le marketing stratégique, et ne faire qu’un an d’alternance", raconte-t-elle.

Avec la crise sanitaire et les cours à distance, Margaux a ainsi pu élargir son champ d’investigation. Depuis la rentrée, elle est "retail merchandiser" chez Hanesbrands, à Paris, avec un objectif en ligne de mire : "multiplier mes chances de décrocher le CDI qui me plaise, après mes études".

Géraldine Ernst, directrice des relations-entreprises de l’Istec, école qui accueille 71% d'apprentis, confirme. L’apprentissage est "un accélérateur de maturité professionnelle. Nous rappelons ainsi à nos étudiants qu’en tant que salarié, ils ont des droits et des devoirs. Ils sont responsables de leur image et de leur assiduité".

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Un choix d'études exigeant… et payant !

Néanmoins, cet investissement doit aller de pair avec l’implication académique. Il faut gérer les priorités et les délais, en entreprise et à l’école. À l’issue de cette expérience, l’apprenti décroche "le même diplôme que les élèves ayant le statut étudiant", relève Bruno Ducasse, directeur de Montpellier BS.

De quoi booster son diplôme comme passeport vers l’emploi : selon la Conférence des grandes écoles (CGE), moins de six mois après l’obtention du diplôme, le taux d’emploi des apprentis en école de management atteint 88,8%, contre 86,9% pour l’ensemble des diplômés 2019. Certains secteurs en sont très friands, comme la grande distribution.

"Pour l’entreprise, l'apprentissage est un excellent système de pré-recrutement. Elle forme un collaborateur qui s’intégrera facilement", estime ainsi Stephan Bourcieu, directeur de Burgundy BS.

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Ouvrir les écoles de commerce à tous grâce à l'alternance

Au-delà de l'aspect professionnalisation, l'alternance est aussi utilisée comme levier d'ouverture sociale par la majorité des business schools. Damien, en 2e année à l’Istec, n'avait pas envisagé d'intégrer une école de commerce avant de découvrir l’alternance. "J’ai appris que je pouvais opter pour cette formule dès le post-bac, et pour cinq ans, cela m’a décidé. Sans cette possibilité, je n’aurais pas pu faire des études de management. C’était trop coûteux", affirme-t-il.

Car l’apprenti est salarié. Il reçoit comme salaire un pourcentage du SMIC et ses frais de scolarité sont entièrement pris en charge par l’entreprise. De quoi ouvrir des portes.

Damien entame depuis le mois d’août sa deuxième expérience professionnelle, chez Jacadi, après un an chez Petit Bateau. En lien avec le client et malgré une période de chômage partiel lié à la crise sanitaire, il s’enthousiasme : "J’ai vraiment des responsabilités et de l’autonomie. C’est top!"

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Le développement de l’apprentissage s’accélère

Ces dernières années, les écoles ont mis un coup d’accélérateur à l’apprentissage. Depuis la loi "choisir son avenir professionnel" de 2018, elles peuvent ouvrir plus facilement des places. À Montpellier BS, un concours d'admission est même dédié aux alternants. Près de 90% des étudiants de dernière année suivent d'ailleurs cette formule.

En 2020, si la crise sanitaire a eu un impact dans certains secteurs, comme l’événementiel, l’apprentissage a pu se maintenir grâce à des aides financières de l’État, incitant les entreprises à y recourir. Toutes les voies restent donc ouvertes !

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